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Le confort acoustique

Dossier préparé par Tribu - Techniques, Recherches, Innovations pour le Bâtiment et l'Urbain

Le confort acoustique a une forte influence sur la qualité de vie au quotidien, chez soi, au travail, en vacances …, ainsi que sur les relations de bon voisinage. A contrario, il est fréquent qu'un mauvais confort acoustique procure souvent, au bout d'un moment, des effets négatifs (nervosité, sommeil contrarié, fatigue) et peut à terme poser des problèmes de santé.

Comme le confort hygrométrique, le confort acoustique diffère selon les personnes pour des raisons physiologiques ou psychosociologiques. Certaines personnes sont nettement plus sensibles que d'autres au bruit et plus particulièrement à des types de bruit, selon leur nature (grave ou aigu), leur niveau et le bruit ambiant par ailleurs.

Pour optimiser le confort acoustique de l'intérieur d'un bâtiment, des précautions sont à prendre en compte le plus en amont possible, au niveau du programme et de la conception, car toutes les corrections mises en oeuvre ultérieurement reviennent plus chers.

Le confort acoustique correspond en premier lieu à ne pas entendre les bruits qui dérangent mais le confort acoustique s'applique également aux bruits que l'on souhaite entendre (paroles, musique, oiseaux, mer …).


COMMENT OBTENIR UN CONFORT ACOUSTIQUE DE QUALITE

Les bruits diffèrent selon leur origine. Ils peuvent être aériens en provenance de l'extérieur ou de l'intérieur, ils peuvent être des bruits d'impact par exemple à partir d'un plancher intermédiaire ou encore être émis par des équipements extérieurs ou intérieurs (locaux techniques, machines professionnelles, chaufferie, unité extérieure ou intérieure de climatisation, chaudière individuelle, machinerie d'ascenseur …).

La première démarche est de, dans la mesure du possible, réduire le bruit à la source et surtout de limiter l'exposition des pièces et locaux aux bruits extérieurs. Les principales sources extérieures pouvant émettre du bruit vis-à-vis d'un bâtiment sont les voies routières et ferrées, les aérodromes, les bâtiments voisins, un croisement, une côte, un arrêt d'autobus …. Ces bruits peuvent être amplifiés par des vents dominants ou des réverbérations liées au site.

Orientation et implantation

Pour protéger un ou des bâtiments de bruits extérieurs, l'architecte doit étudier l'implantation et l'orientation des bâtiments en fonction des sources de bruits repérées. Puis, à l'intérieur des bâtiments, les locaux et pièces doivent également être disposés selon les éventualités de nuisances sonores ; de même, les baies vitrées doivent être conçues de manière à concilier confort visuel et confort acoustique. Un des bâtiments (entrepôt) ou un des locaux (local technique) peut parfois servir d'écran acoustique vis-à-vis des autres bâtiments. Si ce n'est pas le cas, la création d'écrans acoustiques naturels (merlons) ou artificiels (mur anti-bruit) peut être envisagée.
Le confort acoustique est par ailleurs étroitement lié au confort d'été, l'ouverture des fenêtres laissant entrer les bruits extérieurs.

Renforcer l'isolation acoustique

Ensuite, l'isolation acoustique du bâtiment lui-même peut être étudiée, ce qui consiste à renforcer l'isolation acoustique de la toiture, des murs extérieurs, des baies vitrées (menuiseries et vitrages), des bouches d'entrées d'air (points faibles), des planchers intermédiaires …
Lors de logements, le respect des exigences de la réglementation acoustique (NRA 1994) est souvent suffisant et satisfaisant. Cependant, des précautions doivent être prises pour pouvoir associer isolation acoustique et isolation thermique au niveau du choix des solutions techniques et des matériaux. Une isolation thermique n'est pas forcément synonyme d'isolation acoustique, alors que l'inverse l'est en général.

