L’évaluation des risques professionnels est souvent abordée comme une obligation réglementaire à travers le DUERP. Mais dans un territoire comme la Polynésie française, elle peut devenir bien plus qu’un simple document
Face aux enjeux spécifiques du territoire : dispersion géographique, accès aux soins, montée des risques chroniques et psychosociaux, la prévention constitue un levier essentiel de santé et de performance durable. Le DUERP permet en effet d’identifier les situations de travail à risque, mais surtout d’engager une réflexion collective sur le travail réel. Lorsqu’il est partagé et animé, il devient un outil de dialogue, de priorisation et d’action.
Par ailleurs, il peut être établi aujourd’hui une comparaison utile entre les formes réglementées, normalisées et engagées des démarches de prévention de la santé et de la sécurité afin de proposer un modèle homogène de compréhension élargi.
C’est à partir de cette dynamique que peut se construire une véritable démarche de Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT). La QVCT ne remplace pas la prévention : elle l’élargit, en intégrant les dimensions d’organisation, de management et d’engagement de la direction des salariés.
L’enjeu est donc de passer d’une logique de conformité à une logique d’appropriation.
D’une manière plus coopérative, on pourrait penser la santé comme un bien territorial et mobiliser l’écosystème de prévention de santé et de sécurité dans la conception d’un Plan Santé Travail ou encore d’une démarche que l’on pourrait qualifier de QVCTT : Qualité de Vie et des Conditions de Travail Territoriale.
Ainsi, cette intervention proposera des repères concrets pour faire du DUERP un levier de transformation et ouvrir la voie à une culture de prévention partagée, au service de la santé au travail et de la performance collective.
Christian ALLIES
Expert QVCT et prévention, ancien directeur Anact IDF
AC CONSEIL