Compétences de base au travail : de quoi parle-t-on ?

 

 

Point définition des compétences de base

Dans son guide dédié, la Direction régionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (Dreets) de la Bretagne explique que les compétences de base « regroupent l’ensemble des compétences indispensables aux individus pour être à l’aise dans notre société ». Cela vaut aussi bien pour la vie privée que pour le monde du travail. Si l’on se réfère au cadre européen, huit « compétences clés » sont établies pour s’épanouir tout au long de sa vie : savoir parler, écouter, lire, écrire, communiquer dans sa langue maternelle, communiquer dans une langue étrangère, comprendre d’autres cultures, posséder des aptitudes de base en mathématiques ou en sciences. 

 

De nouvelles compétences de base 

Si ces critères sont communément admis, il convient toutefois de mentionner des compétences additionnelles qui, au vu de la complexification du marché du travail, pourraient de nos jours être considérées comme essentielles pour travailler : les compétences numériques et la communication en équipe. Par exemple, selon France travail, « 60 % des employeurs disent que les compétences comportementales sont aujourd’hui plus importantes que les compétences techniques ».

 

 

Compétences de base en entreprise : l'angle mort de la prévention

 

Toutes les entreprises mobilisent les compétnces de base

Si cela est souvent sous-estimé, quelques chiffres (Dares 2014 ; Insee-ANLCI, 2016) montrent que la maîtrise des savoirs génériques est un phénomène sérieux. Selon la Dares et l’Insee (2014-2016), 16 % des personnes âgées de 18 à 65 ans en situation d’être sur le marché du travail éprouveraient des difficultés dans la maîtrise et l’utilisation des compétences clés. Et comme le mentionne l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) : « en France, une personne sur dix, âgée de 18 à 64 ans, rencontre d’importantes difficultés avec les compétences de base, lire, écrire, compter, cliquer. La moitié est en emploi. » 

 

Repérer les manques sans stigmatiser 

L’institution rappelait également en juin 2026 que ces déficits, « invisibles dans les organisations », pouvaient avoir « des conséquences concrètes sur l’activité professionnelle : compréhension des consignes, utilisation des outils numériques, accès à la formation, mobilité professionnelle, sécurité au travail, etc. » Par exemple, seuls 3 % des personnes en situation d’illettrisme accèdent à une formation sur les compétences de base. Ce rappel est d’autant plus important car souvent les personnes concernées établissent des stratégies pour masquer leurs difficultés. Ce sont des « stratégies de contournement », comme les liste la Dreets de la Bretagne dans son guide : « multiplication des retards, non connaissance de sa date de naissance, besoin d’intervention tierce pour écrire ou remplir un document, fuite face à des demandes imprévues », agitation ou agressivité etc.

 

 

Agir pour renforcer les compétences de base

 

Epauler les salariés

Or, confronter un collaborateur qui connait un déficit dans les compétences de base au travail peut être très délicat voire stigmatisant. Mais alors, comment accompagner au mieux la personne dans une démarche d’amélioration ? De nombreux employeurs ou managers sont concernés. La première chose est d’avoir une « attitude positive », selon la Dreets. Selon l’ANCLI, il « faut mettre en place une démarche progressive et bienveillante », aborder le sujet lors d'entretiens professionnels ou d'échanges informels, en se focalisant sur les besoins du poste mais surtout sur les leviers d’action.

 

 

Compétences de base au travail : structrurer l'accompagnement et la prévention

C’est le point clé pour révéler l’angle mort de la prévention professionnelle sur le sujet : le déficit de compétences de base n’est pas irrémédiable et éternel. De solutions existent, et il faut en informer absolument les salariés concernés, les rassurer et les épauler. Divers outils très bien pensés sont à la disposition des employeurs tels les « kits du praticien » de l’ANLCI, des guides méthodologiques et pédagogiques conçus pour aider les professionnels à repérer, prévenir et agir face à l’illettrisme. Les opérateurs de compétences (OPCO) et l’ANFH proposent evapro, un outil de diagnostic en ligne gratuit. Enfin, sortir de ces situations par le haut en permettant le maintien dans l’emploi n’est possible qu’en intégrant l’accompagnement dans la prévention : plan de développement des compétences ; actions de formations ciblées ; tutorat interne pour aider au quotidien le salarié sans jamais le juger.

 

 

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