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L'éducation à la cybersécurité doit commencer dès l'école

Expert en Numérique et Référent pour la Région Ouest de CINOV IT, la chambre professionnelle des TPE et PME du numérique, Frédéric Libaud nous livre ses réflexions sur les dangers du numérique, en plein contexte de menace terroriste.

Alors que l'on parle partout de transition numérique, les entreprises vous semblent-elles suffisamment préparées à ce que cela représente ?
Effectivement, la transition numérique est incontournable pour toute entreprise qui veut rester compétitive. Mais numérique, cela veut aussi dire data, système d'informations et cybercriminalité et là les entreprises sont très vulnérables. En juillet, sous l'impulsion de l'ANSSI (Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d'Information, ndlr), le gouvernement a publié des arrêtés pour obliger les opérateurs d'infrastructures sensibles à prendre des mesures pour protéger leurs installations. Les médias se font très régulièrement l'écho de cas de grandes entreprises victimes de cyberattaques et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg.

Comment peut-on mieux protéger nos entreprises du piratage ?
Mieux se protéger, c'est d'abord anticiper. Malheureusement, c'est souvent après une crise que le dirigeant d'entreprise va mettre en place des mesures de sécurité pour protéger son système d'informations. Quand on voit le cas de France 5 qui a perdu 4 à 5 millions d'euros lors de la cyberattaque dont elle a été victime, on ne peut que regretter que les moyens de prévention n'aient pas été mis en place avant, cela aurait coûté moins cher et aurait été beaucoup moins traumatisant. Quand on est dans la crise et dans l'urgence, les choix qui sont faits ne sont pas toujours les meilleurs en termes de rapport qualité-prix parce qu'on n'a plus le temps. Mieux vaut donc se faire accompagner de façon préventive, dans la sérénité. Le dirigeant d'entreprise doit aujourd'hui impérativement intégrer le numérique parmi les outils qu'il doit piloter et s'entourer de professionnels compétents, qu'ils soient internes ou externes.

Mais ce sont plutôt les grandes entreprises qui sont victimes de cyberattaques ?
Ce sont celles dont on entend le plus parler mais les petites entreprises sont tout autant visées. Très récemment, une PME charentaise de 200 personnes a dû mettre la clé sous la porte suite à une escroquerie au Président. Aux Etats-Unis, des dizaines de cliniques privées ont simultanément été victimes de ransomwares. Les pirates confisquent leurs données et leur réclament une somme d'argent pour pouvoir les récupérer. La somme n'est pas très élevée, 100 à 300 $, mais multiplié par 1000, 10 000 ou 100 000, le butin devient conséquent. Car le cyberpirate d'aujourd'hui, ce n'est pas un ado boutonneux dans son garage, mais des réseaux criminels mondiaux très bien organisés et contre lesquels il est difficile de lutter. Tout le monde peut être touché : artisan, commerçant, profession libérale… Le numérique est une tendance de fond, l'innovation va être continue pendant au moins les 200 prochaines années alors l'éducation à la cybersécurité doit commencer dès l'école.

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