Biométrie, une solution de sûreté
La sûreté et la sécurité sont des préoccupations
réelles des entreprises, désireuses de se protéger
des dangers ou menaces de l’extérieur, de garantir la sécurité
de leur personnel et des populations environnantes. De nombreuses démarches
peuvent être menées dans ce sens au sein d’un établissement,
que se soit par une sélection attentive des employés (notamment
ceux chargés des systèmes informatiques ou travaillant dans
des secteurs sensibles), l’installation de systèmes de vidéosurveillance
ou de contrôle d’accès, biométrie notamment.
La biométrie est une technique d’analyse des caractéristiques
biologiques, physiques ou comportementales de l’individu, visant
à établir son identité, résumée en
une empreinte numérique. Ainsi, les fichiers et les technologies
de l’information et de la communication évoluent dans la
« mise en chiffres » du corps humain. Mais jusqu’ou
va-t-on aller ? Quelles sont les limites d’un tel système
?

Protection, surveillance, sûreté : des enjeux pour
les entreprises
Un contexte favorable au développement de la biométrie
La biométrie renvoie facilement aux films de science-fiction,
aux séries policières américaines, par une identification
via des empreintes digitales, une analyse éclaire de l’iris,
ou du réseau veineux de la main. Elle est pourtant en plein développement
en France et dans le monde afin de répondre à un souci de
sûreté grandissant.
C’est dans le milieu militaire et policier que la biométrie
a fait ses premiers pas. Elle est aujourd’hui sollicitée
en France dans de nombreux projets comme la gestion des flux dans les
aéroports, la mise en place d’une carte d’identité
et d’un passeport biométriques, dont l’intérêt
s’inscrirait dans la lutte contre la fraude de faux papiers. Le
recours à la biométrie a été mis en avant
dans les aéroports le 11 septembre 2001. Depuis 2005, les États-Unis
ont imposé l’acquisition de deux empreintes digitales et
du visage pour tous les visiteurs étrangers.
Les marchés gouvernementaux sont des moteurs du développement
de l’industrie de la biométrie, encourageant d’une
certaine façon les marchés industriels et commerciaux à
s’y intéresser.
Le contexte géopolitique a donc été un des facteurs
favorables au développement de ce système de sûreté.
Mais la mondialisation, la globalisation des flux et échanges en
sont d’autres, plus en accord avec le monde des entreprises.
En effet, le monde connaît aujourd’hui une croissance de tous
les types de communication et d’échanges. La mobilité
humaine est en plaine croissance et tous les jours environ 8 millions
de passagers dans le monde circulent dans les couloirs aériens.
Les connexions internet de la même manière sont en constante
augmentation. À ces interactions croissantes se joignent des problèmes
liés aux falsifications d’identité, aux intrusions
dans les systèmes informatiques et les zones sensibles des entreprises,
aux vols et à la malveillance.
Les entreprises veulent protéger leurs salariés comme leurs
biens matériels ou immatériels et pour cela se tournent
vers les systèmes biométriques. Ils permettent de répondre
au problème de la vérification d’identité tel
qu’il est rencontré dans la global network society.
Menaces ciblées et clients potentiels des systèmes biométriques
Les entreprises se sont intéressées aux systèmes
biométriques pour protéger leurs bâtiments (dans leur
intégralité ou pour des zones spécifiques), leurs
personnels ou leurs données informatisées. La biométrie
peut ainsi être utilisée à des fins de protection
des biens et des personnes.
- Sélection des personnes habilitées à accéder
à un site,
- Protection des opérateurs (machines ou zone dangereuses)
- Détection d’intrusions,
- Réduction du risque chimique ou biologique (zones à
risques),
- Concernant les entreprises implantées à l’étranger,
prévention du risque terroriste.
Dans un objectif de protection des données de l’entreprise,
la biométrie appliquée aux postes informatiques et aux systèmes
d’information limite l’accès aux systèmes et
données confidentielles. Elle permet ainsi de les protéger,
de réduire les risques d’espionnage industriel (détournement
des informations, du capital intellectuel de l’entreprise) et de
destruction des données.
Parallèlement à cette préoccupation de protection
des biens matériels et immatériels de l’entreprise,
la biométrie participe aussi à la sécurité
des personnels et devient un instrument de lutte contre les risques au
travail. En effet, en limitant l’accès à des zones
sensibles, présentant par exemple un risque biologique ou chimique,
la biométrie permet de protéger les employés de certains
risques sanitaires. Un système biométrique peut aussi être
mis en place autour de certains appareils jugés dangereux, renforçant
de cette manière la sécurité autour des machines.
