La fédération CFDT de la santé a piloté une étude d’envergure
auprès de 40 000 personnes issues du secteur paramédical. Les
résultats, rendus publics la semaine dernière, révèlent une forte
dégradation des conditions de travail de ces derniers.
La CFDT santé sociaux dénonce la dégradation des conditions
de travail des soignants du secteur public depuis plusieurs
années. Mais depuis quelques mois, elle mène une vaste étude, sur
le terrain, afin d’opposer des chiffres à des convictions déjà
fortes.
492 établissements, 38 455 professionnels, dont 13 748
infirmiers, ont répondu à un questionnaire portant sur trois
thématiques principales : conditions de travail,
organisation du travail et reconnaissance.
L’étude met en avant des conditions de travail difficiles : 93 % des personnels considèrent exercer un métier stressant (le taux augmente encore chez les chirurgiens et les soignants de gériatrie) et 71 % ont le sentiment que celui-ci a « un effet négatif sur leur santé ». Il serait responsable de douleurs musculaires, de problèmes de sommeil et d’autres pathologies liées au stress
La dégradation des conditions de travail au cours des dernières
années est constatée à l’unanimité. Causes invoquées : des
effectifs restreints, une mauvaise gestion des absences, les
rappels sur les repos, l'augmentation des tâches administratives,
une activité professionnelle en horaires décalés et atypiques
(27 % en alternance jours/nuits et 14 % travaillant
plus de 10h par jour).
« Une organisation du travail incohérente avec les besoins
des services et des personnels » est pointée du doigt et
n’épargne pas les médecins : il leur est souvent reproché de
maintenir le nombre de prises en charge des patients sans tenir
compte de l'effectif, de solliciter les personnels pendant leur
pause, de refuser de se déplacer quand ils sont de garde.
La reconnaissance pose également problème d’après l’étude. En effet, si la grande majorité des soignants et des infirmiers pensent que leur niveau de qualification correspond au métier qu’ils exercent (contre 50 % des ASH), 17 % seulement se sentent reconnus.
Les militants CFDT envisagent de distribuer les résultats de
l’enquête auprès des personnels de santé via le journal « Le
quotidien des agents ».