Quand les conflits de valeurs au travail affectent la santé mentale et physique des salariés

TRAVAIL ET RELATIONS SOCIALES || RPS / stress / Incivilités
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La Dares vient de publier une enquête sur les conflits de valeurs au travail et leur lien avec la santé. On y apprend que six actifs occupés sur dix signalent être exposés à des conflits de valeurs dans leur travail.


Dans son enquête la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) indique les cinq situations où l’on retrouve un conflit de valeurs :

  • deux actifs occupés sur dix doivent faire des choses qu’ils désapprouvent, même si par ailleurs ils ont les moyens de bien faire leur travail
  • un actif occupé sur dix doit faire un travail qu’il juge en grande partie inutile
  • un actif sur dix doit faire un travail qu’il juge inutile, ce à quoi s’ajoute l’absence de fierté du travail bien fait
  • d’autres estiment manquer de moyens pour bien faire leur travail mais se sentent malgré tout fiers du résultat
  • le dernier cas concerne les personnes qui cumulent la plupart des conflits de valeur.

L’étude de la Dares donne ainsi des chiffres parlants :

  • 40 % d’actifs occupés peu ou pas exposés aux conflits de valeurs. Cette situation touche un peu plus souvent les hommes, les plus de 50 ans et les travailleurs indépendants. Les métiers les plus concernés sont les assistantes maternelles, les conducteurs de véhicules, les coiffeurs, les ouvriers du second œuvre du bâtiment, les aides à domicile ou les bouchers, charcutiers et boulangers.
  • 12 % éprouvent la fierté d’un travail utile et bien fait, malgré l’insuffisance des moyens. Ces personnes sont plus souvent des femmes, âgées de 41 à 50 ans, des salariés stables, des cadres ou professions intermédiaires, des agents de la fonction publique, notamment dans l’enseignement et la santé. Elles s’estiment souvent « plutôt mal » et « très mal payées » pour le travail effectué.
  • 11 % des actifs occupés ressentent leur travail comme inutile mais disposent cependant de moyens pour bien le faire. Ce groupe compte un peu plus d’hommes, d’ouvriers et d’intérimaires que dans l’ensemble de la population.
  • 8% des personnes en emploi ont le sentiment d’occuper un poste inutile et estiment qu’elles ne peuvent pas travailler correctement. Les familles professionnelles les plus présentes sont les cadres de la banque et des assurances, les secrétaires, les personnels d’études et de recherches, les techniciens et agents de maitrise de la maintenance, les ingénieurs informatiques ou encore les cadres de la fonction publique.

La Dares dresse un tableau des « 15 métiers typiques des six groupes d’exposition aux conflits de valeurs », on y trouve notamment les enseignants, les infirmiers, les ouvriers qualifiés de la manutention, la fonction publique, les employés de maison, etc…

Elle rappelle également que les conflits de valeurs peuvent être sources de souffrance psychique chez les travailleurs. Dans les cas extrêmes, la souffrance éthique peut amener au suicide, en particulier dans des situations d’isolement.

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