Pouvez-vous rappeler ce que sont les gestes de premiers secours ?
Nous parlons-là du panel de réactions lors d’un malaise ou arrêt cardiaque : de l’identification du problème à l’appel aux secours en passant par le massage cardiaque, s’il le faut avec défibrillateur. Car selon les derniers chiffres de l’Assurance maladie sur la mortalité au travail, l’arrêt cardiaque est la première cause de mortalité au travail en France. 60 % des accidents du travail mortels sont liés à un problème cardiaque (étouffement au repas du midi, arrêt cardiaque ou hémorragie liée à une blessure, ndlr). Or, concernant les premiers secours, les 4 premières minutes sont cruciales. Chaque minute qui passe et c’est 10 % de chances de survie en moins. Quand on sait que le temps moyen d’arrivée des secours en France est de 15 minutes, s’il n’y a pas quelqu’un qui masse, c’est trop tard. Le premier témoin est capital : s’il est formé au massage cardiaque on sauve une vie. L’enjeu c’est ça, il faut s’y attaquer.
Sommes-nous au point sur ces questions en France ?
50 000 personnes font un arrêt cardiaque chaque année en France, avec un taux de survie de 5 %. En Norvège, c’est 40 %. En France donc, on a quasiment aucune chance de survie à l’arrêt cardiaque contre presque une chance sur deux au nord du continent. La différence se fait lors de ce premier moment crucial. En France, 20 % de la population est formée aux gestes de premiers secours, contre 80% en Allemagne ou 90 % dans les pays nordiques. Même s’il y a une volonté politique, ça ne se traduit pas par des applications concrètes. Moins de 40 % des jeunes bénéficient de la formation aux gestes de premiers secours.
Comment améliorer la formation et la sensibilisation sur ces questions ?
Il faut que les entreprises forment massivement leurs salariés. Toutefois, les formations SST en entreprise durent 2 jours. Elles sont peu adaptées aux besoins des organisations. Chez D’un Seul Geste, nous avons fait le pari de modules courts ciblés sur le besoin de réaction immédiate. Notre formation, de seulement une heure, est plus accessible et facilement intégrable dans les plannings des entreprises. 20 minutes se déroulent avec un formateur, quand 40 minutes se passent en immersion. Les collaborateurs apprennent les gestes de premiers secours puis sont ensuite confrontés à des cas pratiques réalistes où le mannequin (connecté au casque, ndlr) se transforme en victime. C’est saisissant et incarnant. Ils vivent la situation d’urgence. Ainsi, la mémoire émotionnelle et physique permet d’ancrer les bons gestes pour longtemps. Un an après leur formation, 75 % des gens se disent toujours capables de les accomplir. C’est énorme. Bien sûr, nous conseillons de réassister à des formations tout au long de sa vie.
Êtes-vous confiants quant à la volonté des employeurs à s’emparer de ce sujet ?
On voit bien que les employeurs sont en train de prendre conscience de son importance. Et puis, nous recevons régulièrement des témoignages d’entreprises ayant pris part aux formations, qui nous disent que des employés formés ont pu sauver une ou plusieurs vies. Nous avons des belles histoires comme cela tous les jours ! Nous avons la sensation d’augmenter la sécurité dans les entreprises certes, mais aussi d’améliorer la résilience de la société. On le constate, les citoyens sont prêts à porter attention à l’autre.
En savoir plus :
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