Polyexpositions : de quoi parle-t-on ?

 

Définition et périmètre des polyexpositions

Pour faire simple, les polyexpositions sont des expositions simultanées ou séquentielles à des nuisances multiples, par des voies qui peuvent être diverses. Ces nuisances peuvent être chimiques, biologiques, sensorielles, physiques, organisationnelles (horaires, moyens insuffisants etc.) ou relationnelles. En 2021, un nouvel article de loi (Code du travail, article L. 4412-1) introduisait cette notion dans les règles de prévention des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs exposés à des risques chimiques.

 

Tous polyexposés Polyexpositions : enjeux de santé au travail 

Des séquences de polyexposition qui peuvent survenir tout au long de la carrière professionnelle. De plus, tout le monde professionnel est concerné. Une étude menée conjointement par l’Anses, Santé publique France et la Dares en 2021 a révélé que la quasi-totalité (97 %) des 25 millions de salariés des secteurs publics et privés étaient polyexposés. Prendre en compte ces expositions entremêlées constitue ainsi un défi majeur pour l’efficacité des politiques de prévention quant à l’amélioration de la santé au travail en France.

 

 

Polyexpositions : enjeux de santé au travail 

 

Les différentes combinaisons d’expositions

Pour rappel, la combinaison de facteurs de risques en milieu professionnel est dense et plurielle. Les possibilités sont très nombreuses. Ainsi, l’INRS présente prioritairement cinq grands types de polyexposition pouvant avoir de forts impacts sur la santé des collaborateurs : les substances chimiques, le mélange substance chimique et sensorielle, le mélange chimique et biologique, les risques chimiques et les méthodes organisationnelles spécifiques (type travail de nuit ou en lieu sensible).

 

Les effets des polyexpositions sur la santé

Comme nous l’expliquions dans un autre article dédié, les situations de polyexposition restent insuffisamment repérées. Le problème survient lorsque les effets cumulés des expositions aggravent les conséquences sur la santé. Par exemple, l’inhalation de solvants organiques combinée à une exposition au bruit augmente le risque de perte auditive. De plus, la méconnaissance des combinaisons cause la sous-estimation du niveau de danger encouru par les collaborateurs. Bien souvent, leurs maux (physiques) mal diagnostiqués se poursuivent, jusqu’à l’apparition de troubles musculosquelettiques ou risques psychosociaux.

 

Bien évaluer les polyexpositions

 

Anticiper la prévention des risques d’expositions

Comme l’affirme l’INRS : « la prise en compte des polyexpositions permet une évaluation des risques plus réaliste et la mise en place d’actions de prévention plus efficaces ». Les entreprises doivent donc s’emparer de cette réalité complexe. Pour cela, plusieurs leviers peuvent être mobilisés :

 

La prévention des polyexpositions nécessite un changement de culture. Plus l’on est renseigné sur les types de risques, sur les implications de chacun de nos postes de travail, mais surtout leurs impacts sur la santé des travailleurs, plus l’on offre des conditions professionnelles épanouissantes à ses salariés.  

 

 

Polyexpositions : au-delà de la prévention

Vous l’aurez compris, le repérage des situations de polyexpositions ainsi que l’évaluation des qu’elles causent sont essentiels tout au long de la carrière des travailleurs. Il s’agit d’un travail de prévention de long terme. Il est donc important d’organiser un suivi des connaissances et des bonnes pratiques sur la question (par exemple, le dossier de liens utiles fourni par l’INRS), et de documenter cette démarche dans la durée afin de pouvoir justifier de la cohérence des mesures que l’on met en place. De même, le dialogue social ainsi que la concertation avec les médecins du travail s’en trouvent plus que jamais prépondérants. Enfin, comme nous l’expliquons ci-dessus, les risques dus aux polyexpositions intéragissent, s’entremêlent. Alors que les outils réglementaires et méthodologiques actuels restent trop centrés sur les expositions isolées, une approche intégrée est donc nécessaire.

 

 

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