Cécile Lechère - MMA : Risque routier : les chefs d’entreprise n’y pensent pas
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Risque routier : les chefs d’entreprise n’y pensent pas

MOBILITE ET SECURITE ROUTIERE || Sécurité routière
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Cécile Lechère  - MMA
Cécile Lechère
En charge de la prévention des risques routiers
MMA

78 % des dirigeants ignorent que le risque routier est la première cause d’accident mortel en entreprise, selon un sondage IFOP réalisé pour MMA. Plutôt que de diminuer, ce chiffre reste stable depuis 5 ans. D’après Cécile Lechère, cette donnée illustre un manque d'actions de prévention dans les organisations.

Comment le sondage a-t-il été mené ? Quelles sont ses conclusions ?
En 2019, nous recensons 406 personnes décédées sur les routes lors d'un déplacement lié au travail. Cela fait des accidents de la circulation la première cause de mortalité dans le cadre professionnel. C'est de ce constat qu'est née notre volonté chez MMA de poursuivre une nouvelle étude. Du 5 au 16 octobre 2020, nous avons interrogé près de 500 dirigeants d’entreprises représentatives des TPE et PME. Nous avons ensuite comparé les résultats avec une autre étude que nous avions menée en 2016 avec l’IFOP, afin de faire une comparaison sur 5 ans. Notre constat principal, c’est qu’il persiste malheureusement une grande méconnaissance du risque routier professionnel chez les dirigeants de TPE-PME.

Le chiffre clé, c’est que 78% des dirigeants ignorent toujours que le risque routier est la première cause d'accidents mortels en entreprise. Mais ce chiffre reste stable depuis 2016. Par ailleurs, seulement 19% des chefs de TPE/PME qui ont mis en place des actions de prévention au sein de leur entreprise. Donc là aussi, il y n’a pas d'amélioration. Mais il ne s’agit pas de mauvaise volonté ; lorsqu’ils sont interrogés, 59% des dirigeants expliquent simplement ne pas y avoir pensé. C’est la raison la plus évoquée depuis 2016. De plus, lorsque nous constatons des actions de prévention, ce sont des souvent des actions très basiques comme la vérification de l’état des véhicules ou de la validité des permis de conduire. Cela montre l’importance de sensibiliser continuellement.

Les seuls chiffres en évolution dans les actions mises en place, c’est l’instauration d’un droit à la déconnexion des salariés sur les trajets professionnels qui a fortement augmenté – près de 17 points en 3 ans -, ainsi que la mention du risque routier dans le document unique d’évaluation des risques professionnels des entreprises. Sur ce dernier point, la pratique reste cependant toujours minoritaire.

Quels ont été les impacts de la crise sanitaire sur les constats de votre étude ?
La crise sanitaire a favorisé le recours aux véhicules personnels, mais elle s’est aussi accompagnée d’une hausse des comportements à risques sur des routes moins fréquentées. Lors du premier confinement, nous avons constaté une explosion des excès de vitesse. 7% des dirigeants ont par ailleurs déclaré avoir mis en place des mesures spécifiques pour favoriser l'utilisation des véhicules personnels de la part de leurs salariés, particulièrement dans le secteur du BTP.

Comment  améliorer la prévention du risque routier ?
Nous développons constamment des outils de prévention, afin d’apporter des solutions simples et concrètes pour diminuer les risques. Cela peut passer par l’établissement de chartes de bonne conduite, de sessions de sécurité routière, d’une diminution des déplacements… Mais c’est un travail à long terme. Nous comprenons bien que la prévention des risques routiers n’est pas forcément prioritaire pour les dirigeants, mais toutes les petites actions peuvent faire une grande différence.

Nous constatons également l’émergence de nouvelles mobilités pour les trajets professionnels ; le vélo, la trottinette… C’est une bonne chose pour la planète et la santé des salariés, mais ces pratiques ne sont pas sans risques non plus. Il est donc aussi important d’adapter la prévention aux nouvelles pratiques.