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Risque incendie : causes, conséquences et moyens de lutte

En France, chaque jour, des incendies plus ou moins graves se déclarent en environnement professionnel.

Si le nombre de victimes directes (morts, brûlés, intoxiqués par les fumées) est relativement faible, le risque économique est très élevé. Sur 4 entreprises qui brûlent, près de 3 ne reprennent pas leur activité.

La prise en compte du risque incendie en prévention est essentielle pour éviter la fermeture temporaire ou définitive de l'établissement à la suite d'un sinistre.


Les causes : multiples et souvent imprévisibles

Les sources d'inflammation sont de trois ordres :

Energétiques :

o thermiques (surfaces chaudes, appareils de chauffage, flammes nues, travaux par point chaud)
o électriques (étincelles, échauffements dus à la vétusté, la non-conformité des installations ou les surcharges électriques)
o électrostatiques (les étincelles peuvent intervenir comme énergie d'activation), mécaniques (étincelles, échauffements….)
o chimiques (réactions exothermiques, emballement de réaction…)

Humaines :

o cigarettes (l'extrémité d'une cigarette allumée atteint plus de 700 °C)
o négligence
o malveillance…

Naturelles :

o bactériologiques (la fermentation bactérienne peut échauffer le milieu)
o climatiques (foudre, soleil…).

Le mécanisme de la combustion
L'incendie est une combustion qui se développe sans contrôle dans le temps ni dans l'espace. La combustion est une réaction chimique d'oxydation d'un combustible par un comburant, nécessitant une source d'énergie pour être initiée.
Pour que « ça brûle », il faut donc du combustible, du comburant et une source d'énergie. C'est ce que l'on appelle le « triangle du feu ».

L'absence d'un des 3 éléments du triangle empêche le déclenchement de la combustion


Des conséquences lourdes sur les plans humain, matériel, économique et environnemental

L'incendie d'un établissement industriel ou commercial a des impacts, directs et indirects, sur l'homme, l'entreprise et l'environnement.

Le coût humain est important pour la victime et ses proches : intoxication liée aux fumées et gaz, asphyxie, brûlures (la température des flammes peut aller de 600 à 1200°C), blessures liées à l'effondrement des structures, angoisse ou stress liés à la fermeture de l'établissement (incertitude face à l'avenir), handicap, décès ...

Par ailleurs, un incendie a des conséquences financières, pour le salarié qui peut perdre son emploi et pour le chef d'entreprise : ce dernier en assume quasiment toutes les conséquences financières (indemnisation des victimes, remplacement du matériel, reconstruction des locaux, arrêt de la production…).
On déplore généralement de gros dégâts (fermeture plus ou moins longue de l'entreprise) auxquels vient s'ajouter une perte d'exploitation plus ou moins grave : perte de données informatiques n'ayant pas été copiées, destruction des stocks et des outils de production, sous-traitants se tournant vers d'autres clients, dégradation de l'image de marque…
Les conséquences d’un incendie pour l’entreprise sont souvent économiquement irrémédiables : dans près de 70% des sinistres, l’entreprise disparaît et le personnel se retrouve au chômage.

L'entreprise n'est pas la seule à être endommagée en cas de sinistre : l'environnement en subit également les conséquences : pollution de l'air par les gaz de combustion, des sols, de l'eau par les produits extincteurs et les eaux de ruissellement, pollution visuelle (dégradation du paysage), production de déchets parfois non destructibles.

 

La fumée tue plus que les flammes
Les incendies provoquent un nombre limité de morts et de brûlés. Les victimes d'un incendie meurent le plus souvent asphyxiées ou intoxiquées par les fumées :
- L'asphyxie est liée au manque d'oxygène dans l'air : lors d'un incendie, le taux d'oxygène, normalement d'environ 21 %, diminue rapidement,
- L'intoxication est due aux produits de combustion : le monoxyde de carbone (CO), inodore et non décelable, reste le toxique principal,
- La température peut rapidement dépasser les 100°.
De plus, l'opacité des fumées gêne l'évacuation des occupants (perte des points de repère) et rend plus difficile l'intervention des secours.
Pour toutes ces raisons, la réglementation française en matière de lutte contre l'incendie est axée sur l'évacuation des personnes et le désenfumage.


