"Je vais me mettre en arrêt" : la formule plane comme une menace informelle, et irrite patrons et DRH. Mais à l'heure du burn-out généralisé et alors que la grève est devenue impraticable, l'arrêt n'est-il pas le dernier levier de résistance face à un monde du travail malade ?

Dans une société où la valeur d'un individu est jaugée à l'aune de son activité professionnelle, se mettre en arrêt revient à montrer une faiblesse, à trahir une équipe voire, à terme, à s'exclure d'une structure. L'employé devient responsable de sa propre incapacité à travailler dans un environnement où le mythe de l'absentéisme contribue à le culpabiliser.

Éva Blanck dissèque nos représentations de l'arrêt de travail et propose de renverser la charge : ce n'est pas le salarié qui est défaillant, mais l'organisation qui produit sa souffrance. Comment, dès lors, redonner une valeur politique à l'arrêt et réinventer un contrat de travail qui reconnaisse la vulnérabilité et restaure une dimension sociale ?