Eva Mazur - Optimisme : Santé mentale en entreprise : former ses collaborateurs à comprendre et agir

Santé mentale en entreprise : former ses collaborateurs à comprendre et agir

TRAVAIL ET RELATIONS SOCIALES ||
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Eva Mazur  - Optimisme
Eva Mazur
cheffe de projet (formatrice Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM))
Optimisme

Arrivée en France en 2019, la formation Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) permet de déstigmatiser les troubles psychiques tout en donnant aux salariés les outils pour aider leurs collègues. Eva Mazur détaille ce programme délivré par L'Optimisme Pro.

En quoi consistent les Premiers Secours en Santé Mentale ?
Les PSSM, c'est un programme créé à l’origine en Australie qui est l’équivalent, en santé mentale, des gestes de premiers secours. L’enjeu est d’acquérir des connaissances de base concernant les troubles en santé mentale et de développer des compétences relationnelles pour apporter un soutien initial aux personnes qui semblent en avoir besoin. C’est une formation accessible à tous, qui peut se délivrer dans tous les secteurs d’activités. Elle fait également partie des mesures prioritaires du gouvernement, qui projette de former 500 000 secouristes d’ici 2030.

Ces modules ne permettent pas de se substituer aux professionnels de santé ; le but n’est pas de former des psychologues ou des psychothérapeutes. Par ailleurs, on insiste sur le fait que l’objectif n’est pas de poser un diagnostic, mais d’apprendre comment approcher un collègue qui semble aller mal, lui fournir des informations concrètes et l’encourager à aller vers des professionnels de santé s’il en ressent le besoin.

Selon moi, il y a là de véritables enjeux de société : éveiller le souci de l’autre, déstigmatiser la maladie mentale, sensibiliser et former sur la santé mentale… Il s’agit d’être le premier chaînon dans la prise en compte des troubles psychiques.

Comment se présente cette formation ?
La formation a été construite autour de données scientifiques, validées à l'international. Pendant deux jours, nous traitons différentes pathologies à travers quatre grands chapitres :

  • La dépression
  • Les troubles psychotiques
  • Le trouble anxieux
  • Les troubles liés à l’usage de substance

À partir de ceux-ci, nous abordons un plan d’action (appelé « AERER ») en fonction de différentes situations pour apprendre à écouter sans jugement, rassurer, adopter un comportement adapté, prendre confiance dans l’interaction et revoir ses représentations concernant la santé mentale.

Comment améliorer plus largement la prévention des risques ?
Les PSSM n'interviennent pas qu'en situation d'urgence, nous sommes aussi dans une logique préventive. L'idée étant d'améliorer les connaissances et de déstigmatiser. Si une entreprise se décide à former des secouristes au sein de sa structure, cela favorise une ouverture du dialogue et incite les salariés à échanger sur ces problématiques.

Nous sommes encore dans une phase de construction, il y a encore des points à développer et beaucoup de travail de communication est nécessaire pour faire connaître cette formation aux entreprises.

À l’avenir, nous souhaitons notamment réfléchir à la relation entre les secouristes et la médecine du travail. Mais nous constatons un fort paradoxe entre une demande très forte des collaborateurs pour obtenir des informations sur la santé mentale et les actions mises en place dans le milieu de l’entreprise. Il est donc important de poursuivre la sensibilisation et l’information.