Dossier thématique

Prévention des TMS dans le BTP


Selon les données de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent 85 % des causes de maladies professionnelles reconnues pour les actifs du régime général. Si le coût financier est important pour les entreprises, les conséquences des TMS vont bien au-delà : entraînant des douleurs pouvant devenir invalidantes et conduire à des incapacités de travail, elles menacent l’activité même des entreprises.
Ces pathologies sont particulièrement présentes dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Mais le secteur agit depuis longtemps pour les réduire : des solutions existent, l’heure est à la mobilisation des dirigeants.

TMS : la maladie professionnelle la plus répandue en France.

Les troubles musculosquelettiques affectent principalement les muscles, les tendons, les ligaments, les nerfs au niveau des articulations des membres supérieurs (épaules, coudes, mains, poignets) et inférieurs (genoux, chevilles) ainsi que la colonne vertébrale.
Elles sont responsables de fortes douleurs, mais surtout, entraînent une gêne fonctionnelle, préjudiciable dans un contexte professionnel, car elles diminuent la performance du salarié. À terme, les douleurs, de plus en plus gênantes, voire invalidantes peuvent conduire à une incapacité de travail.

5 catégories de TMS, relevant des tableaux du régime général numéros 57, 69, 79, 97 et 98 sont reconnues et indemnisées :

  • tableau 57* : affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail
  • tableau 69 : affections main-bras provoquées par les vibrations de machines-outils
  • tableau 79 : lésions chroniques du ménisque
  • tableau 97 : affections chroniques du rachis lombaire dues aux vibrations
  • tableau 98 : affections chroniques du rachis lombaire dues au port de charges lourdes

Source CNAMTS 2007

*modifié par décret du 17 octobre 2011 – cf notre article du vendredi 4 novembre « La partie A du tableau 57 est enfin révisée »

Les TMS sont responsables d’une quinzaine d’affections :
- du dos : sciatique, hernie discale, cruralgie
- des épaules : tendinite de la coiffe des rotateurs
- du coude : bursite (inflammations de la bourse séreuse - enveloppe qui entoure l’articulation (épaule, coude, rotule…) ou hygroma, épicondyte (tennis elbow), épitrochléite
- de la main : syndrome du canal carpien (le TMS le plus répandu)
- du genou : bursite ou hygroma, compression du nerf sciatique
- de la rotule : tendinite du talon d’Achille

 


Les TMS dans le BTP

 

Comme d'autres secteurs professionnels - industrie agroalimentaire, grande distribution, services à la personne, secteur hospitalier… - le BTP compte de nombreux facteurs de risques susceptibles de favoriser l’apparition des TMS.

Les chiffres des TMS dans le BTP

  • 92 % des maladies professionnelles
  • 5.369 TMS sur un total de 5.851 maladies professionnelles pour le BTP
  • Une progression de 20 % des TMS chaque année (5.369 en 2009)
  • Elles entraînent près d’un million de journées de travail perdues
  • 9 arrêts de travail sur 10 sont dus aux TMS
  • Les arrêts de travail liés aux TMS durent longtemps


Environnement de travail, gestes et postures, utilisation d’outils manuels et/ou vibrants, aléas climatiques… les facteurs favorables à l‘apparition de TMS ne manquent pas.

Ils sont communément classés en quatre familles :

  • facteurs organisationnels ou situations de travail difficiles : délais d’exécution tendus, des postes de travail mal organisés (stockage inadapté, éloigné...), des matériels d’aide à la manutention inexistants ou inadaptés…
  • facteurs biomécaniques : postures contraignantes ou statiques, port de charges importantes, mouvements ou gestes répétés…
  • facteurs individuels : l’âge du salarié, son ancienneté sur des postes difficiles constituent des facteurs propices à l’apparition des TMS
  • facteurs aggravants : conditions climatiques, vibrations, stress...

 

Au-delà du coût direct engendré par cette pathologie, qui se traduit par des douleurs pouvant devenir invalidantes et conduire à des incapacités de travail, c’est l’activité même des entreprises qui est en danger.

> En 2008, les troubles musculo-squelettiques représentaient 96,1 % du montant des indemnités journalières payées par les entreprises pour arrêts de travail dus à des maladies professionnelles.