Leur utilisation est alors limitée aux seules des personnes qualifiées,
habilitées à le faire. Ce dispositif permet de réduire
les risques d’accident du travail, parfois lourds de conséquences.
Un certain panel d’entreprises peut ainsi se sentir concerné
par l’utilisation de la biométrie au travail. Sont en première
ligne, les entreprises ayant des activités sensibles, à
l’instar de l’armement ou du nucléaire. Il est évident
que dans ces secteurs, les entrées et sorties des bâtiments
ainsi que les déplacements à l’intérieur de
ceux-ci doivent être contrôlés. Mais la biométrie
peut aussi concerner les entreprises disposant d’importants départements
R&D : industries pharmaceutiques, aéronautiques, automobiles,
informatiques…
Le recours à la biométrie en matière de
sûreté et de sécurité est-il réellement
partagé par les entreprises françaises ? La CDSE
a publié une enquête portant sur les enjeux des directeurs
de sécurité d’entreprise pour l’année
2010. Quatre-vingts directeurs de sécurité sélectionnés
dans les SB120 ont répondu au sondage. Il en ressort que la sécurisation
des bâtiments par des technologies comme la biométrie
n’est considérée comme une préoccupation que
pour 18.2 % d’entre eux. Plusieurs raisons expliquent cette
faible présence de la biométrie dans les enjeux des directeurs
de sécurité. Selon la CDSE dans un contexte de réduction
des coûts, l’installation de cet outil souvent onéreux
ne semble pas être une priorité. S’y ajoute le fait
que ces dispositifs « high-tech » ont une efficacité
encore discutable et que leur mise en place soit freinée
par des contraintes juridiques importantes.
Quels sont réellement les avantages de la biométrie et les
démarches à adopter pour installer un système biométrique
dans son établissement ?
Caractéristiques et démarches de la biométrie
Les avantages de la biométrie
L’avantage souvent mis en avant à propos des systèmes
biométriques est leurs substitutions aux mots de passe et codes
d’accès. En effet, un employé travaillant dans une
grande entreprise devra au cours de la journée employer un certain
nombre de codes, permettant d’accéder à différents
services ou postes. Ces codes, dans un souci de plus grande sécurité,
peuvent être changés régulièrement. L’intérêt
de ses limitations d’accès est d’échapper aux
systèmes de décodage. Mais le maillon faible de ce dispositif
semble être l’homme.
Il est ainsi fréquent qu’un salarié oublie un mot
de passe et ne puisse accéder temporairement à certains
aspects de son travail. Pour ne pas être confronté à
une telle situation, l’employé sera tenté d’écrire
le code sur un support informatique ou papier : cette pratique nuit évidemment
à la sauvegarde de la confidentialité. Ce système
de mots de passe peut parfois s’avérer être une protection
insuffisante lorsqu’il est appliqué à des secteurs
sensibles.
Un système biométrique peut aussi remplacer les badges.
Dans certains établissements, des zones, des secteurs sont protégés
par des systèmes utilisant le badge : or, ceux-ci peuvent être
utilisés par d’autres personnes non autorisées à
pénétrer dans le secteur concerné.
La biométrie s’avère être une alternative à
cette faiblesse dans le dispositif de sûreté : elle permet
une authentification sûre, car elle reconnaît non pas un objet,
mais la personne elle-même. La biométrie simplifie les procédures
en supprimant badges, cartes, codes, en ne réclamant qu’un
seul identifiant, le corps humain.
Elle peut-être mise en place autour et à l’intérieur
du bâtiment, mais aussi être adaptée à internet
et ainsi filtrer l’accès aux sites commerciaux et aux intranets.
Cette multiplicité de supports et d’applications est un autre
avantage de la biométrie appliquée à l’entreprise.
Quel système biométrique choisir ?
Il existe de nombreux systèmes biométriques, mais il est
possible de distinguer trois grandes
familles :
- celle relevant d’analyses biologiques (odeur, sang, salive,
urine, ADN…),
- celles relevant d’analyses comportementales,
- Enfin, celles relevant d’analyses morphologiques.
Les biométries morphologiques sont celles qui
connaissent le plus grand déploiement dans les entreprises. L’identification
à partir des empreintes digitales est la plus courante. L’empreinte
est unique et immuable. Ses caractéristiques peuvent être
numérisées. La reconnaissance de la personne se fait par
le passage du doigt sur le lecteur, qui contrôle ensuite la validité
de l’empreinte par la comparaison de points prédéfinis.
