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La cybersécurité relève de choix politiques plus que technologiques

Après avoir occupé des postes de premier plan dans le développement de systèmes informatiques opérationnels en particulier pour la défense et l'espace, Yves Véret est aujourd'hui consultant en stratégie et en management dans les technologies de l'information. Il participe également au financement de sociétés innovantes au sein de Calao Finance. Il a apporté son regard d'expert de la cybersécurité le 8 avril à Casablanca pour le premier rendez-vous international du Forum TAC (Technology Against Crime) consacré aux nouveaux enjeux mondiaux de la sécurité, dans le cadre de Préventica Maroc.

En tant que consultant, quels sont les types d'entreprises que vous accompagnez ?
Essentiellement de jeunes entreprises innovantes qui développent des offres nouvelles dans le domaine de la cybersécurité. Je conseille par exemple Cybel Angel, une jeune pousse déjà récompensée au niveau mondial par des innovation awards.  Leur cœur de métier, c'est la détection de piratage de bases de données. Un domaine extrêmement intéressant et avec un potentiel de développement énorme. Toutes les entreprises exploitent des bases de données et certaines peuvent être piratées et se faire aspirer leurs données sans même s'en rendre compte.

Pourquoi est-il tellement important de garder une capacité technologique française dans le domaine de la cybersécurité ?
La question de la cybersécurité est au cœur des grands enjeux stratégiques de développement. Les décisions de sécurité concernant le cyberespace touchent autant si ce n'est plus au domaine politique qu'à de pures interrogations techniques. Aujourd'hui il n'y a pas une entreprise, une organisation qui ne soit pas "numérique". Il est essentiel de garder un savoir-faire et des compétences en France dans les technologies de cybersécurité, pour deux raisons principales : d'abord pour protéger l'état, les entreprises, les citoyens, avec des produits de confiance, c'est-à-dire des produits conçus et développés dans un environnement qualifié et connu ; mais aussi, pour développer de l'emploi à forte valeur ajoutée dont nos jeunes ont tant besoin dans le pays.

Comment mieux se protéger dans le cyberespace ?
Pour moi, la sécurité dans le monde virtuel doit être appréhendée de façon similaire à celle du monde réel. Pour que cela fonctionne, il faut donc qu'il y ait des lois et des règles, en fait une véritable gouvernance dans laquelle l'Etat est impliqué. Certains prônent un respect absolu d'une liberté sans limites dans le cyberespace mais la liberté ne peut être préservée que si elle s'accompagne d'un certain contrôle.
Si l'on prend par exemple le sujet de l'identité numérique, il y a de nombreux débats actuellement sur cette notion et des oppositions très fortes. Pourtant pour notre sécurité sur internet, il est indispensable de savoir qui fait quoi et qui agit. On parle beaucoup actuellement des problèmes d'usurpation d'identité via internet, mais sans identité numérique ce type de délinquance est très difficile à maîtriser.
Liberté ne veut pas dire anonymat total, et la liberté ne saurait s'opposer à la sécurité.

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