Que faire en cas d’incendie ?

L'évacuation du personnel

L'évacuation est la mise à l'abri d'un danger imminent, du personnel et du public (dirigés vers une zone de sécurité souvent à l’extérieur des locaux). Il ne faut pas prendre une alarme à la légère et ne jamais la considérer comme un simple exercice (pas le temps de le vérifier ; chaque minute compte).

Les quelques règles suivantes permettent d'évacuer les lieux en toute sécurité :

- Cesser immédiatement le travail,
- Eteindre les appareils électriques
- Fermer les fenêtres,
- Evacuer les lieux en tirant les portes derrière soi et se diriger vers la sortie de secours la plus proche et dégagée des fumées, en empruntant le chemin le plus court (si les lieux sont enfumés, il faut se baisser, l'air frais se trouve près du sol),
- Ne jamais utiliser les ascenseurs et les monte-charges, même pour les personnes handicapées,
- Ne jamais revenir en arrière, quelle qu'en soit la raison,
- Garder son calme et se conformer aux instructions de la Direction, de l'équipe d'évacuation et / ou des services de secours,
- Rejoindre le point de rassemblement (au moindre doute sur l'absence d'un(e) collègue resté(e) dans l'établissement, prévenir immédiatement les secours),
- Aider les personnes handicapées à sortir rapidement. Lorsque ce n'est pas possible, les éloigner loin du sinistre et les placer dans une pièce près d'une fenêtre accessible aux pompiers de l'extérieur. Ne pas les laisser seules et faire prévenir les secours.

Ces consignes de sécurité sont affichées dans l'entreprise et tout salarié doit en prendre connaissance afin de savoir comment agir en cas d'incendie.

Plusieurs équipes d'intervention sont déterminées:

• une première, est chargée de donner l'alerte, combattre le feu au départ de l'incendie, mettre en œuvre les moyens de premiers secours et rendre compte de la situation avec les moyens disponibles sur place
• La seconde équipe, qui doit avoir reçu une formation adaptée (risque incendie, évolution en milieu hostile, connaissance des lieux, des cheminements et des accès pompiers, identification des risques particuliers de l'établissement..), a pour mission de rejoindre le point de rassemblement de l'équipe dès réception du signal d'alarme, de se munir des moyens de premiers secours à sa disposition, de mettre en œuvre tous les moyens de lutte contre l'incendie, d'accueillir et guider les secours extérieurs et de rendre compte de la situation en signalant la localisation du sinistre.

Un dossier technique, aide mémoire indispensable pour les équipes de sécurité, pourra être constitué où figureront les différentes installations techniques (ascenseurs, locaux électriques, moyens de secours, dangers potentiels...) et les premières mesures à prendre.
Des exercices d'évacuation, préparés et non improvisés, doivent être organisés pour sensibiliser le personnel et réduire le temps total d'évacuation. La direction de l'entreprise n'est pas tenue d'informer le personnel à l'avance lors de l'organisation des exercices. Les sapeurs-pompiers peuvent apporter leur aide mais celle-ci n'est pas obligatoire.

L'alarme est un avertissement donné par l'entreprise au personnel (et au public dans certains cas), par un signal sonore et/ou visuel à l'intérieur de l'établissement et informant d'un danger généralement invisible et inodore de l'endroit ou l'on se trouve. Toutes les personnes présentes doivent évacuer rapidement et dans le calme l'établissement.
L'alerte est la retransmission vers les services de secours publics. Elle est transmise en général par le téléphone urbain, mais peut également l'être par ligne directe, avertisseur privé ou personne extérieure. Il faut prévoir l'accueil des services de secours à l'entrée de l'établissement dès que l'alerte est donnée.

 

Les moyens d'extinction

Les matériels de première intervention

Les R.I.A. ou Robinets d'Incendie Armés constituent de puissants moyens de secours de première intervention. Ils sont implantés à l'intérieur des bâtiments, le plus près possible des risques à protéger, bien signalés et doivent pouvoir atteindre toute la surface des locaux (dans les locaux à risques importants, tout point de la surface doit pouvoir être atteint par au moins deux jets de lance).

