Pouvez-vous rappeler en quoi consiste l’événement ?
La Semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail est un événement communicationnel qui est organisé par l’Anact depuis plus de 22 ans. Il s’agit d’un rendez-vous national à destination des entreprises et de tous les acteurs qui agissent pour améliorer les conditions de travail (partenaires sociaux, consultants, organismes de prévention, ndlr). Une grande conférence nationale aura lieu pour l’occasion le 15 juin à Paris, tandis que nous proposerons trois webinaires ouverts à tous et organiserons 16 ateliers en régions grâce aux Aract (Action régionale pour l'amélioration des conditions de travail). Ce temps nous permet de faire passer nos messages, de partager des expériences d’entreprises concrètes ainsi que de réfléchir collectivement sur un même thème lié au monde professionnel.
Cette année le grand thème de la semaine est « Manager, c’est tout un travail ! ». Pourquoi ?
De nos jours, avec les exigences environnementales toujours plus fortes, les évolutions sociétales marquées -notamment par l’arrivée de l’IA- l’on constate que les entreprises sont au devant d’enjeux d’engagement, de recrutement et de santé au travail multiples. Et au cœur de ces mutations se trouve la figure du manager, inamovible, mais qui doit pourtant faire face et s’adapter à ces différents défis. De fait, au vu de la pression exercée sur ce poste, il n’est plus très attractif.
Quels sont les défis qui concernent les managers aujourd’hui ?
Le rapport de l’Igas 2025 a bien démontré que la France avait une approche managériale différente en Europe : plus verticale, moins participative. Mais surtout que cela n’était pas sans impact sur la qualité de vie au travail et l’épanouissement professionnel des équipes. Or, diverses études montrent que si on a plus de latitude décisionnelle, on a plus de capacité à innover. C’est comme cela que les entreprises sont plus performantes tout en offrant un meilleur bien être au travail. Le métier de manager, ce n’est donc plus juste piloter ou contrôler l’activité. C’est réguler et ajuster le travail au quotidien en fonction des contraintes, de l’évolution de l’environnement organisationnel. C’est la recherche d’un cercle vertueux pour l’entreprise et les équipes. Cela passe bien sûr par reconnaitre le travail des collaborateurs au quotidien et par leur laisser le mot.
Mais alors a-t-on encore besoin de managers ?
Alors, l’idée que nous véhiculons à travers ce thème cette année n’est pas du tout celle-là, bien au contraire. Il ne faut pas simplement blâmer les managers ou juste leur donner l’injonction supplémentaire de s’effacer. Au contraire il faut les repositionner dans ce rôle pivot de la régulation professionnelle. C’est-à-dire remettre le travail au cœur de l’activité managériale : s’intéresser au travail au quotidien ; ajuster au mieux le prescrit et la réalité de l’activité des collaborateurs. Bien sûr cela doit être moins vertical. Mais pour parler collectivement, trouver des solutions aux dysfonctionnements quotidiens du travail, le manager est essentiel. C’est à lui aujourd’hui d’installer un rituel de dialogue professionnel, d’institutionnaliser la synergie avec les collaborateurs dans l’amélioration des conditions de travail. Toutefois, cela implique également qu’on leur alloue des budgets adéquats, que les directions sachent les soutenir dans un souci de cohérence de gouvernance.
En savoir plus :
- Site internet de l’Anact
- Découvrir le programme de la Semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail 2026
- « Pourquoi être MANAGER ne fait plus rêver ? », interview Préventica, avril 2025
- Photo ©FlorianMaguin