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Développer la coopération entre les entreprises et l'administration française pour renforcer la sécurité des ressortissants

Avec 32 années d'expatriation à son actif, Thierry Plantevin a vécu de l'intérieur les problématiques de sécurité des expatriés. Il est intervenu le 8 avril à Casablanca pour le premier rendez-vous international du Forum TAC (Technology Against Crime) consacré aux nouveaux enjeux mondiaux de la sécurité, dans le cadre de Préventica Maroc. Entre diplomatie et obligation de sécurité, regard sur le travail dans les zones à risque.

Vous pensez que la sécurité des français à l'étranger est de plus en plus incertaine, pourquoi ?
Deux facteurs entrent en ligne de compte. Tout d'abord le nombre de nos concitoyens présents à l'étranger est en constante augmentation, environ 3 millions de français travaillent à l'étranger, sans compter les 13 millions de français qui voyagent chaque année pour le tourisme. Parallèlement à cela, l'insécurité mondiale augmente avec des pays connaissant une instabilité politique, le développement de foyers terroristes dans certains territoires tels que le Sahel et le Yémen, les zones de narcotrafic ou le risque de catastrophes d'origine naturelle ou industrielle. Les entreprises françaises, tout comme l'administration, ont donc mis en œuvre des plans de sécurité de plus en plus pointus et des mesures de protection drastiques.

Comment les entreprises françaises ont-elles renforcé la sécurité de leurs collaborateurs expatriés ?
La jurisprudence Karachi en 2004 a marqué un tournant décisif. En effet, cette décision de justice a confirmé la responsabilité de l'employeur en cas de manquement à son obligation de sécurité de résultat lors de situations d'envoi de travailleurs à l'étranger. L'entreprise doit non seulement assurer la sécurité de ses expatriés mais également apporter la preuve de l'efficacité des dispositifs mis en œuvre. Sa responsabilité pénale peut être engagée. Les entreprises ont donc prévu des plans de sécurité particulièrement pointus, en cas de problème sur un pays. Généralement, elles privilégient l'évacuation immédiate afin de ne faire courir aucun risque à leurs salariés.

Vous préconisez de renforcer la coopération entre entreprises et consulats pour la gestion de la sécurité des Français à l'étranger. De quelle manière, cela pourrait-il être organisé ?
Lorsqu'une entreprise décide d'évacuer ses salariés sur un pays, cela donne un signal très alarmant pour les autres ressortissants présents sur place. L'ambassade ne va pas forcément être en mesure de prendre la même décision, compte tenu du nombre de personnes à évacuer. Cela a été le cas lors des événements de Côte d'Ivoire en 2011. Les consulats français à l'étranger ont des plans de sécurité, les entreprises présentes sur place également. Les entreprises ont développé un savoir-faire très pointu pour la sécurité de groupes restreints, dont pourrait bénéficier les administrations. Il pourrait très certainement y avoir mutualisation des moyens en cas de risque. On pourrait imaginer par exemple qu'une entreprise puisse prendre en charge, en même temps que ses salariés, l'évacuation de compatriotes proches de son site. Evidemment cela pose des problèmes juridiques de responsabilité ou d'assurance, il faut donc que nous soyons plusieurs autour de la table pour en discuter. Depuis quelques années, le Ministère des Affaires Etrangères est de plus en plus ouvert à cette coopération. Le Centre de Crise du Ministère des Affaires Etrangères organise ainsi depuis plusieurs années la "Journée de la sécurité des entreprises françaises à l'étranger". Je suis convaincu que nous avons tout à gagner en travaillant dans le même sens sur les zones à risques.


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