Des limites existent néanmoins : empreinte modifiée par
une brûlure, une coupure ou l’utilisation de produits corrosifs.
Les lecteurs d’empreintes peuvent être combinés avec
la carte à puce : l’empreinte est stockée dans le
circuit intégré de cette dernière et la lecture s’effectue
directement dans l’ordinateur.
L’iris, du fait de ses caractéristiques propres, collerette,
cryptes, tâches pigmentaires…, permettant de distinguer indéniablement
un individu, constitue un autre support biométrique efficace. La
fixation de l’objectif d’une caméra balayant l’iris
permet la reconnaissance.
La reconnaissance veineuse se fait, quant à elle, à partir
de la lecture de la paume de la main. Contrairement aux empreintes qui
peuvent se modifier, le réseau veineux de la main s’avère
être le plus fiable. De plus, la lecture se fait sans contact, limitant
le nombre de facteurs susceptibles de la fausser (notamment de possibles
résidus résultant d’un précédent passage).
Enfin, la biométrie s’est développée en matière
de reconnaissance faciale ou de lecture du contour de la main.
Parallèlement, les biométries comportementales
se développent. Elles se focalisent entre autres sur la dynamique
de la frappe sur le clavier, la reconnaissance vocale, ou la signature.
Ainsi, des facteurs, telles la vitesse ou les accélérations,
sont pris en compte pour identifier une personne. Mais leur fiabilité
semble moins sûre que les biométries morphologiques. Elles
sont donc moins utilisées par les entreprises.
Quant aux analyses biologiques, par leur coût, leur difficulté
de mise en place, elles restent réservées aux sphères
judiciaires et policières.
Toutes les méthodes biométriques empruntent le même
fonctionnement, c'est-à-dire la lecture de caractéristiques
propres à l’individu, les paramètres traités
générant une signature unique, enregistrée dans un
dépôt de données. L’ensemble du processus porte
le nom d’ « enrôlement ». Lorsqu’une personne
doit s’identifier, un terminal de lecture est utilisé : les
caractéristiques saisies sont alors comparées aux signatures
enregistrées dans le dépôt central des données.
Comme il l’a été énoncé ci-dessus, le
système biométrique peut concerner un nombre conséquent
de secteurs et de types d’entreprises. Il est donc nécessaire
d’adapter le système aux besoins de l’entreprise, mais
aussi tenir compte de l’environnement de travail (température,
humidité, présence de poussière…). De plus,
toute mise en place d’un système biométrique doit
être conforme à certaines dispositions législatives.
Le cadre législatif de l’usage des systèmes biométriques
En France, l’encadrement des installations de systèmes biométriques
revient à la CNIL (Commission nationale de l’informatique
et des libertés), tandis qu’en Europe, il incombe au Contrôleur
européen de la protection des données.
Ces dispositifs de reconnaissance ne peuvent être mis en œuvre
sans autorisation préalable de la CNIL, quel que soit le procédé
technique retenu. Chaque entreprise doit donc préalablement lui
adresser une demande. Sauf dans trois situations, précisées
ci-après, chaque application doit faire l’objet d’un
examen au cas par cas, en fonction notamment de la caractéristique
biométrique utilisée.
Afin d’alléger les démarches, la CNIL a mis en place
un système d’« autorisations uniques », applicables
à certains dispositifs, réduisant les formalités
de l’employeur à une simple déclaration de conformité.
Cette procédure d’autorisation unique s’applique à
trois types de démarches reposant sur la reconnaissance :
- du contour de la main pour assurer le contrôle d’accès
au restaurant scolaire (autorisation n°AU-009),
- du contour de la main pour assurer le contrôle d’accès
et la gestion des horaires et de la restauration sur les lieux de travail
(autorisation n°AU-007 ),
- de l’empreinte digitale exclusivement enregistrée sur
un support individuel détenu par la personne concernée
pour contrôler l’accès aux locaux professionnels
(autorisation n°AU-008).
Par ailleurs, la CNIL déclare que les personnes concernées
par le système de reconnaissance biométrique doivent être
clairement informées de ses conditions d’utilisation, de
son caractère obligatoire ou facultatif, des destinataires des
informations et des modalités d’exercice de leurs droits
d’opposition, d’accès et de rectification.
En outre, et conformément au Code du travail et à la législation
applicable à la Fonction publique territoriale, les instances représentatives
du personnel doivent, le cas échéant, être consultées
et informées avant la mise en œuvre des dispositifs.
