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L'ergonomie
et la prévention
Dossier
préparé par Michel
NEBOIT , Président de
la SELF (Société
d'Ergonomie de Langue Française)
Les évolutions
de la société
ont changé de façon
importante les conditions de
travail et ont eu des effets
sur la sécurité
et la santé au travail,
ainsi que sur la fiabilité
et l'efficacité des systèmes
de production de biens et de
services. L'approche préventive
a longtemps été
fondée sur une seule
conception(celle de l'opérateur
considéré comme
une victime passive), et son
objectif premier, et parfois
unique, était donc d'introduire
une barrière entre le
phénomène dangereux
et l'opérateur. Dans
ce contexte, la prévention
technique a préconisé
plusieurs démarches concomitantes:
supprimer le danger, en réduire
l'intensité, réduire
la probabilité de rencontre
entre l'homme et le danger,
et en réduire les conséquences.
Ceci était nécessaire
mais s'est vite révélé
insuffisant. On s'est en effet
vite aperçu que le diagnostic
de prévention (identification,
évaluation des risques)
devait tenir compte de la façon
dont le travail était
réalisé, et de
l'ensemble du fonctionnement
de l'entreprise.
L'ergonomie
vise à comprendre, en
situation de travail, l' activité
de l'opérateur, à
en analyser les facteurs déterminants,
mais aussi les risques. Donc,
pour l'ergonomie, l'objectif
santé, ou sécurité
n'est pas dissocié de
ses autres objectifs. Ses connaissances
et ses méthodes contribuent
à la compréhension
de la situation de risque, à
faire le lien entre la maladie
professionnelle, ou l'accident,
et le travail effectué.
La démarche ergonomique
repose sur trois éléments
fondamentaux : l'utilisation
de connaissances ergonomiques
(certaines ayant fait l'objet
de normes, ex : Normes AFNOR
: Ergonomie), l'analyse ergonomique
du travail ( à l'aide
d'observations instrumentées
ou non, de mesurages, et d'entretiens
avec les opérateurs),
et la participation du personnel
( au sein de groupes de travail,
dans l'entreprise). L'intervention
ergonomique ne se réduit
donc jamais à un "
dire d'expert ", mais comporte
toujours une dimension d'analyse/diagnostic
en situation.
Quelques exemples
de contributions de l'ergonomie
à la prévention
des risques professionnels et
visant l'amélioration
de la santé et de la
sécurité au travail
:
- Dans le
cadre de la prévention
des risques environnementaux,
si la définition de
valeurs limites est du ressort
du spécialiste (acousticien,
chimiste...) en relation avec
le physiologiste , l'ergonome
intervient pour analyser l'impact
de la nuisance sur l'activité
de l'opérateur et pour
proposer des aménagements
adaptés au mieux à
cette activité.
- Dans la prévention
des troubles musculo-squelettiques,
ou de façon générale
pour limiter les risques liés
à la charge physique
de travail, l'ergonome intervient,
naturellement, en analysant
les activités mises
en jeu, en collaboration avec
le physiologiste pour la métrologie,
et avec l'organisateur du
travail, pour proposer des
outils et des modes d'organisation
compatibles avec l'activité.
- Pour tenter
de résoudre les problèmes
de surcharge mentale, stress,
erreurs...), l'ergonomie utilise
les données de la psychologie
cognitive, dans le cadre de
la fiabilité des systèmes.
L'ergonome analyse les incompatibilités
éventuelles entre fonctionnement
psychique de l'homme et modes
d'organisation ou modes opératoires
prescrits, par exemple dans
les situations à forte
contrainte psychique (conduite
de systèmes complexes,
travail sous forte contrainte
temporelle
)
- Dans le cadre
de la conception de systèmes
de travail plus sûrs
et plus efficients, l'ergonomie
collabore à la conception
des locaux de travail, des
systèmes techniques,
des équipements, des
machines, mais aussi à
la conception des modes d'organisation
et des procédures de
travail.
Récemment
(1991), l'ergonomie a fait son
entrée dans le Code du
Travail puisque la loi affirme
la nécessité "d'adapter
le travail à l'homme,
en particulier dans la conception
des postes de travail, dans
le choix des équipements
et dans la conception des procédures
et des méthodes de travail...".
Dans le même esprit, plusieurs
décrets (rédigés
à partir des directives
communautaires) s'appuient sur
l'obligation de procéder
à une analyse de l'activité
de travail pour atteindre les
objectifs de santé et
de sécurité (risques
liés au travail sur écran,
équipements de protection
individuelle, manutentions manuelles
de charges, sécurité
des machines, par exemple).
La Société
d'Ergonomie de Langue Française
(SELF) , créée
en 1963 regroupe plus de 600
membres, ergonomes praticiens,
consultants ou chercheurs travaillant
à la conception des moyens
de travail et des produits et
à l'organisation de leur
mise en oeuvre avec les ingénieurs
de bureaux d'études et
des services de méthodes.
Elle compte également
parmi ses membres ceux qui,
tels les médecins du
travail, participent aux diagnostics
des risques et à l'amélioration
des conditions de travail. Elle
s'est dotée depuis plusieurs
années d'une commission
Prévention de Risques
Professionnels chargée
de créer le lien entre
" préventeurs "
(institutionnels, ou d'entreprise),
ergonomes , institutions et
partenaires sociaux ayant en
charge les politiques de Prévention.
Pour toute information complémentaire:
http://www.ergonomie-self.org.
Document
mis en ligne septembre 2005
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