En quoi consiste l’aidance quand on est un salarié ?

Être aidant, c'est accompagner régulièrement un proche qui en raison de son âge, d'un handicap, d'une maladie ou d'une perte d'autonomie a besoin d'aide dans sa vie quotidienne. Mais c'est une définition administrative qui ne suffit pas forcément pour saisir une réalité. Être aidant, c'est voir sa place dans la vie de quelqu'un changer, la plupart du temps sans s'en rendre compte. C’est jongler entre sa vie, celle de la personne que l’on aide et son travail, parfois jusqu’à l’épuisement. En France, six salariés sur dix sont des aidants.

 

Cette présence quotidienne doit avoir des effets sur la vie personnelle mais aussi professionnelle…

Oui totalement. L’aidance a un impact sur la vie professionnelle. Au début, lorsque vous allez au chevet de la personne à l’hôpital, les collègues et la hiérarchie comprennent. Mais ensuite vient la rééducation et la présence ponctuelle dans la journée mais quotidienne à la maison. De la même façon, le salarié aidant doit gérer le kinésithérapeute, l'orthophoniste ou d’autres qui accompagnent son proche resté chez lui. Mais cela prend de la place sur les heures de travail et peut entraîner un manque de concentration, un déficit de présence, des retards, des problèmes de santé pour le collaborateur etc. Ces petites erreurs, invisibles ou pardonnées au début, s’accumulent. À la fin, soit vous vous mettez à temps partiel, soit vous êtes arrêté ou vous démissionnez, soit vous placez la personne. Ça finit comme ça, malheureusement. 

 

Comment éviter alors de telles situations ?

Il existe bien sûr des solutions. Ce qu’on demande aux entreprises avant tout, c’est d’encourager, de libérer et d’écouter la parole sur l’aidance. Beaucoup trop de collaborateurs n’osent pas se déclarer aidant par peur d’être stigmatisé. La première chose à faire dans une entreprise est donc de mettre en place n'importe quel dispositif pour faire émerger une parole libre que l’on soit une petite ou une grosse structure. C’est au salarié d'expliquer sa situation et d’avancer ses besoins, car chaque situation est différente. Aménager le temps de travail ou faire appel à des acteurs extérieurs pour soulager la charge mentale de son employé peut être nécessaire. Mais le plus souvent, les aidants ont simplement besoin de flexibilité, de souplesse dans l’organisation du travail, sans avoir à se justifier constamment. Enfin, si le groupe propose des choses pour les cas d’aidance, il faut communiquer sinon, il doit être accompagné pour former ses RH et managers sur ces questions (recueil de la parole, détection des signes). C’est ce que nous proposons chez Vivalea. 

 

Quel intérêt les entreprises ont-elles à épauler leur salarié plutôt qu’à le mettre de côté ? 

L’aidance est encore un peu tabou dans le monde du travail, c’est vrai. Mais il faut la désacraliser. Elle a un impact sur l’entreprise, c’est vrai, mais ne pas s’emparer de ce sujet pourrait revenir à se tirer une balle dans le pied. En effet, un salarié sur cinq est aidant, soit 20 % des effectifs. Et en 2030, dans quelques années, ce sera une personne sur quatre. Nous constatons cette augmentation en plus du rajeunissement des profils concernés. C’est un fait, ces situations vont de plus en plus arriver. Mais grâce à une sensibilisation sincère des équipes et un accompagnement empathique, le salarié aidant se sentira soutenu et moins seul. Il sera donc plus performant. En faisant sien le sujet de l’aidance, une entreprise a tout à y gagner en termes de performance et de fidélisation des équipes. Elle a donc un grand rôle à jouer.

 

 

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