Avec l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine médical, de quoi parle-t-on ?

Je fais partie du groupe OhptaMaine, l’un des premiers en France à travailler sur la délégation de tâches. La délégation, c’est déjà s’intéresser à l’IA. C’est tout le point, certaines taches que l’on délègue aujourd’hui aux personnels paramédicaux pourraient être, à l’avenir, supervisées par des IA. La question maintenant, et pour le futur, est d’encadrer ces nouvelles technologies qui peuvent répondre à des problématiques de santé publique. Un enjeu majeur est celui de l’économie de temps et de ressources pour le monde médical. Cela vaudra-t-il le coup de former des gens jusqu’à Bac +11 ou en faire venir de l’étranger pour réaliser des missions dont l’IA peut tout à fait s’acquitter ?


 

Les avantages ne sont-ils que administratifs ou procéduriers ? L’IA peut-elle réellement supplanter des médecins ?

L’on sait aujourd’hui que l’intelligence artificielle va pouvoir répondre à des problématiques de dépistage notamment. Depuis 2025, 60 études ont été publiées à ce propos pour de l’analyse de fonds d’œil par l’IA, 48 études sur les glaucomes. Oui, l’IA va potentialiser des ophtalmologues, en remplacer certains. Mais elle ne remplacera jamais totalement la profession car il y aura besoin de compétences humaines comme l’empathie. Mais c’est un fait, nous aurons besoin de moins professionnels. Le monde médical est déjà en train de s’organiser.

 

 

Quels seraient les avantages pour les patients ? Pour quels enjeux ?

Si l’on reste sur l’exemple du dépistage, les patients auront plus d’accès au soin grâce à l’IA. Il sera possible de réorganiser le parcours patient de manière plus pertinente, de détecter des pathologies plus tôt et donc d’avoir une prévention plus efficace et plus précoce. On ne pourra plus dire que les patients n’ont pas accès au savoir : le médecin c’est le savoir et l’IA c’est sa démocratisation. Mais l’approche territoriale du déploiement de ces technologies dans le monde médical français doit être pensée avec cohérence, notamment sur la question de la souveraineté. Il faut que l’on puisse avoir notre propre système d’IA, pour que les données restent sur le territoire français et éviter la financiarisation de la santé.

 

 

Êtes-vous confiants pour l’avenir ?

C’est maintenant qu’il faut anticiper le futur. Bien sûr, l’IA va permettre d’optimiser l’organisation des pratiques médicales ophtalmologiques en libérant du temps médical pour des tâches faciles, mais elle n’enlèvera jamais le lien humain. Son déploiement doit être pensé collectivement avec les syndicats, avec les Agences régionales de santé. Nous comprenons les préoccupations mais n’oublions pas que c’est dans la contrainte que nous avons toujours réussi à créer des choses intéressantes. Utilisons notre problématique de désertification médicale massive pour imaginer des solutions qui amélioreront le futur des prochaines générations.

 

 

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