Comment limiter l’exposition aux poussières de silice cristalline ?

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Depuis le 1er janvier 2021, la silice de cristalline est inscrite comme agent cancérogène dans le code du travail. Présente notamment dans le sable, le béton, l’ardoise, le mortier, les parpaing, etc, elle représente un véritable risque pour la santé des travailleurs du BTP.


En France, près de 365 000 travailleurs seraient exposés à la silice cristalline dont une majorité d’artisans et de salariés du BTP, selon l’OPPBTP. L’inhalation des poussières de silice cristalline peut provoquer, en plus d’un inconfort immédiat, des maladies respiratoires et des cancers.

« La valeur limite d’exposition professionnelle de la silice cristalline quartz est de 0,1 mg/m3 d'air sur 8h00. Cette valeur ne doit pas être dépassée, en cas de dépassement, le chef d’entreprise doit mettre en place des mesures de protection adaptée », précise Clémence Rigaudeau, chargée de prévention à l’IRIS-ST.

L’institut de Recherche et d’Innovation sur la Santé et la Sécurité au Travail (IRIS-ST) et l’OPPBTP travaillent d’ailleurs en lien pour créer des outils de sensibilisation aux risques liés à la silice cristalline, qui n’existent que lorsque de la poussière est produite, autrement dit quand on casse, perce, gratte, coupe ou taille des matériaux qui en contiennent.

« Au quotidien les poussières de silice de cristalline, comme les poussières de bois, de ciment, de plâtre, peuvent provoquer une gêne, une irritation, de la toux. Mais des maladies plus graves peuvent se déclarer plus tard », détaille Clémence Rigaudeau.


Pour limiter l’exposition des opérateurs du BTP aux poussières de silice cristalline, l’IRIS-ST recommande plusieurs actions à mettre en place :

  • revoir l’organisation du chantier pour limiter le temps d’exposition et le nombre d’ouvriers exposés à ces poussières. Cela passe notamment par le balisage des postes de travail polluants et les rotations de postes.
  • mettre en place le travail à l’humide qui permet de rabattre les poussières sur le sol (sauf pour les poussières de bois). Pas encore très utilisé, le travail à l’humide se fait en arrosant les surfaces avant de raboter ou poncer, en installant des brumisateurs sur une zone à démolir ou en utilisant des outils avec apport d’eau (découpeuse, foreuse) par exemple.
  • installer une aspiration à la source, qui accompagne le matériel électro portatif tel que les ponceuses, les perforateurs, les scies circulaires, etc.

« Il faut privilégier les protections collectives, mais il faut aussi prévoir de donner des EPI aux opérateurs, comme des masques anti-poussières, lorsque les mesures collectives sont insuffisantes pour limiter l’exposition », ajoute Clémence Rigaudeau.

Pour parler en détail des poussières de silice de cristalline, mais aussi des autres poussières, des risques qu’elles engendrent et des solutions à y apporter, IRIS-ST organise un webinar sur ce sujet le 23 mars sur Préventica.

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