Votre dernier ouvrage traite de la RSE (Responsabilité
Sociétale d’Entreprise) au sein des Entreprises de Taille
Intermédiaire (ETI), pourquoi ce choix
éditorial ?
Le sujet de la RSE au sein des grands groupes a été largement
traité. En effet, depuis 2001, les entreprises cotées en bourse
ont l’obligation d’indiquer dans leur rapport annuel d’activités
une série d'informations relatives aux conséquences sociales et
environnementales de leurs activités.
Dans les ETI, la démarche est plus nouvelle. C’est seulement en
avril 2012, que le Grenelle 2 de l’environnement, dans son
article R225, a institué l’obligation de rédiger un rapport dit
« extra financier » concernant leurs pratiques sociales
et environnementales.
Cette obligation concerne désormais toutes les entreprises
réalisant plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et
comptant plus de 500 salariés.
Quels avantages une entreprise peut-elle avoir à
s’engager dans une démarche RSE ?
Les motivations des entreprises à s’engager dans une telle
démarche sont de deux grands ordres.
La première est d’ordre éthique et se réfère à un certain
engagement moral porté par les dirigeants. L’entreprise est
partie prenante d’une communauté : elle doit à ce titre
prendre en compte dans son développement sa responsabilité
sociale, environnementale et économique
La deuxième motivation est plus simple et directe, dans la lignée
du fondement d’une entreprise : la réalisation de profit. La
pression des donneurs d’ordre publics, les attentes des
consommateurs sont de plus en plus fortes dans le domaine du
développement durable. Les entreprises n’ont plus le choix, elles
doivent produire les preuves de leur engagement.
Quels sont les outils sur lesquels une ETI peut s’appuyer
pour s’engager dans la démarche RSE ?
De mon point de vue, il existe quatre outils majeurs pouvant être
utilisés dans la mise en place d’une démarche RSE : l’ISO
26000, le GPS (Global Performing System) élaboré par le CJD
(Centre des Jeunes Dirigeants), le label LUCIE et la démarche TNS
(The Natural Step).
Tous ces complexes sont nouveaux et difficiles à appréhender. Je
me suis donc attaché, dans mon ouvrage, à définir chacun d’entre
eux et à évaluer ces différentes approches : fonctionnement,
atouts, contraintes…
En conclusion, la RSE est-elle pour vous un concept un
peu factice ou un réel facteur de performance des
entreprises ?
Bien évidemment, je suis profondément convaincu des bénéfices de
la démarche RSE pour les entreprises. Mais le succès dépendra
étroitement des conditions dans lesquelles la démarche est
engagée.
Pour être efficace, pleine et entière, l’initiative doit être
prise et la responsabilité doit être portée par un dirigeant de
premier plan de la structure. L’entreprise s’inscrit alors dans
une mission au service de la société. Dans ce cadre, l’impact sur
la performance prendra des dimensions multiples : capacité à
attirer de nouveaux clients, valeur ajoutée pour les
actionnaires, rentabilité accrue, meilleure capacité à gérer les
risques, produits et processus de meilleure qualité et enfin et
surtout mobilisation et implication des salariés.
Aujourd’hui, de plus en plus de salariés cherchent une raison
d’être dans leur travail. La RSE peut aussi être une réponse à
cette quête de sens.
En savoir plus
- La responsabilité sociétale au sein des entreprises de taille intermédiaire par Gilles Cavalli- Editions lulu.com, septembre 2013
- Alteractive, société de services en développement durable