La CNIL souligne le fait que l’empreinte digitale est une biométrie
à « trace », que ces traces peuvent être capturées
à l’insu des individus et utilisées notamment pour
usurper leur identité. D’où, ce type de contrôle
d’accès n’est justifié que s’il est fondé
sur un fort impératif de sécurité satisfaisant aux
quatre exigences suivantes :
- La finalité du dispositif doit être limitée
au contrôle de l’accès d’un nombre limité
de personnes à une zone bien déterminée représentant
ou contenant un enjeu majeur dépassant l’intérêt
strict de l’organisme.
- La proportionnalité : le système proposé est-il
bien adapté à la finalité préalablement
définie eu égard aux risques qu’il comporte en matière
de protection des données à caractère personnel
?
- La sécurité : le dispositif doit permettre à
la fois une authentification et/ ou une identification fiable des personnes
et comporter toutes garanties de sécurité pour éviter
la divulgation des données.
- L’information des salariés concernées doit être
réalisée dans le respect de la loi « informatique
et libertés » et, le cas échéant, du Code
du travail.
Si les conditions évoquées ci-dessus ne sont pas respectées,
la CNIL peut intervenir et suspendre le dispositif en place. Ainsi, le
18 mars 2010, elle a pour la première fois ordonné l’interruption
d’un système biométrique de reconnaissance d’empreintes
digitales installé dans une entreprise spécialisée
dans le commerce et le gros militaire. Ce dispositif avait été
refusé par la CNIL en 2007, mais un contrôle de l’entreprise
a montré que celui-ci avait été mis en place illicitement.
Les contrôles sur place ont également constaté que
les salariés concernés n'étaient informés
ni des caractéristiques du traitement, ni de leur droit d'accès
et que la société conservait les données de passage
de ses salariés sans limitation de durée.
La biométrie n’est donc pas un outil anodin. Il doit être
conforme aux dispositions européennes et françaises, appliquées
par la CNIL. Mais d’autres éléments concourent à
la limitation du procédé dans les entreprises françaises.
Quelles limites à là mise en place des systèmes
biométriques
Questions éthiques de la biométrie dans un pays de tradition
de défense des libertés
Environ cent-vingt pays sont aujourd’hui équipés
de dispositifs de reconnaissance biométrique. La France est un
pays bien représenté cette économie par des constructeurs,
dont certains comptent parmi les leaders du secteur. Mais ces derniers
déplorent le retard de l’Europe et de la France dans le domaine.
Il faut dire que l’Hexagone, dans une tradition ancienne de préservation
et de défense des libertés, compte un grand nombre de réfractaires
à l’informatisation du corps. Le corps virtuel est en quelque
sorte « démembré » et répertorié
dans de multiples banques de données.
Le contrôle des personnes par des technologies, comme la biométrie,
mises au service de sociétés privées ou publiques,
pose des questions éthiques. La CNIL et les citoyens disposent
de peu de moyens pour en contrôler l’utilisation et éviter
les éventuels abus.
Certains scientifiques pointent du doigt l’ouverture de bases de
données à un public toujours plus large dans un contexte
d’« insécurité juridique ». La Commission
européenne n’ayant pas arrêté de politique officielle
en matière de biométrie. L’inquiétude repose
ainsi sur la protection de la vie privée.
Un débat est aussi lancé sur les dispositifs biométriques
d’identification et d’authentification :
- L’identification est une procédure qui permet de connaître
l’identité de l’individu. À partir d’un
échantillon biométrique fourni, on répond à
la question « Qui est cette personne ? »
- L’authentification est une procédure qui consiste à
vérifier, valider l’identité : le dispositif vérifie
que l’échantillon biométrique fourni correspond
bien à celui désigné par l’identifiant. On
pose la question « Cette personne est-elle bien M.X. ? ».
Elle permet donc de valider son authenticité.
L'identification permet donc de connaître l'identité d'une
entité alors que l'authentification permet de vérifier cette
identité.
Saadi Lahlou (EHESS/CNRS), lors du colloque organisé en janvier
2008 par le GEEST, a insisté sur la nécessité de
privilégier, autant que possible, la biométrie en authentification
plutôt qu’en identification, la première étant
bien sûr moins intrusive que la seconde.
Devant cette méfiance des employés vis-à-vis de la
biométrie, le GIXEL (groupement des industries de l’interconnexion
des composants et des sous-ensembles électroniques) a rédigé
un Livre Bleu à l’intention du gouvernement. Il vise à
encourager le développement et la démocratisation du recours
aux nouvelles technologies, parmi lesquelles la biométrie.
