Pourquoi vous engager dans la prévention des risques cardiovasculaires au travail ?

 

Le monde de l’entreprise s‘est pendant longtemps intéressé aux accidents du travail, et ensuite au bien être au travail. Mais il s’est rarement emparé du domaine véritablement de la santé au travail. Or, il y a de vrais enjeux : l’on comptabilise 1 000 morts par an sur les lieux de travail en France. La première cause est étiquetée « malaise » mais derrière il y a tous les arrêts de cardiaques recensés dans les locaux professionnels. 

 

 

À quoi s’expose-t-on en prenant ce sujet à la légère ?

 

Chaque accident, chaque décès est à chaque fois un coup de tonnerre. Il entraîne immédiatement un choc chez les collègues qui étaient présents et qui n’ont pas fait tout ce qu’il fallait faire. Cela créé un important sentiment de culpabilité, d’abandon de l’effectif face à lui-même. Pour rappel, les accidents cardiovasculaires causent 140 000 morts par an en France, soit la deuxième cause de mortalité du pays et la première cause de handicap acquis (lorsque des gens quittent leur travail). Voilà ce à quoi l’on s’expose si personne ne s’occupe des facteurs de risques en amont pour les faire baisser.

 

 

C’est tout l’intérêt de votre programme « Action au cœur de l’entreprise » : sensibiliser pour s’engager ?

 

Quand une entreprise veut prendre en charge la santé dans le cadre de son fonctionnement, nous sommes là pour l’aider grâce à un programme de prévention en entreprise. Le but est de faire prendre conscience, à tous les collaborateurs, de leurs propres risques cardiovasculaires. Nous sommes là pour sensibiliser sur un danger déjà existant. Ensuite, l’on suggère ce qu’il faudrait faire pour faire baisser les facteurs. Bien sûr, notre accompagnement peut prendre des formes diverses en fonction de la taille ou du temps obtenu par l’entreprise. Parfois on se limite à une conférence, à des stands informatifs ; parfois l’on intervient sur plusieurs jours pour mener des ateliers ou faire du conseil. Mais le plus important est que nous faisons des prélèvements aux travailleurs : fréquence cardiaque, tension, mesure de cholestérol. Ainsi, nous pouvons faire le bilan des facteurs de risques et calculer, pour les équipes, le score de risque cardiovasculaire. Cela permet de suggérer des solutions personnalisées.

 

 

Avec du recul, quel bilan tirez-vous de ce programme ?

 

Le programme existe depuis une dizaine d’années et l’on constate un double effet positif. Premièrement, le personnel est ravi d’obtenir des informations de santé sur lui-même.  Ensuite, cela rejaillit sur l’employeur qui a généré ça au cœur de l’entreprise. 

 

 

Pensez-vous que nous allons dans le sens d’une meilleure prévention ?

 

Je pense que nous allons dans le bon sens. Les gens se rendent compte de plus en plus du danger des accidents cardiovasculaires.  Logiquement, de plus en plus d’entreprises ont envie de prendre soin de la santé de leur personnel. Malheureusement, cela reste encore une minorité, car la France n’est pas vraiment un pays de prévention. On est certes encore loin du compte, mais il y a toujours des choses à faire. Avec la pédagogie, le secret est dans la répétition.

 

 

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