Les Français sont-ils mieux soignés et pris en charge, les
médecins plus satisfaits de leur sort, les personnels
hospitaliers moins stressés, les urgences moins débordées, les
déserts médicaux moins désertiques, les comptes de la Sécurité
sociale moins déséquilibrés ?
Chroniquant, pendant ces 5 années l’actualité et les soubresauts
de la politique de santé, je dois répondre catégoriquement non à
ces questions. Les coûts de production des soins sont toujours
aussi élevés, l’hôpital et la médecine de ville toujours séparés
par une Muraille de Chine, le système d’information
toujours défaillant, le dossier médical personnel toujours dans
les limbes,….
Au fil de ces chroniques, on découvrira que cet immobilisme est,
en réalité, une stratégie. Le Chef de l’Etat a délibérément
choisi de ne pas toucher au mammouth hospitalier en n’engageant
aucune réforme de nature à réveiller une bête prompte à
l’embrasement et de faire de la santé un amortisseur social de la
crise en renforçant l’accès aux soins, notamment par le
plafonnement des dépassements d’honoraires et l’emblématique
tiers-payant.
Pour le Président, la paix sociale dans le secteur de la santé
était la condition indispensable pour réussir le virage
social-démocrate, véritable marqueur de son quinquennat troublé.
L’enjeu en valait-il la chandelle ? Le pari est-il réussi ?
A propos de l’auteur
Journaliste, consultant en communication et en organisation dans
le domaine de la santé, Philippe Rollandin est un spécialiste des
questions de santé. Auteur de 3 livres : Le Monde Cannibale, le
défi démographique de 2065 (L’Harmattan, 2015), Santé Volée, une
faillite sur ordonnances (Cherche-Midi,1999) et La Santé en
danger (Ed de l’Instant, 1987), il défraie la chronique sur
plusieurs blogs.