De quoi parle-t-on lorsque nous évoquons l’accessibilité des bâtiments ?

Il s’agit de permettre à tout à chacun, quel que soit son handicap, de pouvoir rentrer et évoluer partout dans les établissements recevant du public (ERP, ndlr). En 2005, on a touché la prise de conscience et défini un ensemble de normes en obligeant à se mettre en accessibilité : à l’extérieur des sites (places de parkings, portes d’entrée etc.) comme à l’intérieur (une circulation pensée pour tous). 

 

 

21 ans après la première loi de 2005 sur le sujet, où en sommes-nous en France ?

Grâce à cette loi, des choses ont été faites. Le cadre réglementaire a produit de la stimulation. Le gros problème c’est que nous n’avons pas concrétisé cette percée. Aujourd’hui, il y a seulement 1/3 des établissements qui sont accessibles aux personnes en situation de handicap voire aux personnes à  mobilité réduite. Il y a un million d’ERP en France, sur laquelle la loi de 2005 s’est appuyée : seulement 300 000 sont accessibles actuellement.

 

 

Qu’est-ce qui explique ce manque de progrès selon vous ? Quels sont les manques récurrents ?

La loi a laissé les gens se débrouiller par eux-mêmes, ce qui a entraîné une latence. Les professionnels ne savaient pas par quel bout prendre cet enjeu. Et 2 ans après le laxisme durant le Covid-19, les Jeux 2024 ont montré que la France n’était pas accessible (transports en commun, équipements urbains etc.) contrairement à beaucoup de ses voisins européens. Les manques sont encore nets. De nombreux cheminements extérieurs ne sont pas aménagés par exemple, à commencer par les marches à l’entrée des bâtiments. En intérieur, c’est souvent le cheminement vers l’accueil qui pose problème. Et cela alors que l’accessibilité dépend à la fois du type de handicap et du type d’établissement. Il peut y avoir besoin de balises sonores, de rails de guidage, de rampes etc. On le rappelle, il n’y a pas que le handicap moteur.

 

 

Quels conseils donneriez-vous aux chefs d’entreprise voulant s’emparer de ce sujet ?

Je conseillerais de ne pas attendre pour s’emparer du sujet. Ensuite je dirais de toujours passer par un professionnel pour faire un état des lieux et comprendre le parcours de toute personne dans son propre établissement. Après cette étape, j’insiste sur le besoin de faire de la priorisation lors des travaux. Ne faites pas tous les aménagements en même temps, commencez par les travaux qui auront le plus d’impact sur l’autonomie et la sécurité des visiteurs. Enfin, faites vous accompagner et bien accompagner (subventions, prestataires) dans la coordination des travaux afin d’être efficaces.

 

 

Comment faire pour actionner une nouvelle marche en avant sur l’accessibilité ?

On voit souvent l’accessibilité comme une contrainte réglementaire. Or, il faudrait que la prise de conscience soit humaine. C’est le message qu’on voudrait faire passer. Nous appelons à plus de communication sur le sujet, à de la sensibilisation. Des sociétés peuvent vous accompagner de A à Z, des solutions existent. Il ne manque pas forcément de la réglementation, qui est opérante. Le sujet c’est de la transformer en action concrète et positive.

 

 

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