En quoi consiste ce baromètre ? Pourquoi l’avoir créé ?

C’est dans notre nom : notre mécène est un assureur de professionnels et d’entreprises. À l’origine, le Directeur général de MMA désirait s’adresser aux entrepreneurs différemment. La fondation a ainsi été créée pour avoir un rôle dans les dynamiques entrepreneuriales. Et à l’époque, nous avons repris leur baromètre, qui existe depuis 11 ans maintenant. Chaque année, nous interrogeons entre 1 000 et 1 500 entrepreneurs avec différents focus. Cette fois, nous nous intéressons à leur santé mentale. Pourquoi ? Car nous avions été très préoccupés par les mauvais résultats de l’année 2025, avec une chute de 8 points sur le sujet. En 2026, nous voulions refaire un état des lieux mais aussi zoomer pour mieux comprendre les enjeux autour de la santé mentale pour les chefs d’entreprise.

 

 

Quels sont les résultats marquants que l’on peut extraire du baromètre ? 

La bonne nouvelle, c’est que le chiffre sur la santé mentale s’est amélioré : 76 % des entrepreneurs déclarent « être en bonne santé mentale ». C’est un retour plus ou moins à la normale. Néanmoins, cela veut aussi dire qu’un quart des dirigeants dit ne pas aller bien. Et quand on creuse, ils sont un sur deux à assumer avoir connu des épisodes difficiles dans leurs vies à ce niveau. Les raisons sont variées : entre aléas, responsabilités, stress, peur de l’échec, problèmes personnels, hyper connexion etc. Toutefois, nous avons eu une grosse surprise. Le facteur de difficulté arrivant en tête cette année se trouve être la « charge administrative et réglementaire », qui affecte 64 % des dirigeants. C’est un vrai sujet. Viennent ensuite les difficultés économiques subies par l’entreprise ainsi que l’incertitude due à un contexte anxiogène actuel facteur de complexité. Tous ces aspects concernent particulièrement les petites entreprises. 

 

 

Que mettent en place les dirigeants concernés par des problèmes de santé mentale ?

La première chose est la pratique du sport, quelque chose d’assez classique. Viennent ensuite les mesures pour retrouver un équilibre vie pro - vie perso, améliorer le sommeil ou parvenir à de la déconnexion. Enfin, le 4e élément mis en avant par les concernés pour améliorer leur santé mentale est tout simplement le fait de stopper l’activité, via une cessation, une transmission ou une liquidation. On voit bien à quel point, parfois, entreprendre cause trop de stress, pèse trop.

 

 

Quel bilan tirez-vous alors de ce 11e baromètre ? Quel conseil donneriez-vous aux dirigeants ?

Les dirigeants sont des hommes et femmes comme tout le monde, avec leurs failles, leurs vulnérabilités. Ça ne les rend pas moins pertinents ou performants. C’est tout le sens de notre vocation, appréhender les mutations de leurs activités et prendre soin de leur santé. Jusqu’à il y a peu de temps, parler de la santé du dirigeant était presque tabou. Or, nous pensons qu’il faut accepter de connaître des difficultés psychologiques. C’est le premier pas vers la guérison. Nous ne sommes pas médecins, mais nous disons qu’il faut en parler. Ne restez pas seuls. La solitude est aussi une source de mauvaise santé mentale. Nous avons la chance en France d’avoir de nombreux réseaux pour échanger entre pairs en toute bienveillance. Oui, la liberté de l’entrepreneur a un prix, mais pas n’importe lequel. Voilà notre message : rien ne justifie de mettre en jeu sa santé.

 

 

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