Mais au-delà des problèmes d’acceptation de cette
technologie high-tech par les employés, n’y a-t-il pas d’autres
freins ?
Un système coûteux pour une sécurité absolue
?
L’un des freins au développement de la généralisation
de la biométrie dans les entreprises n’est autre que son
coût. Comme toutes les technologies de pointe, ces systèmes
représentent un investissement conséquent pour les entreprises.
Investissement qu’elles ne sont pas toutes prêtes à
faire comme l’a montré le rapport de la CDSE. De plus, aucun
label CNIL n’a été développé autour
des matériels biométriques.
Certains problèmes viennent du fait :
- que les données biométriques ne sont pas par nature
confidentielles,
- qu’il est impossible de les changer si elles sont divulguées
: on ne peut pas modifier son iris ou la forme de son visage,
- qu’il est difficile de réserver l’usage d’une
donnée biométrique à un système informatique
donné.
De plus, il s’avère que le corps subit, comme tout organisme
vivant, de légères modifications : on vieillit, on subit
des traumatismes. Dans ce cas, les mesures changent.
Les fabricants cherchent ainsi à diminuer le taux de faux rejets
ou FRR (False Rejection Rate) tout en maintenant au plus bas les taux
de fausses acceptations ou FAR (False Acceptation Rate). Les FAR consistent
à reconnaître une personne qui n’aurait pas dû
être acceptée. À l’inverse, les FFR rejettent
une personne qui aurait dû être acceptée. Généralement,
les erreurs relèvent de la façon dont le système
mesure la particularité physique et la marge d’erreur autorisée.
Vers une biométrie de plus en plus performante
La biométrie est un système de sûreté en évolution,
en constant perfectionnement. Les recherches permettent d’en faire
un outil de plus en plus discret et de plus en plus fiable. La miniaturisation
conduit les fabricants à proposer des systèmes mieux acceptés
par les employés, car moins impressionnants.
Un autre axe de recherche concerne la rapidité de capture des données.
Mais surtout, les scientifiques et industriels axent le développement
de la biométrie autour de la multimodalité ou «
multibiométrie », qui consiste à combiner
des reconnaisseurs (voix et visage par exemple) pour améliorer
la fiabilité du système global. L’usage de deux modalités
permet aussi de réduire les taux d’impossibilité d’acquisition.
Un tel procédé permet de rendre plus difficile la falsification.
Mais il pose quelques problèmes. Dans une mise en œuvre à
grande échelle, il est plus coûteux puisqu’il faut
plusieurs capteurs.
Par ailleurs, on observe un fort développement de la biométrie
3D : elle progresse et vient compléter et/ou remplacer
la biométrie 2D.
Concernant la problématique de l’évolution du corps,
des expérimentations se penchent pour tenter de créer des
logiciels capables de tenir compte des modifications que subit le corps
humain au cours des années sans avoir à effectuer de nouvelles
mesures.
Selon le professeur Emmanuel Alain Cabanis (Président de la Société
de Biométrie Humaine) la reconnaissance génétique
est amenée, à terme, à devenir la forme idéale
de biométrie puisque l’ADN constitue le véritable
identifiant d’une personne. Mais L’ADN, en tant que modalité
de ce système de reconnaissance, doit encore beaucoup progresser
en matière d’automatisation pour obtenir un résultat
rapide.
SOURCES :
- Articles CNIL, « la biométrie sur les lieux de travail
» et « La CNIL ordonne l'interruption d'un dispositif biométrique
illégal » :
http://www.cnil.fr/es/en-savoir-plus/fiches-pratiques/fiche/...
http://www.cnil.fr/dossiers/identite-numerique/actualites/...
- « Compte rendu de l'audition publique du 4 mai 2006 sur la
Biométrie » de l’Office parlementaire d’évaluation
des choix scientifiques et technologiques:
http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/rap-off/i3302.pdf
- Article « Sécurité du poste de travail, La
biométrie" du Secrétariat général de
la Défense nationale
http://www.securite-informatique.gouv.fr/autoformations/...
- Article du compte rendu du colloque « La biométrie,
Champs et enjeux », GEEST - Groupe d’Etudes et d’Expertise
« Sécurité et Technologies »
http://geest.msh-paris.fr/spip.php?rubrique28
- Article « Les enjeux des directeurs de sécurité
en 2010 », rapport de la CDSE
https://www.cdse.fr/IMG/pdf/Les_Enjeux_des_Directeurs_Securite_en_2010.pdf
- Article introduction à la biométrie, Biométrie-Online.net
http://www.biometrie-online.net/introduction-a-la-biometrie.php
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