Antoine Plard - ateliers Jouffre : De l’importance d’expérimenter pour la QVT

De l’importance d’expérimenter pour la QVT

ORGANISATION DE LA PREVENTION ||
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Antoine Plard  - ateliers Jouffre
Antoine Plard
Directeur général
ateliers Jouffre

À l’occasion du salon Préventica Lyon ’21, le directeur général des ateliers Jouffre est revenu sur la mise en place de démarches QVT au sein de son entreprise. Les détails de cette initiative avec Antoine Plard.

Comment la QVT a-t-elle évolué au sein de votre organisation ces dernières années ?
Aujourd’hui, nous faisons face à un nouveau défi. Nous sommes arrivés à un virage, où le renouvellement de nos collaborateurs est essentiel, avec l’arrivée de nouveaux savoir-faire et de jeunes talents. Il est donc important de réussir à attirer des générations dont les modèles sont bien différents de ceux qui existaient avant.

La QVT est un des arguments que nous mettons en avant, car nous estimons que c’est une attente forte parmi ces générations, en plus de constituer un bénéfice pour les précédentes. Donc nous testons plein de choses aujourd’hui.
Nous avons notamment mis en place une écoute mensuelle de chacun des collaborateurs, avec des entretiens individuels avec les managers. Nous avons aussi des « repas multidisciplinaires » pour que chacun puisse échanger sur ce qu’il vit au quotidien. Nous expérimentons depuis près de deux ans.
Nous avons refait intégralement nos locaux pour nous recentrer sur le métier et l’humain. Tout cela, ce sont des habitudes qui sont en train d’être prises pour que nos collaborateurs se sentent bien et souhaitent poursuivre l’aventure avec nous. Beaucoup sont attirés par le statut d’indépendants, donc nous souhaitons aussi leur accorder beaucoup d’autonomie et de latitude dans les missions.

Comment se construisent ces expérimentations ?
C’est à la fois une co-construction avec les collaborateurs et un travail de recherche, en prenant en compte les retours et les expériences des années précédentes. Nous avons également mis en place un questionnaire de satisfaction l’année dernière qui nous servira de base pour notre évolution.

Aujourd’hui, nos préoccupations principales sont le recrutement, le bien-être de nos collaborateurs et la mise en place d’un cadre positif. Nous n’avons pas d’objectif précis, marqué dans le temps. Mais nous souhaitons observer une progression, et voir que chacun peut se sentir acteur de cette stratégie-là. Stabiliser nos effectifs c’est notre premier défi, puis rendre nos collaborateurs de plus en plus performants par le plaisir au travail. Ce sont des choses qui vont obligatoirement avoir un retour sur investissement.

Quelle est votre définition de la QVT ?
Nous avons une bonne QVT quand on arrive à donner un sens à ce que l’on fait. Et le sens, selon nous, c’est le fait d’être utile et de se sentir écouté. Mettre en place une démarche d’amélioration de la QVT, c’est répondre à ces attentes auprès de nos collaborateurs. C’est, dans un certain sens, l’orientation vers l’autre. Il faut donc mettre à disposition des outils de collaboration, de partage, qui permettent de donner du sens au travail collectif.

Que retirez-vous de cette expérience ?
Nous mettons toute notre énergie et notre bonne volonté dans cette démarche, en espérant qu’elle porte ses fruits. Nous encourageons les entreprises à tenter plein de choses ; nous ne sommes jamais ridicules à aborder ces sujets-là. On peut se tromper, avoir l’air un peu naïfs, mais le but du jeu c’est aussi d’intégrer cela dans nos stratégies. Pour cela, il faut rester humbles, et en même temps ambitieux.