Les nanoparticules ou particules ultrafines désignent des éléments de matière, manufacturés et destinés à des usages industriels, dont au moins une des dimensions est inférieure à 100 nanomètres. Elles entrent dans le champ de fabrication de nouveaux matériaux. Mais, il est admis que la matière ainsi créée possède des propriétés (mécaniques, optiques, chimiques, biologiques…) inattendues et souvent totalement différentes de celles des mêmes matériaux à l’échelle micro ou macroscopique. Si les nanotechnologies ouvrent la voie à de nombreuses possibilités d’innovation dans le domaine de l'énergie, de la santé, etc., elles nécessitent néanmoins la prise en compte de nouveaux paramètres pour garantir la sécurité des personnels au contact de ces nouveaux produits chimiques.
Les études expérimentales réalisées sur l’animal et sur l’homme
(exposition contrôlée) sont encore parcellaires. Mais elles
permettent d’envisager un certain nombre d’effets sur la santé.
Les particules pénètrent rapidement, par voie respiratoire
essentiellement (comme pour les autres poussières), dans
l’organisme et notamment dans le sang et les organes vitaux.
Elles pourraient être responsables d’une augmentation des
problèmes respiratoires ou cardio-vasculaires et accroître le
risque de cancers.
Ainsi, sans vraiment fixer de seuil de risque, le ministère du
Travail, de l'Emploi et de la Santé précise sur le site
Travailler-mieux.org : « Les premières études
toxicologiques réalisées par différents laboratoires
internationaux montrent que les nanomatériaux, selon leur nature
(taille, composition chimique, pureté, réactivité de surface,
solubilité, forme et capacité d’agrégation), sont susceptibles
d’induire des effets spécifiques nocifs par contact, inhalation
et/ou ingestion ».
Pour garantir la sécurité du personnel, les nanotechnologies
imposent notamment de nouvelles méthodes de manipulation, de
filtration, de décontamination et de protection individuelle.
L’objectif est d’éviter que des nanoparticules ne s’accumulent et
restent en suspension dans
l’air.
De nouvelles exigences apparaissent. D’une part, les entreprises
doivent se donner les moyens de mesurer précisément la
concentration en nanoparticules de l’air de leurs locaux et
prévoir des procédures d’alarme en cas de dépassement de seuil.
D’autre part, il est indispensable de procéder au confinement et
à la captation des polluants à la source, à la filtration de
l’air extrait et à une maintenance régulière des dispositifs
d’extraction, à un nettoyage fréquent des sols, des équipements
et des surfaces de travail à l’aide de matériels adaptés.
L’INRS se consacre, depuis plusieurs années, à l’évaluation des effets des nanoparticules et à la prévention des risques qu’ils génèrent. Du 5 au 7 avril, au Palais des congrès de Nancy, en partenariat avec le réseau européen Peroch, l’Institut organise une conférence scientifique internationale sur les risques liés aux nanoparticules et aux nanomatériaux pour la santé au travail.
Pour en savoir plus :
- le dossier d’Actu environnement :
http://www.actu-environnement.com/
- Le programme de la Conférence INRS Nano 2011 :
http://www.inrs.fr/