Un décrochage de l’emploi qui débute avant la retraite
Le taux d’emploi des 55-64 ans progresse en France, mais reste inférieur à la moyenne européenne. Le décrochage intervient autour de 56 ans, puis s’accentue progressivement.
Les difficultés de retour à l’emploi augmentent dès cet âge, alors même que la retraite n’est pas encore proche pour tous. Dans les faits, le statut de “senior” apparaît bien plus tôt dans les parcours professionnels : autour de 53 ans pour les candidats, et dès 50 ans pour les recruteurs.
Des écarts de traitement dès la sélection
Les travaux analysés par la DARES montrent un constat clair : à compétences équivalentes, les candidats plus jeunes sont davantage rappelés que les seniors.
L’écart est en moyenne de 1,5 en faveur des plus jeunes. Cette différence intervient très tôt dans le recrutement, parfois dès la sélection des CV.
Les seniors sont souvent associés à une mauvaise maîtrise des nouvelles technologies ou à des difficultés d’adaptation, tandis qu’ils sont aussi perçus comme plus expérimentés et plus fiables.
Des mécanismes de discrimination multiples
La DARES distingue deux logiques principales :
- la discrimination “statistique”, lorsque l’âge sert d’indicateur indirect de productivité,
- la discrimination “par goût”, liée à des préférences ou des réticences à travailler avec des seniors.
Ces mécanismes peuvent se cumuler selon les situations de recrutement.
Les études montrent également que les femmes seniors sont davantage pénalisées que les hommes, l’âge se combinant à des stéréotypes de genre.
Une réalité qui dépasse l’entretien
La discrimination ne se limite pas à la phase d’entretien. Elle peut apparaître dès la rédaction des offres d’emploi, dans la sélection des candidatures, ou même en amont, lorsque certains candidats renoncent à postuler.
L’emploi des seniors ne se joue pas uniquement sur l’âge. Il dépend aussi des représentations, des pratiques de recrutement et des mécanismes de sélection. Ces facteurs peuvent conduire à écarter des profils expérimentés, alors même que les besoins en compétences restent importants.
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