Délégué à la protection des données : un profil encore flou

protection des données personnelles
securite-information - Sécurité de l'information
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28/08/2020 - Magali Rossignol

Une étude menée par le Ministère du travail révèle un portrait contrasté entre utilité de la fonction et manque de moyens.


L’étude 2020 dévoile des profils de DPD/DPO qui se diversifient : « si les domaines juridiques et informatiques restent prépondérants, les champs d’expertise professionnelle d’origine se diversifient. Les profils issus des domaines de l’administratif, la finance, la comptabilité et la qualité/conformité/audit, se développent. »

L’étude s’est également intéressée aux moyens fournis aux DPD/DPO pour exercer leurs missions. Des moyens très différents selon les cas : 43 % des DPD/DPO consacrent moins d’un quart de leur temps de travail à leur mission, un tiers seulement ont un budget en 2020 (ou peuvent bénéficier facilement des budgets d’autres services). La moitié des délégués dispose d’une lettre de mission, et près d’un tiers estiment que leur fonction n’est pas clairement définie.

Globalement la prise en compte des enjeux par les responsables de traitement progresse depuis 2019, plus particulièrement pour les enjeux de confiance numérique (+ 15 points sur la part de « Très important » à « Crucial ») et sur les enjeux de Cyber sécurité (+10 points sur la part de « Très important » à « Crucial »). D’ailleurs, les trois quarts des DPD/DPO internes et mutualisés estiment que leur direction a plutôt bien ou tout à fait compris le rôle, les missions et les prérogatives du DPD/DPO, en forte progression par rapport à 2019 où les DPO étaient seulement un peu plus de la moitié à exprimer cette perception.

L’étude 2020 a approfondi la manière dont les Délégués à la protection des données perçoivent leur mission : 93 % d’entre eux sont convaincus de l’utilité de leur fonction pour leur structure, comme de l’utilité sociale de la protection des données personnelles.

Mais les DPD/DPO avouent vivre des situations compliquées : le manque de moyens est la première des causes citées (40 %) avant la difficulté d’accès aux informations (28 %) ; 20 % se disent en difficulté au regard de leur conception éthique et des pratiques de leur structure et 18 % des délégués se sentent en difficulté ou en conflit avec les demandes ou pratiques du responsable de traitement.

Au final, la fonction de Délégué à la protection des données est vécue comme plutôt stressante (60 %), mais motivante : 65 % des DPD/DPO s’estiment satisfaits de leur fonction, et 70 % se sentent soutenus dans leur mission par leur hiérarchie.