Quel constat avez-vous fait concernant l’accidentologie chez dans le milieu de l’intérim ?

Chez R.A.S Intérim, nous avons un ADN très fort dans la logistique et le transport de marchandises. Et dans le transport justement, 90 % des accidents se produisent sur des véhiculent à l’arrêt ; 33 % ont lieu entre 20 h et 8 h du matin. Mais surtout, ils surviennent aussi bien lors de la prise de poste que lorsque l’on est habitué à sa tâche. En réalité, les accidents arrivent lors de situations banales, de gestes répétés, en manutention manuelle. Les explications sont multifactorielles. Des intérimaires peuvent changer de missions chaque semaine et doivent s’adapter à de nouveaux environnements de travail. Ca les expose à des risques tout comme la fatigue, les horaires décalés, le manque d’expérience etc. 

 

 

C’est ce qui a motivé l’élaboration de la stratégie « Prev’AT CAP 2026 » ?

R.A.S Intérim est un groupe de travail temporaire créé en 1969 qui propose une délégation de personnel intérimaire. Nous comptons 1000 collaborateurs permanents et 80 000 intérimaires délégués chaque année. En poste depuis 20 ans dans le groupe, j’ai pendant une longue période été responsable QSE. Je me suis alors aperçu des risques auxquels nos intérimaires étaient confrontés au quotidien et fut convaincu qu’il fallait mettre en place une stratégie ambitieuse : la stratégie « Prev’AT CAP 2026 ». L’objectif est de s’assurer que tout le monde prenne conscience de son rôle dans la prévention des risques en intérim. Premièrement, nous avons une approche globale de l’accompagnement et de la prévention. Nous misons sur la technologie, la réalité augmentée, des jeux… de la sensibilisation ludique. L’idée est d’agir sur tous les canaux qui nous sont offerts pour engager nos salariés intérimaires. Et deuxièmement, nous intervenons en amont en entreprise lors de visites de poste ; afin d’analyser les risques éventuels. Nous intervenons également sur place lors de visites sécurité afin de vérifier que toutes les conditions de travail soient bien correctes. Et enfin, nous demandons l’avis de l’employeur concernant le comportement de l’intérimaire ; tout comme nous permettons à l’intérimaire d’évaluer la mission. 

 

 

La communication est-elle le levier d’un processus d’anticipation ?

La sécurité ne fonctionne que si chaque partie prend ses responsabilités. Il faut absolument un échange entre l’entreprise utilisatrice et l’entreprise intérimaire. Notre approche de prévention se distingue par son principe de co-construction pour créer un cercle vertueux. Notre conviction c’est que la sécurité ne se joue pas qu’au moment de l’accident. Elle se développe collectivement en amont et grâce à un suivi avec tous les acteurs. Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. 

 

 

Quel recul avez-vous sur cette approche stratégique de prévention ? 

Notre recul est déjà statistique : depuis six ans, nos taux d’accidentalité baissent. Nous avons  trouvé le bon dosage pour montrer à nos clients l’importance de la sécurité au travail tout en offrant un cadre secure et épanouissant à nos salariés intérimaires. Nous continuerons à rappeler que la communication entre les trois parties est essentielle. C’est la clé de la réussite. Après tout, on travaille pour gagner sa vie, pas pour la perdre.

 

 

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