Les extincteurs sont des appareils contenant un produit extincteur qui peut être projeté et dirigé sur un début de feu par l'action d'une pression. On distingue 3 catégories d’extincteurs :

- les extincteurs portatifs à pression permanente ou à pression auxiliaire
- les extincteurs mobiles, plus efficaces que l’extincteur portatif car contenant un volume plus important d’agent extincteur
- les extincteurs fixes


Le choix d’un extincteur se fait en fonction du type de feu à éteindre :

- feux de classe A : entrainés par des objets secs tels que le bois, la paille, les rideaux,…
- feux de classe B : ce sont des feux causés par des liquides inflammables comme le pétrole ou l’essence
- feux de classe C : ils sont déclenchés par du gaz tel que le méthane ou le propane
- feux de classe D : ils sont entrainés par des métaux comme l’aluminium, le potassium,…

L’agent extincteur contenu dans l’extincteur peut être de l’eau le plus souvent associée à une autre substance ou à un émulseur, de la mousse, de la poudre contenant divers agents chimiques selon la nature du feu à laquelle elle est destinée, ou du dioxyde de carbone.


Les matériels de deuxième intervention

Les matériels de deuxième intervention sont constitués :

- des bouches et poteaux incendie
- des colonnes sèches et colonnes humides
- des installations fixes d’extinction automatique

Les poteaux et bouches incendie sont destinés à raccorder les tuyaux. Généralement installés à l’extérieur des locaux, ils peuvent être utilisés par le personnel de seconde intervention et surtout par les sapeurs-pompiers.
Ils doivent impérativement être incongelables, visibles et accessibles en toute circonstances.

Les colonnes incendie sont des tuyauteries d’incendie essentiellement installées dans les ERP et IGH. Elles sont munies à chaque niveau du bâtiment d’une ou plusieurs prises, permettant aux sapeurs-pompiers d’y raccorder leurs tuyaux.

Les installations fixes d’extinction automatiques comprennent toujours 5 éléments :

- la source ou réserve de produit extincteur,
- le réseau de distribution de l’agent extincteur,
- les diffuseurs,
- le dispositif de mise en oeuvre,
- le dispositif d’alarme.

On distingue dans les installations fixes d’extinction automatique :

- Les installations d’extinction de type sprinklers
- Les installations d’extinction à gaz

Le sprinkler est un système d’extinction comportant une tête contenant une ampoule ou un fusible qui éclate sous l’effet de la chaleur dégagée par un début d’incendie. Le flux d’eau est alors libéré pour contenir l’incendie jusqu’à l’intervention des secours ou la fermeture manuelle des vannes.

Le dimensionnement du réseau se fait grâce à l’analyse du risque à protéger, classifiés selon la règle R1 de l’APSAD :

- Risque à faible potentiel calorifique (RFPC)
- Risques Courants (RC)
- Risques Très Dangereux (RTD)
- Risques Spéciaux (RS)

Il existe trois types d’installations sprinkler :

- Installations de sprinkler sec ou humide : il s’agit de l’installation sprinkler la plus courante comportant une tuyauterie sous eau ou, sous air, s’il y a un risque de gel
- Installations déluge : l’installation est activée de sorte que toute la surface est protégée. Ce système convient particulièrement pour la protection de transformateurs et le refroidissement de réservoirs de stockage.
- Installation à mousse : ces installations sont particulièrement adaptées en cas de risques spéciaux ou de protection de produits à haute valeur ajoutée

Les installations d’extinction à gaz sont utilisées lorsqu’il y a nécessité de protéger des matériels de grande valeur ou pour lesquels l’eau ne peut être employée.

Les gaz pouvant être utilisés dans ces systèmes peuvent être répartis en deux familles :

- les gaz agissant par étouffement : Azote, Argon, Argonite (50 % azote, 50 % argon), Inergen (52 % azote, 40 % argon, 8% CO2)
- les gaz agissant par inhibition : FM200 (CF3CHFCF3), FE13 (CHF3)

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