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La prévention des addictions

La position des pouvoirs publics

Avec son Plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l'alcool 2004 - 2008, l'Etat recommandait d'adapter les actions de prévention aux conditions d'emploi et de travail. En 2011, les dernières mesures du plan gouvernemental 2008/2011 ont été mises en œuvre. En 2012, à la demande du Premier ministre, la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie) entamait la préparation du futur plan gouvernemental.

Après consultation des parties prenantes sur les questions de drogue et de toxicomanies, un nouveau plan pluriannuel devrait voir le jour. La MILDT veut insuffler une politique volontariste à ce nouveau plan et souhaite donner un nouvel élan à la prévention des comportements addictifs de manière à prendre en compte les nouvelles formes de consommation et d'offre et réduire les dommages associés aux usages.

La prévention en milieu professionnel

Conduite addictiveL’impact des conduites addictives au travail est pris en considération de façon croissante. Les conséquences peuvent être graves pour le travailleur ainsi que ses collègues et l’entreprise elle-même.

En mars 2013, l’INRS a publié une brochure intitulée « Pratiques addictives en milieu de travail : principes de prévention ». Celle-ci est destinée à aider les entreprises à prendre en compte ce phénomène dans leur démarche de prévention de la santé et de la sécurité au travail. Au sommaire de ce document de 32 pages, la description du phénomène d’addiction ainsi que la présentation des substances psychoactives et des pratiques addictives en milieu de travail. S’en suit un guide sur la démarche de prévention accompagné d’un exemple dans le domaine du transport de voyageurs. Enfin, un point est fait sur la réglementation en vigueur.

Les entreprises peuvent interdire certaines pratiques addictives comme la consommation d’alcool et de stupéfiants au sein de l’entreprise ou tout simplement pendant les heures de travail. Néanmoins, il est vérifié que les mesures de répression sont moins efficaces que les mesures préventives cherchant à prendre en compte les causes des pratiques addictives. Par ailleurs, renvoyer chez lui un salarié qui ne respecte pas ces interdictions ne suffit pas à effacer le problème. De plus, l’employeur et les collaborateurs de ce salarié en situation de danger peuvent être poursuivis pour non-assistance à personne en péril.

Des personnes sous l’emprise de substances psychotropes sont parfois ramenées chez elles, sans avis médical, ou cachées par leurs collègues qui pensent bien faire. Puis un jour, la situation devient ingérable et produit des conséquences graves. Certains spécialistes affirment que l’on devrait passer d’une prise en compte individuelle du problème à une prévention collective avec comme enjeu principal la levée des tabous.

Dans cette démarche, l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA) joue un rôle important. L’ANPAA intervient pour aider les managers et dirigeants à adopter une démarche efficace. Celle-ci passe par un rappel de leurs obligations en termes de garantie de la santé et de la sécurité de leurs salariés ainsi qu’une présentation des pratiques addictives. Une bonne connaissance du sujet est en effet primordiale pour mener à bien des actions de prévention.

  • définition du rôle de chaque acteur de l’entreprise : le médecin du travail et le CHSCT tout comme l’employeur et le représentant du personnel,
  • apprentissage des signaux d’alerte comme des accidents du travail fréquents ou un turn-over important,
  • comportement à adopter face au problème,
  • analyse des conditions de travail dans le but de les améliorer,
  • révision du règlement de l’entreprise.

Si l’on reprend le schéma tripartite de Claude Olievenstein, adopter une approche globale du problème revient à effectuer les actions suivantes :

  • pour l’individu : renforcer ses compétences psychosociales, le responsabiliser, le valoriser, lui amener de l’auto-efficacité,
  • pour le produit (ou le comportement) : informer à son sujet, sensibiliser à ses risques, ne pas faire de stigmatisation, limiter l’accès ou l’exposition,
  • pour le contexte : activer les réseaux, revoir l’organisation du travail, mettre en place une gestion managériale de la dimension humaine, apporter de l’aide et un accompagnement.

Conduite addictive et aidePour mener à bien cette politique globale, il convient de mener un plan de prévention des conduites addictives qui reprenne les éléments suivants (éléments repris d’après le colloque organisé par le CDG des Pyrénées Atlantiques en octobre 2012) :

  • constitution d’un groupe de travail,
  • état des lieux,
  • information et communication sur le risque alcool-drogues-médicaments et la démarche de prévention,
  • formation de l’encadrement – modalités d’intervention – mises en situation,
  • sensibilisation de l’ensemble des agents,
  • élaboration de protocoles (gestion et suivi des situations à risque, contrôles, gestion de la circulation de l’alcool dans la collectivité…),
  • élaboration de propositions pour le règlement intérieur,
  • définir les rôles et fonctions de chacun dans cette démarche,
  • mise en application des procédures,
  • accompagnement et suivi des personnes en difficulté,
  • évaluation (indicateurs à prendre en compte).

Dans cette démarche, il est important de respecter le rôle de chacun : psychologue, collègue, service social, responsable hiérarchique, médecin de prévention, etc. Cette démarche doit absolument être participative, non-stigmatisante et durable de façon à agir avant la réalisation de la dépendance. C’est notamment pour cela que l’utilisation du dépistage, bien que possiblement discriminante, peut être utile parce que dissuasive mais ne doit pas se limiter à vérifier l’aptitude du salarié à tenir son poste : le médecin doit s’efforcer, dans le respect du secret médical, de connaître les raisons de la consommation des substances non-autorisées.

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