Depuis 2004, le Plan Santé au travail (ou PST) est le document stratégique de l’État et des partenaires sociaux visant à l’amélioration des conditions de travail et la prévention des risques professionnels.
Plan Santé au Travail 2026-2030 : un renfort de prévention

C’est ce plan qui fixe les orientations nationales en matière de prévention et ce, pour les cinq ans à venir.
Plan Santé au Travail : en 2026, de la continuité plutôt que de la rupture
Ce large programme stratégique est issu d’un travail « de co-construction » mené par l’État français en collaboration étroite avec les partenaires sociaux et institutionnels. Et s’il ne coupe pas brusquement avec les mesures et grandes directions prises lors du précédent plan, il prolonge les efforts entrepris en matière d’évaluation et de prévention primaire des risques professionnels « dans une logique de décloisonnement des politiques de santé au travail ». Le document a été présenté en juin dernier par Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités. Il a alors réaffirmé « l'importance de la prévention primaire, fondée sur l'évaluation des risques et l'amélioration continue des conditions de travail pour mieux protéger la santé des salariés »
Les leviers du Plan Santé pour renforcer la prévention
Concrètement, plusieurs objectifs sont affichés : déploiement des démarches de QVCT, renforcement du dialogue social, actions de sensibilisation et de formation pour les salariés comme pour les employeurs. Pour cela, le nouveau PST « activera l’ensemble des leviers à disposition ». Parmi ceux-ci, nous notons une aspiration à une démarche de fond. Par exemple, chacune des actions du plan sera dotée « d’indicateurs de suivi » (dont l’atteinte fera l’objet d’un bilan) ; quand une « clause de revoyure » est prévue pour les partenaires sociaux notamment. Comme l’a affirmé le ministre du Travail, « le plan vise à mobiliser l'ensemble des acteurs de la prévention afin de répondre aux évolutions du monde du travail ».
Plan Santé au Travail 2026-2030 : quels changements à venir ?

Les grandes priorités du Plan Santé au travail 2026-2030
Ainsi, le PST 2026-2030 s’articule autour de grandes orientations. La prévention des accidents du travail graves et mortels (des jeunes notamment) grâce à la formation ; la promotion de la santé des femmes au travail avec entre autres une évaluation des risques professionnels différenciée selon le sexe ; la prévention de l’absentéisme et bien sûr la promotion de la santé mentale, grande cause nationale 2025-2026 couplée à la prévention des risques psycho-sociaux (RPS). D’autres axes d’appréhension de la santé au travail structurent le plan, comme la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail ou encore la prévention contre les conduites addictives. Derrière les annonces donc, le plan repose sur une logique de transformation durable des pratiques. Élément symbolique, le PST fusionne cette fois avec le plan pour la prévention des accidents du travail graves et mortels (PATGM) pour « renforcer la cohérence de la mise en œuvre d’actions de prévention » selon le ministère.
Les nouveaux risques du travail intégrés dans le Plan Santé
Comme évoqué plus haut, le plan entend prendre en compte les nouveaux risques du travail. Nous parlons là de l’évolution des risques professionnels « notamment associée au dérèglement climatique, aux transformations numériques et au vieillissement de la population ». Des enjeux divers mais appelés à s’entremêlés dans les années à venir. Simplification de la réglementation sur le risque chimique en entreprise, création d’une base nationale dédiée à la biosurveillance, structuration effective de la recherche en santé au travail et mise en place d’un système de « veille et de gestion des crises et événements de santé inhabituels en milieu de travail » sont autant de mesures annoncées dans ce contexte.
Plan Santé au Travail 2026-2030 : vers un déploiement concret

Dans le même ordre d’idée, face à ces risques émergents (PFAS, zoonoses, technologies, climat), l’État indique dans le plan vouloir « structurer une veille nationale », via un comité stratégique de veille. De même, un observatoire dédié à l’intelligence artificielle au travail complétera ce dispositif pour « analyser les transformations à venir ».
Comment le PST est-il mis en œuvre et suivi dans les territoires ?
Mais l’impact du PST 2026-2030 ne doit pas être qu’à échelle nationale. C’est pourquoi, pour mettre en œuvre ses préconisations et annonces partout, le plan sera « décliné localement » par les DREETS (pour Directions régionales de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités) en plans régionaux santé au travail (PRST). Cela pour correspondre le plus « aux réalités socio-économiques des territoires », par souci de cohérence. Par ce procédé, le gouvernement entend mobiliser l'ensemble des acteurs de la prévention. Comme l’exprimait Jean-Pierre Farandou dans le dossier de présentation du PST : « Chaque mort, chaque blessé, est une victime de trop. Mais il n’y a pas de fatalité et des solutions existent. »
En savoir plus :
- Consulter le Plan santé au travail 2026-2030, ministère du Travail, juin 2026
- « Lancement du Plan Santé au travail 2026-2030 par le ministre du Travail et des Solidarités le 5 juin 2026 », communiqué du ministère du Travail, juin 2026
- « Bilan du Plan Santé au travail 2021-2025 », ministère du Travail, 2026