Assurer une correction acoustique

Il est parfois utile, voire nécessaire, de mettre en œuvre une correction acoustique des locaux pour limiter les phénomènes de réverbération. Le traitement consiste en la pose de matériaux absorbants sur les parois intérieures. Il est par exemple préconisé, par la réglementation acoustique applicable au résidentiel, pour les parties communes des immeubles collectifs(cage d'escalier, paliers), pour préserver le confort acoustique, surtout nocturne, des appartements (bruits de pas, de voix).

Atténuer les bruits émis par les équipements

Les bruits engendrés par les équipements placés à l'intérieur ne doivent pas dépasser un certain niveau de pression acoustique dans les pièces principales (35 dB(A)) et dans les pièces dites de service (50 dB(A)). Quant aux équipements situés à l'extérieur, ils ne doivent pas dépasser un niveau de 30 dB(A) pour la pièce principale et de 35 dB(A) pour les pièces de service. Le niveau de pression acoustique émis par les équipements est tout d'abord fonction des matériels choisis et des précautions prises lors de leur installation au sol et surtout sur les parois. Il peut être ensuite encore atténué par des moyens techniques (manchons résilients, supports antivibratoires, capotages …).

Le rôle du maître d'ouvrage

- Repérer les sources de bruit existantes autour du site
- Emettre des exigences de résultats en matière acoustique
- Imposer le respect des exigences réglementaires en vigueur

Le rôle du maître d'œuvre

- Respecter les exigences réglementaires et appliquer les règles de l'art
- Tenir compte de l'acoustique au niveau du plan masse et la disposition des locaux et des pièces
- Chercher à concilier confort visuel et confort acoustique
- Prévoir éventuellement des écrans acoustiques
- Renforcer si besoin l'isolation acoustique des parois opaques et vitrées
- Privilégier les chapes flottantes
- Choisir des entrées d'air acoustiques ou installer une ventilation double-flux sur un site bruyant
- Limiter les phénomènes de réverbération
- Contrôler le niveau de pression acoustique des équipements et la qualité de leur installation

Démarche environnementale et acoustique

Dans le résidentiel, le respect de la dernière réglementation acoustique (NRA), datant de 1994 et obligatoirement applicable aux logements construits depuis le 1er janvier 1996 suffit dans la majorité des cas. Néanmoins, la maîtrise d'ouvrage et la maîtrise d'œuvre doivent vérifier si le contexte ne nécessite pas davantage de précautions.

Les bâtiments tertiaires doivent respecter des exigences réglementaires en terme d'isolement et de durée de réverbération (loi 92-1444 du 31 décembre 1992). Des dispositions particulières ont été fixées pour certains types de locaux, comme par exemples pour les établissements d'enseignement par l'arrêté du 9 janvier 1995.

Pour aller plus loin dans la démarche environnementale vis-à-vis du confort acoustique, la maîtrise d'ouvrage et la maîtrise d'œuvre peuvent se référer à un cahier des charges acoustique plus exigent, établi par le GIAC (Groupement de l'ingénierie acoustique) à la demande l'ADEME (janvier 2000). Il va plus loin, pour le confort acoustique de certaines catégories de bâtiments en fonction leur utilisation, que la réglementation, aussi bien pour les bâtiments qui subissent les bruits que ceux qui les émettent.


AVEC QUELLES SOLUTIONS TECHNIQUES ?

Zonage acoustique. Outre l'implantation et l'orientation des bâtiments, des zones acoustiques peuvent être différenciées à l'intérieur des bâtiments en fonction des usages des locaux ou des pièces.

Isolation acoustique des parois. Celle-ci consiste le plus souvent à un doublage intérieur des parois concernées, selon la provenance des bruits, au moyen d'isolants non rigides (laines minérales, PSE dB). Pour une isolation en priorité acoustique, l'isolant est choisi en fonction de son indice d'affaiblissement acoustique. L'isolation doit être réalisée en continu car les ponts phoniques deviennent, comme les ponts thermiques vis-à-vis du froid, des points faibles par lesquels arrivent les bruits.

