Reconnaissance des maladies professionnelles : de nombreuses disparités en Europe

cancers professionnels
sante-qvt - Maladies professionnelles
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29/07/2020 - Magali Rossignol

Selon les pays, le nombre de maladies professionnelles professionnelles reconnues peut varier de 3000%.


Comment expliquer que la France reconnaisse 258 maladies professionnelles pour 100 000 assurés tandis que l’Allemagne n’en compte que 81 ? Pourquoi une telle disparité entre pays sur la place des troubles musculosquelettiques au sein des MP (88% en France et 75% en Italie, 4% en Allemagne et 22% au Danemark) ? Y a-t-il vraiment davantage de cancers professionnels en Allemagne que partout ailleurs en Europe ?

La principale explication est à rechercher dans les différences entre systèmes de prise en charge. Ainsi, les volumes de maladies professionnelles reconnues sont fonction de la performance des systèmes de déclaration, mais aussi des conditions juridiques de reconnaissance propres à chaque pays et du mode d’instruction des cas soumis à l’organisme public d’assurance des maladies professionnelles.

Et si ces paramètres divergent d’un pays à l’autre, c’est parce qu’une maladie n’est pas professionnelle par essence. La plupart sont multifactorielles, c’est-à-dire que leur apparition renvoie à divers facteurs. Leur étiologie associe en effet un terrain héréditaire, des expositions environnementales et professionnelles, des facteurs de vie quotidienne…

Dans son nouveau rapport “Établir l’origine professionnelle d’une maladie”, EUROGIP apporte des éléments de réponse, en particulier concernant les maladies multifactorielles que sont les TMS, les cancers et les pathologies psychiques. Il approfondit les systèmes de reconnaissance en vigueur en Italie et au Danemark, respectivement très proche et très éloigné du système français.

Au-delà de l’intérêt que peut susciter une approche comparative des systèmes de reconnaissance pour expliquer les écarts statistiques entre pays, le rapport vise à apporter des éléments de réflexion sur le degré de souplesse ou d’adaptabilité des systèmes de prise en charge européens, confrontés à davantage de pathologies multifactorielles (certains cancers, maladies neurodégénératives, voire virus…).

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