La plateforme de référence pour un environnement de travail sain et sécurisé

La France a fait des progrès considérables en cyberdéfense, mais suffiront-ils ?

Jean-Marie Bockel a été missionné en 2012 par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées pour réaliser un rapport d'information sur la cyberdéfense, en préparation du nouveau livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. A l'époque, 10 priorités d'action avaient été établies. 3 ans après, où en sommes-nous ?

Pensez-vous que la France soit aujourd'hui suffisamment armée face aux cybermenaces ?
Elle est en voie de l'être. Il est vrai qu'il y a une dizaine d'années, nous accusions un certain retard sur ces questions par rapport à de grands voisins européens plus avancés, comme l'Allemagne et le Royaume-Uni.
Mais depuis, il y a eu une vraie prise de conscience de la portée des sujets de cybersécurité.
L'attaque informatique de l'Estonie en 2007, le virus Stuxnet en 2010 ou plus récemment l'affaire Snowden ont mis en exergue la vulnérabilité de nos organisations. La protection des systèmes d'informations relève d'enjeux stratégiques de souveraineté nationale et de protection de notre économie et de nos richesses.
Au niveau des pouvoirs publics, la montée en puissance de l'ANSSI ou le renforcement du pôle cyberdéfense au sein de l'Etat major des armées ont été des étapes importantes dans le renforcement de notre capacité de cyberdéfense. Dans la foulée, la nouvelle loi de programmation militaire augure un achèvement de notre mise à niveau à l'horizon 2015.

Dans le domaine industriel, l'avancée est-elle aussi rapide ?
Nous avons en France de grandes entreprises issues du monde spatial ou militaire qui sont déjà très impliquées dans le cyberespace. Ces entreprises ont développé des systèmes avancés pour la préservation de leurs données essentielles mais aussi et surtout une culture du bon sens, de ce que l'on appelle "l'hygiène informatique". Aujourd'hui il s'agit d'étendre ces bonnes pratiques à tous les niveaux de l'économie. En sécurité informatique, le comportement humain est la première variable de travail.

Et pour ce qui concerne le simple citoyen, le message de prudence est-il bien passé ?
Je pense que oui. Chacun est conscient aujourd'hui que la navigation dans le cyberespace nécessite quelques précautions, qu'il faut faire attention notamment avec sa carte bancaire. Toutefois les cyberfraudeurs sont très réactifs, et imaginent en permanence de nouvelles stratégies d'attaques. Il faut donc que tout un chacun acquiert quelques réflexes simples qui pourraient régler 80% des problèmes. Nous devons lancer de nouvelles campagnes d'information destinées à sensibiliser nos concitoyens. Je m'interroge également sur les jeunes générations très technophiles, tellement familières avec l'internet qu'elles peuvent en oublier les dangers.

Ndlr Jean-Marie Bockel a apporté son regard d'expert de la cybersécurité le 8 avril à Casablanca pour le premier rendez-vous international du Forum TAC (Technology Against Crime) consacré aux nouveaux enjeux mondiaux de la sécurité, dans le cadre de Préventica Maroc.

En savoir plus


Sur le même sujet

Alexandra BARBERIS CLUSIR Aix Marseille

"Il y a encore trop peu de femmes dans la cybersécurité"

Alexandra BARBERIS - Vice-Présidente
CLUSIR Aix Marseille

Loïc LEROUGE CNRS-Université de Bordeaux

"Entre protection de la vie privée et droit de la santé au travail, quelles frontières ?"

Loïc LEROUGE - Directeur de Recherche
CNRS-Université de Bordeaux

Alexandra LE GALL AGREPI

"Les Agrépistes sont une grande famille"

Alexandra LE GALL - Déléguée Régionale Auvergne-Rhône Alpes
AGREPI

Présents à Préventica

Voir l'ensemble des partenaires