Quels risques pour les utilisateurs ?

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Tous secteurs confondus, les manutentions manuelles figurent chaque année parmi les principales causes d'accidents du travail et de maladies professionnelles.
Les manutentions manuelles constituent une activité largement répandue dans la majorité des entreprises.
Selon l'enquête Sumer 2009-2010, près de 7% des salariés sont amenés à manipuler des charges dans le cadre de leur travail.
Contusions, fractures, entorses, lombalgies, troubles musculosquelettiques (TMS)... Depuis de nombreuses années, les manutentions manuelles figurent immanquablement parmi les premières causes de sinistralité.
Selon les statistiques de la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), elles sont responsables d'un accident sur trois et des trois quarts des TMS recensés en France. Les préparateurs de commandes et, d'une façon plus générale, les ouvriers du BTP, de l'industrie du bois ou de la grande distribution, figurent parmi les principales victimes. Mais aucun secteur n'est épargné
Les manutentions manuelles impliquent des efforts physiques, mais également des contraintes posturales. Elles s'effectuent souvent à des rythmes soutenus qui sur-sollicitent les organismes. Parmi les pathologies résultantes, les douleurs lombaires ou lombalgies sont les plus à craindre. La mauvaise prise en charge de ces affections invalidantes peut en effet compromettre toute reprise d'activité.
En matière de prévention, la première tâche a été de remettre à plat la réglementation qui encadre les manutentions manuelles. Jusqu'à présent, le Code du travail définissait les valeurs limites pour le poids unitaire des charges manipulées. Si pour les femmes, le seuil était fixé à 15 kg, pour les hommes, la charge maximale autorisée pouvait, sous conditions, atteindre 105 kg ! Les experts de l'INRS ont largement contribué à la définition de nouvelles valeurs plus compatibles avec les capacités physiques moyennes des salariés. La nouvelle norme NF X35-109, homologuée en décembre 2009 et modifiée en 2011, s'applique désormais indistinctement aux femmes et aux hommes âgés de 18 à 65 ans. Elle définit une valeur "acceptable", 15 kg, et une valeur "sous conditions" de 25 kg maximum. La norme précise également que le tonnage cumulé ne peut en aucun cas dépasser 10 t. par personne et par jour.


Les dangers et les risques

- Des risques physiques : travail en hauteur, déplacements sur une échelle et/ou un marchepied, travail aux intempéries (chaleur, froid, vent, givre, pluie),
- Des risques sensoriels : travail au bruit, travail avec une visibilité réduite ou une possibilité d'éblouissement,
- Des risques biomécaniques : contraintes posturales dans un espace réduit, manutention du matériel de calage et d'arrimage,
- Des risques chimiques : utilisation de lubrifiants,
- Une charge mentale : poste de sécurité, vigilance, appréciation des distances, contraintes liées au SAAC (Système d'Aide Automatique à la Conduite),
- Des risques organisationnels : déplacements avec l'engin, découcher selon les lieux d'intervention.


Quelques chiffres

En 2011, les matériels de manutention et de levage ont été à l’origine de :

- 20 779 accidents du travail avec arrêt
- 1 235 incapacités permanentes
- 22 décès
- 1 251 135 journées de travail perdues

Ces chiffres sont en recul continu depuis plusieurs années pour plusieurs raisons :

- l’intégration plus importante de la sécurité des machines dès la conception (due notamment à l'évolution du contexte réglementaire et normatif),
- l’apparition de nouvelles technologies (automatisation, robotisation, numérisation….),
- la tertiarisation croissante des emplois.

Les secteurs d’activités les plus accidentogènes pour des activités de manutention et de levage en 2011 sont :

- les services, commerces et industries de l’alimentation : 28,2 % des accidents de travail avec arrêt
- l’industrie des transports, de l’eau, du gaz, de l’électricité, du livre et de la communication : 20,9 %
- les activités de services : travail temporaire, action sociale, santé, nettoyage… : 18,9%
- le commerce non alimentaire : 9,8%