Les ‘effets secondaires’ des pathologies liées aux TMS sont moins faciles à quantifier. Ils ont néanmoins des conséquences humaines et économiques sur le fonctionnement de l’entreprise. En effet, les douleurs physiques et articulaires peuvent avoir des conséquences variées telles que démotivation, absentéisme, instabilité professionnelle, perte de qualité, désorganisation du travail, diminution de la production…


Agir pour prévenir

 

Les TMS ne sont pas une fatalité. En effet, une analyse de l’activité permet d’identifier les situations de travail et de proposer des améliorations susceptibles de réduire les sollicitations responsables de leur apparition.
Les organismes référents ont ouverts la voie. En voici quelques exemples

 

L’OPPBTP soutient les entreprises du secteur

Un site Internet dédié depuis 2009
L’OPPBTP, organisme de prévention de la branche, et les Services de santé au travail du BTP (SIST) ont engagé une action commune dès 2009 pour prolonger de la campagne de prévention des TMS des pouvoirs publics. Fort d’une participation active dans la mise en place de la campagne (depuis 2007), ils ont ensuite élaboré un dispositif complet d’outils de sensibilisation dédié au BTP :

TMS OPPBTPUne campagne de sensibilisation
L’été 2011 a vu la mise en place d’une nouvelle opération  d’information à grande échelle.
Les 200 000 sociétés adhérentes à l’OPPBTP ont reçu un kit dédié aux TMS constitué d’une affiche et d’une brochure de 4 pages en couleurs. L’objectif : sensibiliser les chefs d’entreprises et les inciter à relayer l’information auprès de leurs salariés.
 

Des solutions existent
Il n’y a pas de réponse universelle au problème des TMS. Chaque démarche de prévention, pour être efficace, doit être spécifique et adaptée au métier. Mais, un état des lieux précis des contraintes et de l’organisation du poste de travail permet la mise en place de solutions simples et peu coûteuses. Le plus dur est sans doute de changer les habitudes !
A cette fin, l’OPPBTP, qui couvre tout le territoire avec 18 agences, conseille et accompagne les entreprises sur le terrain pour identifier leurs besoins en matière de prévention et définir ensemble les solutions et outils pour la mise en œuvre. 

Exemples de modifications des comportements au travail :

  • Postures et gestes inadaptés > un changement des habitudes et l’adaptation du poste de travail permettent de limiter les risques,
  • Vibrations et chocs répétitifs (main et poignet) > des matériels antivibrations existent,
  • Travail à genou > il est possible d’inciter les salariés à porter des genouillères et d’adapter le poste de travail,

 

> Bonne pratique
Christian Naudon - Menuiseries Naudon-Mathé
46 salariés
La souterraine (23)

La prise de conscience est très importante.
« Nous avons mis en place des servantes sur roulettes pour tous les postes de travail. Ainsi, les matériaux sont à hauteur et il n’est plus nécessaire de se baisser. Nous sommes en train d’acheter des tables élévatrices. Pour manipuler les vitres, nous envisageons un chariot à potence équipé de ventouses. Tout cela se fait petit à petit : à chaque investissement, on pense position de l’utilisateur. Mais le plus important, c’est que chacun ait pris conscience des manipulations. Certains ne se rendaient pas compte qu’ils se baissaient cinquante fois par jour avec une charge. »
Source : OPPBTP – Brochure TMS

 


Plus d’infos : http://www.oppbtp.fr/actualites/dossiers/troubles_musculo_squelettiques_tms

 

 

Parce que prévenir efficacement les TMS ne s’improvise pas et exige une implication forte et durable de la direction de l'entreprise, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé (en collaboration avec l’Assurance maladie- Risques professionnels, l’ANACT, l’OPPBTP, l’INRS, la MSA, le ministère chargé de l’agriculture) pilote une campagne de sensibilisation depuis octobre 2011

Affiche plan TMSUn vaste plan média national est mis en place pour sensibiliser les chefs d’entreprise aux TMS (cf article du 21 octobre 2011 sur www.preventica.com : « Prévenir les troubles musculo-squelettiques ne s’improvise pas. Découvrez les vraies bonnes méthodes »).
Prévenir les troubles musculo-squelettiques ne s’improvise pas. Découvrez les vraies bonnes méthodes » - a pour objectif d’amener les chefs d’entreprise à réfléchir sur leurs propres processus de production et de mettre à leur disposition les informations pratiques et les conseils vers une démarche efficace et durable de lutte contre les TMS
La campagne de lutte contre les TMS se déploie tout d’abord en presse, avec trois affiches qui seront diffusées en presse magazine et professionnelle afin de toucher les chefs d’entreprises et les cadres dirigeants. En outre, trois spots radio relaieront le message du 20 au 29 octobre 2011. Enfin, un site Internet dédié, conçu en étroite collaboration avec l’ensemble des acteurs de la prévention, est mis en ligne pour aider les chefs d’entreprise à engager une démarche de prévention.

Ressource complémentaire à ce dispositif, le site Internet www.travailler-mieux.gouv.fr offre aux chefs d’entreprise informations et conseils pratiques.

Sources :
- DP ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/IMG/pdf/DP_TMS_2011_Def.pdf
- OPPBTP : http://www.tmsbtp-attentionfragile.fr/


A consulter également BTP et prévention des risques

 



Documents mis en ligne en novembre 2011

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