Comment en êtes-vous arrivés à déployer cet outil d’accompagnement professionnel à la santé mentale ?

Nous faisons partie de l’économie sociale et solidaire. Nous n’avons de cesse depuis toujours, c’est-à-dire depuis plus de 80 ans, de prendre soin de la santé physique et psychique de nos adhérents. Cela fait des années que nous renforçons la prévention dans le cadre de nos activités et avons complété nos dispositifs en 2021 pour accompagner les entreprises et leurs salariés dans la préservation de leur santé mentale. Nous avons fait le choix pour cela de faire confiance à Holicare. 


En quoi consiste alors l’Holitest ?


Holicare a développé un outil appelé Holitest, un questionnaire scientifique en ligne totalement confidentiel qui permet aux salariés d’une entreprise de détecter précocement des signes de détresse psychologique. Là encore, nous voulons donner la possibilité à nos adhérents - et pas que - de mettre en place un système de prévention de la santé mentale dans leur entreprise. Or, ce questionnaire imaginé par un médecin du travail fournit un « scoring » qui évalue le niveau de santé mentale en 7 niveaux (« excellente », « bonne », « à l’équilibre » etc…). Plus on se rapproche des bas niveaux plus les niveaux d’alerte psychologiques sont importants. 

 

Ce dispositif a-t-il un effet concret sur les équipes qui l’utilisent ? Quel bilan tirez-vous de l’emploi du test chez Présoa ?

L’Holitest permet de donner des indicateurs clés aux chefs d’entreprise ou services RH pour appréhender le bien être au travail dans leur structure. Nous nous trouvons donc dans le germe de toute politique sociale. Le test va aller déceler des signaux d’alerte ou des fragilités chez une personne anxio-dépressive et la ramener dans une zone de confort pour éviter qu’elle ne parte en arrêt. Grâce à cette méthode il est possible de détecter ces signes avant-coureurs dans les deux ans avant qu’il ne soit trop tard. Le but est d’éviter que la lumière ne s’éteigne d’un seul coup et que le collaborateur ne tombe en burnout ou en surmenage et se mette en arrêt de travail. Pour prendre l’exemple de Présoa : 211 collaborateurs sur 300 ont fait le test. Et ce sont 21 personnes qui disent « avoir pris conscience » de leur propre situation psychologique. Cela semble peu, peut-être que dans une autre entreprise cela aurait été moins, mais peut-être que cela aurait été plus.

 


Vous dites vouloir que le dispositif ne bénéficie pas seulement aux entreprises adhérentes de CCMO Mutuelle, pourquoi ? 


La santé mentale représente la première cause d’arrêt de travail long (plus de 30 jours). Selon une étude d’Holicare, cela représente 2,48 % de la masse salariale. C’est un coût énorme que nous voyons en réalité comme un investissement. Avec des outils de ce type, un arrêt de travail de 365 jours tombe à 62 jours. Quand 44 % des salariés se déclarent en état de détresse psychologique, que le bien être constitue le 2e niveau d’intérêt pour l’attractivité d’un poste, s’emparer de cette thématique devient un enjeu socioéconomique majeur. Nous pensons à la CCMO Mutuelle que la prévention est universelle, non concurrentielle, d’utilité publique.

 

 
En savoir plus :