Claire Lambert - Fizzer : Je n’ai jamais été aussi proche de mes collègues que depuis que je suis 100% en télétravail

Je n’ai jamais été aussi proche de mes collègues que depuis que je suis 100% en télétravail

management-sst - Organisation du travail
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Claire Lambert - Fizzer
Claire Lambert
responsable communication
Fizzer

Claire Lambert fait partie de ces gens qui travaillent en « full remote », c’est-à-dire 100% en télétravail et ce, bien avant le premier confinement. Son entreprise, Fizzer possède des bureaux en Normandie, mais elle et ses collègues vivent et travaillent partout dans le monde.

Comment fonctionne votre entreprise, Fizzer ?
Historiquement Fizzer propose d’envoyer des cartes postales personnalisées avec vos propres photos. Récemment nous avons développé d’autres services : faire-part, album photo, gazette, carte-postale aimantée… Nous avons des bureaux en Normandie, où sont les cofondateurs et notre service d’impression. Le reste des salariés est éparpillé.
Personnellement, je reviens de trois mois au Mexique, nous avons un développer à Bali, un des fondateurs est en Pologne, une autre personne en Colombie. Les autres sont en Savoie, à Paris, dans le Jura, près de Pau…
Nous nous retrouvons tous deux fois par an. Une fois en France et une fois à l’étranger. Nous passons quatre jours tous ensemble à travailler et à faire un peu la fête.

Comment travaillez-vous au quotidien ?
Chez Fizzer nous travaillons en asynchrone. Nous avons le choix de nos horaires. Mon responsable me dit toujours : « Si tu mets 2h ou 8h à faire un truc je m‘en fiche, ce qui compte c’est le résultat. » Je sais que je suis plus efficace le soir. Je peux abattre en 1h ce que je ferai en 3h dans l’après-midi. Donc j’aménage mes journées comme je veux. C’est idéal pour être plus productif ! nous savons bien que dans une entreprise classique quand nous avons terminé les trucs à faire, nous nous ennuyons, nous tournons en rond.
En contrepartie j’ai toujours mon ordinateur avec moi, que l’entreprise m’a donné à mon arrivée. Fizzer nous donne aussi un budget illimité pour l’achat de ressources pour travailler, comme des livres par exemple. J’ai aussi un budget annuel pour du matériel de bureau comme une chaise, une souris, etc et chacun peut aussi louer un espace dans un coworking, avec un budget maximum de 2000€ par an.

Est-ce que pour communiquer avec vos collègues vous passez votre vie en visio ?
Nous n’avons qu’un seul impératif : la réunion du jeudi à 14h, heure française. Et nous avons aussi un point en one to one avec notre manager, toutes les deux semaines, à un horaire qui nous arrange tous les deux.
Au quotidien, nous utilisons Slack pour communiquer et Notion pour stocker les documents, des infos. Sur Slack, idéalement, dès que quelqu’un part de son poste, il prévient. Comme ça tout le monde sait que la personne n’est plus disponible. Il suffit de dire « je vais faire une course de 30 minutes, je reviens » ou juste de mettre « Away from keybord (AFK) + la durée ».

Quel rapport avez-vous avec votre entreprise, vos collègues ?
J’ai une affection particulière pour l’entreprise. Dans une organisation « classique », il faut aller au bureau, prendre le métro et nous n’en avons pas forcément envie. Là, à chaque fois que je me pose derrière mon ordinateur, c’est un moment où j’ai envie et où je suis productive. Dès que je sens que je ne suis plus productive, je vais faire autre chose.
Grâce à cette mentalité, les gens sont meilleurs et plus investis. Personnellement, j’ai toujours envie de faire plus. Parfois je travaille le week-end parce que j’adore ce que je fais. Comme je voyage en travaillant, je ne ressens pas le besoin de prendre des congés par exemple.
Je n’ai jamais été aussi proche de mes collègues que depuis que je suis en télétravail. Tout le monde discute avec tout le monde. Je n’ai jamais autant parlé de la vie quotidienne avec mes collègues. Sur Slack, par exemple, tous les lundis un robot pose une question du type « qu’as-tu fait ce week-end ? » et tout le monde répond, partage ses photos, ses histoires, etc. Quand on fait ça tous les jours, on finit par bien connaitre les gens.

Mais alors, quel est le revers de la médaille de ce mode de travail ?
Il faut arriver à couper. Ce n’est pas mal de faire 50h par semaine quand il faut, comme c’est pas mal de faire 20h si on a moins de travail. Avant je travaillais à des heures fixes, mais je ne produisais pas forcément plus. Maintenant, je m’arrête quand j’ai fini ce que je dois faire dans ma journée.
Ce type d’organisation nécessite une grande autonomie. Chez Fizzer, chacun est expert dans son domaine, chacun gère ses trucs. Nous ne recrutons de junior qui pourraient avoir besoin de contact fréquent et d’apprendre avec les autres.
Pour les personnes qui sont seules ou avec un conjoint qui n’a pas le même rythme, ça peut vite être déprimant et difficile de ne pas avoir le même rythme. C’est un vrai projet de vie. Le full remote c’est ma raison d’être. Ne pas avoir de temps de transport, ne pas devoir vivre à Paris, pouvoir voyager, travailler où on veut sans renoncer à une entreprise.