Hélène Van Compernol et Henry Cléty - Université Catholique de Lille : Ce que nous engageons doit servir la société

Ce que nous engageons doit servir la société

sante-qvt - Risques psychosociaux
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03/03/2020 - Magali Rossignol
Hélène Van Compernol et Henry Cléty - Université Catholique de Lille
Hélène Van Compernol et Henry Cléty
Chaire Universitaire STICO (Santé au Travail : Individu, Collectif, Organisation)
Université Catholique de Lille

Créée en 2012, la Chaire Santé au Travail de l’Université Catholique de Lille est un acteur de recherche engagé dans le réel et impliqué concrètement dans les environnements professionnels au service de la QVT.
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Présentez-nous en quelques mots la Chaire STICO de l‘Université Catholique de Lille
Cette chaire a été créée il y a 8 ans, au sein de l’équipe Psychologie et plus particulièrement Psychologie du travail. Elle a pu se développer, notamment grâce au soutien du groupe Humanis et comprend actuellement 5 enseignants chercheurs en santé au travail avec un réseau de chercheurs associés et de praticiens en santé et prévention des risques professionnels. Notre fil rouge de recherche est la santé au travail et plus particulièrement la santé psychologique.

Quels sont les principaux travaux de recherche qui ont été menés jusqu’à présent ?
Nous avons mené un projet de recherche dans le cadre d’un doctorat qui s’intéressait à l’introduction de prescriptions gestionnaires dans les métiers du care et aux répercussions que ces transformations peuvent induire sur les professionnels du care, sur leurs pratiques, et sur le sens même de ces métiers. Cette recherche s’est centrée ici sur le métier d’éducateur(trice) de jeunes enfants et a été publié en octobre 2019.
Nous avons également mené un travail d’étude dans le secteur hospitalier sur la charge de travail et les conséquences du changement d’horaires sur le stress et la santé psychologique.
Depuis 2018, nous avons développé de nouveaux axes de recherches en ouvrant davantage notre travail sur son application dans le cadre professionnel, notamment à travers la Recherche-Action

Vous avez justement engagé une Recherche-Action avec la Ville de Lille, en quoi ce projet consiste-t-il ?
Effectivement, la Recherche-Action est une méthodologie de recherche qui est en connexion directe avec le terrain puisque nous mettons en place un dispositif particulier dans une structure, qu’elle soit publique ou privée. Nos chercheurs travaillent ensuite avec les équipes internes pour mesurer les effets et les impacts du dispositif mis en place.
En l’occurrence dans le cas de la Ville de Lille, nous avons installé un Living Lab dans un des services, qui est un dispositif permettant l’élaboration et la construction collective d’actions communes. L’hypothèse que nous souhaitons explorer à travers cette recherche-action est que ce dispositif tendrait à améliorer les conditions de travail et la Qualité de Vie au Travail.
Nous abordons ce projet dans une optique de coconstruction, l’idée n’est pas de venir plaquer une expertise sur un sujet d’application mais bien de se nourrir mutuellement de nos expertises de chercheurs et d’acteurs de terrain.
Notre objectif est de travailler main dans la main avec les équipes de la Ville de Lille, et de réaliser un transfert de compétences de l’Université vers la Ville, deux représentants ont d’ailleurs été formés à la méthodologie du Living Lab dans leurs équipes.
A court terme, nous souhaitons trouver d’autres terrains d’expérimentation pour observer de potentielles variations d’effets en fonction du type de collectivités et de structures.
A long terme, nous ambitionnons de faire émerger de nouvelles pratiques, dans une vision humaine et sociétale forte. Nous avons une responsabilité scientifique et sociétale, ce qui s’engage ici doit servir la société.