« Le télétravail oui, mais pas en mode dégradé » affirme une étude de la CGT

TRAVAIL ET RELATIONS SOCIALES || Télétravail
/

Le syndicat de travailleurs CGT vient de publier les résultats de son enquête nationale sur le télétravail et appelle à définir urgemment un encadrement de cette pratique.


15 000 personnes ont participé à la nouvelle enquête nationale sur le télétravail lancée par la CGT. Cette enquête fait suite à une première analyse lancée en mars 2020 à laquelle 35 000 personnes avaient répondu.
S’il apparait que le télétravail n’a pas été vécu de la même manière par tout le monde, il est globalement perçu comme « vecteur de temps libéré – notamment par la suppression du trajet domicile-travail - et d'autonomie au travail ». Selon l’enquête, le télétravail permet de redéfinir les priorités et le sens du travail. Ainsi, quasi toutes les personnes interrogées souhaitent continuer à télétravailler mais pas à temps plein.

L’enquête permet également à la CGT de tirer 5 enseignements.

  • 1/ Grâce à la comparaison avec sa précédente enquête, le syndicat montre que le télétravail en mode dégradé reste la norme, avec un non-respect massif des fondamentaux du code du travail. Il s’agit notamment de la prise en charge des frais liés à la pratique du télétravail (équipement, électricité, etc) qui sont majoritairement à la charge du salarié ou encore d’une augmentation du temps et de la charge de travail.
    Sur ce point, la CGT affirme que la prise en charge des équipements pour télétravailler reste cantonnée aux ordinateurs portables. Seuls 10% des répondants disposent d’un siège ergonomique par exemple et près de 7 répondants sur 10 disent que leur employeur ne participe pas, même partiellement, aux frais engendrés par le télétravail.
  • 2/ La CGT souligne une alerte rouge en matière de santé. Le télétravail serait une bombe à retardement. Concernant la santé psychique d’abord puisque 45% des salariés en télétravail sont en risque de dépression selon l’enquête, mais aussi concernant la santé physique, avec en cause des problèmes de sédentarité et de TMS.
  • 3/ L’inégalité femmes-hommes a été exacerbée par le télétravail, principalement à cause du cumul télétravail et garde d’enfant qui incombe en grande partie aux femmes. 80% des parents disent avoir déjà fait l’expérience de télétravail en gardant des enfants. 61% des femmes répondantes ont dû assumer cette charge seules contre 31 % des hommes.
  • 4/ Le collectif de travail et les managers sont mis à rude épreuve. 2/3 des répondants disent avoir déjà ressenti de l’isolement. L’étude met en lumière un manager qui est dans l’impossibilité de jouer son rôle. Seulement 8% d’entre eux se disent tout à fait sûr de pouvoir détecter une situation de mal-être dans leur équipe. Moins de 20% des managers ont au accès à une formation de management à distance.
  • 5/ Enfin, la CGT insiste sur le déni démocratique. C’est sur la négociation avec les syndicats que repose la régulation du télétravail, or les représentants du personnel se retrouvent marginalisés.


Pour la CGT, l’enquête confirme que le télétravail a entraîné des gains de productivité majeurs. En effet, 70 % des répondants s’estiment plus efficaces (avec des gains de productivité générés par le télétravail, pouvant atteindre 20 à 30 %) Et cela se cumule avec une baisse des frais engagés par les employeurs (optimisation des surfaces de bureau + désengagement des employeurs sur la prise en charge des frais liés au télétravail).

Pour le syndicat, il y a urgence à encadrer le télétravail pour « prévenir les risques sur la santé, empêcher le délitement du collectif de travail, et garantir le respect du droit » et donc pour en faire un levier de la qualité de vie au travail.

En savoir plus :