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Violences et risques psychosociaux en travail social: prévenir pour agir

Violences et risques psychosociaux en travail social: prévenir pour agir

RPS / Incivilité / Santé mentale
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Auteur du livre « Prévenir les violences et les risques psychosociaux dans le travail social », Ludwig Maquet nous explique pourquoi le secteur du travail social est particulièrement touché par les violences et les risques psychosociaux et pourquoi les causes et conséquences de ces risques sont les mêmes dans d’autres secteurs.

Formateur en travail social, après 20 années de travail dans ce même secteur en tant qu’éducateur spécialisé, Ludwig Maquet a travaillé avec de nombreux publics différents : personnes sans domicile fixe, demandeurs d’asile, acteurs en protection de l’enfance, en accueil d’urgence ou encore dans le handicap. Il est également billettiste et intervenant dans le magazine Lien Social, ainsi qu’intervenant en risques psychosociaux sur la souffrance au travail, notamment dans le travail social.

Racontez-nous votre parcours.
Au fur et à mesure de mes années, j’ai eu envie de pouvoir transmettre mon expérience, de pouvoir former aussi des futurs professionnels. Certains constats sur le manque de moyens, les difficultés sur le terrain et généralement sur la santé m’ont donné envie de passer à la transmission. De mon expérience, la formation, c’est être à la base des métiers. C’est ça qui m’a guidé vers la formation.

Est-ce que vous pouvez expliquer un peu le métier de formateur en travail social ? En quoi consiste-t-il ?
Aujourd’hui, je suis formateur sur deux diplômes de travail social : sur le diplôme d’Etat de TISF, les Techniciens de l’Intervention Sociale et Familiale, et le diplôme d’Etat d’AES, Accompagnant Educatif et Social. Je suis aussi formateur en MFR, Maison Familiale et Rurale. Mon métier consiste à être sur la formation de base et initiale des métiers en travail social, de préparer les futurs professionnels à la pratique de terrain, à être des professionnels non pas aguerris mais avertis. Ça me tient à cœur de pouvoir préparer des professionnels avertis de ce qui se passe et de pouvoir être à la base du métier, de pouvoir transmettre l’expérience, la technicité des diplômes concernés, mais aussi tout un système de valeurs et d’engagements qui sont très importants dans le travail social.

Vous êtes également auteur du livre « Prévenir les violences et les risques psychosociaux dans le travail social », pourquoi avez-vous écrit ce livre ?
J’ai été amené à être confronté aux violences sur le terrain, des violences institutionnelles, que ce soit la violence d’un public car on sait qu’on accueille tous publics confondus, soit un peu inhérente au public en difficulté. J’ai aussi été confronté aux violences par des manques de moyens, des violences de la hiérarchie, du manque d’écoute, de ce qui se passe dans la non-reconnaissance des travailleurs sociaux.
J’ai donc mis au travail ces observations, tout d’abord dans un mémoire de master en sciences de l’éducation. J’ai eu envie de le formaliser dans un livre pour pouvoir être dans la formation, dans le diagnostic et toujours transmettre ce que j’ai pu observer scientifiquement et essayer d’apporter une analyse et des pistes de solution.
Effectivement, le travail social est soumis à la pressurisation continue : la gestion libérale, la rentabilité, comme beaucoup d’autres secteurs. Au-delà des violences institutionnelles, il y a un mal être au travail des travailleurs sociaux, des acteurs de la santé et du social, qui ont des conséquences dévastatrices. On entend souvent parler de burn-out, de stress, de maladies professionnelles, de souffrance au travail. J’ai donc croisé ces deux thèmes dans mon livre : le thème des violences à l’intérieur des institutions, comme cause des risques psychosociaux.

Quelle a été votre démarche pour l’écrire ?
On connait déjà plusieurs formes de violence, il m’a donc d’abord fallu la définir. Ensuite, il m’a fallu parler de ce qui se passe dans les institutions en travail social, essayer de décortiquer le sujet et puis le mettre en lien avec les risques psychosociaux, pour démontrer que les violences sont en lien avec la souffrance au travail, les risques psychosociaux et surtout les symptômes de ces-derniers. Il y a donc bien des causes aux maladies professionnelles qu’on rencontre.
Constater ne suffit pas, il faut pouvoir proposer des réponses à ces RPS, le but est vraiment de prévenir pour agir. Je veux vraiment que ce livre puisse s’adresser aux étudiants qui rentrent dans le métier mais aussi aux collègues qui sont déjà sur le terrain, qui sont en souffrance et qui ont besoin de prévention et de certains outils pour mieux vivre le travail ou du moins, le transformer.

Vous interviendrez en conférence à Lyon, pourquoi avez-vous décidé de participer au salon ?
Je veux toucher le plus grand nombre de gens possible pour que la souffrance au travail puisse diminuer puisque c’est quelque chose que je ne supporte pas. Je connaissais déjà Préventica, je me suis dit que c’était l’occasion d’élargir mon public. Ce dont je parle dans le livre, c’est un sujet transversal à d’autres professions. Les causes et les conséquences de la souffrance au travail, en travail social ou dans un autre domaine, sont les mêmes, elles sont donc transversales à d’autres métiers. Je veux pouvoir apporter des solutions. S’il y a une personne sur dix qui peut ressortir de mon livre ou d’une de mes interventions en se disant qu’ils ont appris quelque chose, qu’ils vont aller un peu mieux ou qu’ils vont savoir se protéger, avoir les outils pour agir individuellement et collectivement, j’aurai gagné mon pari.

Quel est le message que vous aimeriez faire passer ?
Aujourd’hui on souffre et on meurt du travail. Ça ne devrait pas être une fatalité, c’est lié à un système et il ne faut pas se laisser faire.

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