Bien-être au travail : il y aura un avant et un après-covid

réunion équipe bien-être
sante-qvt - Risques psychosociaux
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10/06/2020 - Magali Rossignol

Interrogés par l'IFOP, les salariés français indiquent ne plus voir leur travail de la même manière depuis la crise.


En à peine 3 mois, le virus a totalement bouleversé le quotidien de millions de salariés : les trois quarts d’entre eux (74%) estiment qu’il y aura un avant et un après COVID-19 dans l’organisation de leur entreprise. L’IFOP a réalisé une enquête pour WITTYFIT et SIACI SAINT HONORE afin de recueillir l’avis de plus de 1 000 salariés sur la crise et l’après-confinement 

Un virus peut parfois révolutionner certaines valeurs fondant notre organisation collective. Ainsi en va-t-il du rapport au travail après cette pandémie puisque plus d’un salarié sur deux (58%) ne voit plus son travail de la même manière.
La crise a en effet fait naître des attentes très fortes qui constituent dès à présent des enjeux stratégiques pour les entreprises. C’est ainsi que la prise en compte du bien-être au travail explose, 81% des salariés considérant qu’il s’agit là d’un enjeu prioritaire au sein de leur entreprise. Un chiffre qui a bondi de 25 points en seulement 2 ans selon l’IFOP.

En matière de rapport au travail, les changements les plus souvent évoqués par les salariés portent sur l’organisation du travail : « mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle » (50%), « changer de rythme de travail » (41%) ou encore « davantage faire de télétravail » (30%), et reflètent une nouvelle façon d’appréhender le travail et sa finalité. 

« Les salariés n’ont jamais autant exprimé leur besoin de bien-être au travail. Leurs attentes sont profondes et portées par le sens. Ils souhaitent avant tout être considérés, écoutés et prendre part au projet de l’entreprise. Plus que du bien-être, il s’agit pour les salariés d’être bien dans leur travail pour être en mesure de donner le meilleur d’eux-mêmes. L’entreprise doit se réinventer avec ses salariés. » Thomas CORNET, Co-fondateur de Wittyfit.

Si près d’un salarié sur deux se dit stressé à l’idée de revenir sur son site de travail, c’est bien paradoxalement l’optimisme qui domine, tant pour son entreprise que pour sa propre situation professionnelle. Le fait d’avoir côtoyé le pire pendant la crise tant en termes de santé que de crainte sur sa situation peut en effet engendrer en contrepartie un regain d’optimisme au moment de reprendre le travail.

« Une crise bouscule toujours notre organisation collective et questionne les valeurs qui en sont le socle, souvent en amplifiant des tendances déjà à l’œuvre. La situation actuelle ne fait pas exception : demain encore plus qu’hier, l’engagement et le bien-être des collaborateurs constitueront une clé fondamentale de la performance des entreprises. Ceux qui pensaient que le bien-être était une mode ou un gadget en sont pour leurs frais. Idem sur le besoin d’autonomie et de reconnaissance, qui seront des sujets à prendre à bras le corps dans les prochains mois. Constat moins souriant, cette étude nous révèle également que la crise a pu creuser certaines fractures, en matière d’égalité Femmes/Hommes notamment, à travers une porosité accrue entre vie privée et vie professionnelle » souligne Myriam EL KHOMRI, Directrice du Conseil chez SIACI SAINT HONORE.

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