Débuts en entreprise : de quoi parle-t-on ?

 

Qui sont les nouveaux recrutés ?

Pragmatiquement, selon l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS),  le terme « nouvel embauché » désigne  les personnes qui accèdent à un nouvel emploi ou découvrent de nouvelles situations de travail. Cela vaut aussi bien pour un contrat en CDI, en CDD, pour les intérimaires ou pour les stagiaires et apprentis. Qualifiés et correspondants aux critères de recrutement, les nouveaux arrivés n’en sont pas moins des débutants dans l’environnement de travail donné. Ils n’ont pas forcément la pleine maîtrise des espaces de relations formelles et informelles tout comme ils doivent être briefés « sur le volet santé et sécurité au travail ».
 

 

Débuter en entreprise : une étape clé

En fonction du point de vue adopté, les premiers jours en entreprise constituent différemment un enjeu non négligeable. Pour le recruté par exemple le premier jour, la première semaine de travail, représentent un moment charnière où il est nécessaire de correspondre aux attentes, de montrer sa motivation tout en constituant son premier réseau.  Une première impression décisive, tant la compréhension des attentes de l’employeur et la création de liens avec les autres collaborateurs collègues peuvent être déterminants. Pour le recruteur à l’inverse, l’arrivée d’un nouvel élément est capitale pour la pérennité de l’activité. Si l’on attend un retour d’investissement rapide, il faut surtout tout mettre en œuvre pour accueillir le travailleur dans un climat inspirant et sûr. 

 

 

Les enjeux des premiers jours en entreprise

 

L’attractivité de l’entreprise se joue d’entrée

Côté employeur, l’entrée et l’accueil d’une nouvelle personne dans l’organisation constituent un processus essentiel. Outre l’aide à l’adaptation au poste et à l’environnement de travail, ces premiers moments servent à initier le recruté à la culture de l’entreprise. Bien plus qu’un simple accueil, l’arrivée constitue un levier stratégique de fidélisation : il est indispensable que le néo collaborateur se sente considéré et épaulé dans cette étape clé. Et si c’est le cas, il pourra plus aisément se projeter dans la structure. 

 

Risques professionnels : le moment charnière de l’entrée au travail

Les nouveaux employés sont en revanche ceux qui prennent le plus de risques dans ce contexte, littéralement. Car en plus du stress et de la pression, les premiers pas d’un individu en entreprise sont davantage exposés aux risques professionnels. La méconnaissance de l’environnement et le manque d’expérience pratique y sont pour beaucoup.  Et si cela est négligé par l’employeur, cela peut causer des accidents du travail. Les chiffres sur le sujet sont édifiants : 15 % des accidents graves et mortels surviennent au cours des trois premiers mois après l’embauche  selon le ministère du Travail, quand un quart des accidents du travail concernerait des salariés ayant moins d’un an d’ancienneté dans l’entreprise selon l’Assurance maladie. Enfin, l’indice de fréquence des accidents du travail augmente de deux à trois fois dans le premier mois de travail. Les dispositifs d'accueil constituent donc un enjeu incontournable en termes de santé et sécurité.

 

 

Comment préparer l’intégration en entreprise ?

 

Le cas de l’onboarding : les grandes étapes de l’intégration 

L’onboarding est le terme désignant la socialisation organisationnelle au travail, comprenez l’intégration en entreprise. Pour l’employeur, il s’agit donc d’accueillir le nouveau recruté dans les meilleures conditions. Voici quelques clés usuelles ou bonnes pratiques : communiquer en interne (à tous niveaux) sur l’arrivée d’un nouvel élément ; préparer tous les documents ou équipements nécessaires en amont ; configurer méticuleusement les divers comptes et identifiants si besoin ; dédier un temps pour l’orientation, la visite guidée de tous les locaux et la présentation à tous les collègues. Ces grands impératifs cadrent en général une bonne arrivée sur site. Toutefois, cela n’a pas à être réalisé intégralement par l’employeur. Au besoin, il peut être pertinent de nommer un salarié accueillant, expérimenté et formé à la sécurité, pour les premiers jours. Un « mentor » joue souvent un rôle clé, mais moins formel, dans l’accompagnement lors de la prise de poste.

 

 

Des leviers au service de l’employeur

Dans cet esprit, l’INRS propose par exemple la démarche « TutoPrév' » pour préparer et accueillir le nouvel embauché. Cette démarche repose sur l’utilisation de deux outils : « TutoPrév' Pédagogie » et « TutoPrév' Accueil » (formations initiales et continues). De même que le ministère du Travail a conçu un mémento à destination des employeurs accueillant des jeunes en formation professionnelle. Bien sûr, ce ne sont là que des outils à la disposition de dirigeants voulant anticiper. Mais une fois les premiers jours de travail effectués sereinement, nous pourrions conseiller de mettre en place un suivi de court, moyen et long terme sur l’intégration des recrues : via la mise en place de réunions pour échanger sur l’épanouissement de la personne concernée et toujours adapter sa stratégie d’onboarding. Car un accompagnement dense et continu favorise le maintien en poste. D’après les résultats d’une enquête menée par l’agence de recrutement Robert Half & Associates, environ 30 % des nouveaux recrutés quittent leur poste dans les trois premiers mois à cause d’un mauvais accueil.

 

 

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