La correction acoustique consiste à renforcer le pouvoir d'absorption des parois du local des locaux jugés trop réverbérants (cantine, gymnase) ou de circulations, au moyen de bois, feutre, flocage …

Chapes flottantes. Les bruits peuvent être transmis par les murs extérieurs et les parois latérales qui y sont rigidement liées. Il est conseillé, pour de meilleures performances acoustiques et thermiques, de réaliser des chapes flottantes plutôt que des dalles en béton pour les planchers. La chape de béton est dite flottante car elle est désolidarisée des murs par une bande d'isolant, ce qui évite les transmissions solidiennes. Le béton est également coulé sur un isolant.
La désolidarisation périphérique des cloisons peut aussi se faire au moyen de joints souples.

Des fenêtres acoustiques. Une forte épaisseur de vitrage est la meilleure façon de renforcer la performance acoustique d'une fenêtre. Un vitrage monolithique de masse égale offre des résultats supérieurs à un double-vitrage. Cependant, les doubles-vitrages ont l'avantage de pouvoir concilier isolation thermique et acoustique. Pour renforcer plus particulièrement l'isolation acoustique, le double-vitrage doit être constitué de deux vitres d'épaisseur différente, par exemple 4/6/10. Les liaisons entre la maçonnerie et les menuiseries et l'ajustement entre les ouvrants et les dormants doivent être effectués avec soin, l'étanchéité à l'air des menuiseries participant également fortement à l'isolement acoustique.

Un système de ventilation silencieux. L'isolement acoustique des entrées d'air peut être choisi selon le niveau à atteindre : 30, 35, 40 ou 45 dB(A) en bruit route. Pour un isolement de 30 dB(A), le choix d'une entrée d'air sur menuiserie ou volet roulant avec " silencieux " suffit. Pour un isolement de 35 dB(A), on ajoute à l'entrée d'air un capuchon acoustique, placé à l'intérieur ou à l'extérieur. En revanche, pour un isolement de 40 et 45 dB(A), mieux vaut placer les entrées d'air dans le mur extérieur. Il est également possible, pour éviter la pose de bouches d'entrée d'air en façade dans un contexte bruyant, d'installer un système de ventilation double flux, avec (ou sans) récupérateur de chaleur pour préchauffer l'entrée d'ai neuf en hiver.

Désolidarisation des équipements. Les bruits peuvent être à la fois transmis par voie aérienne, notamment par les gaines, et par voie solidienne à travers la structure du bâtiment. Minimiser les bruits mécaniques et aérauliques à la source reste la solution la plus simple pour réduire la pression acoustique. Pour éviter les transmissions par voie solidienne, un équipement au sol susceptible de vibrer peut être posé sur des plots ou un socle anti-vibratiles, un équipement placé sur une paroi peut être désolidarisé de celle-ci au moyen de matériaux élastiques.

Incidence économique

Toutes précautions prises en amont par rapport aux risques de nuisances acoustiques, au moment du programme et de la conception, reviennent moins cher que toutes les corrections acoustiques pouvant être apportées par la suite.


Aspects réglementaires

L'article R 111-3-1 du Code de l'Urbanisme précise que le permis de construire peut être refusé ou accordé sous réserve de prescriptions spéciales si les constructions sont susceptibles, en raison de leur localisation, d'être exposées à des nuisances graves dues notamment au bruit.

Loi n°92-1444 du 31 décembre 1992 (dite " loi Royal ") relative à la lutte contre le bruit pouvant créer des troubles aux personnes et à leur santé. Elle introduit la notion d'atteinte à l'environnement.

Arrêté du 28 octobre 1994 relatif aux caractéristiques acoustiques des bâtiments d'habitation (NRA applicable depuis 1996).
Circulaire du 5 mai 1998 relative à l'application de la réglementation acoustique des bâtiments d'habitation.

Arrêté du 30 mai 1996 relatif aux modalités de classement des infrastructures de transports terrestres et à l'isolement acoustique des bâtiments d'habitation dans les secteurs affectés par le bruit.

Décret n°95-20 du 9 janvier 1995 (application de l'article L111-11-1 du Code de la Construction et de l'Habitation) relatif aux caractéristiques acoustiques de certains bâtiments autres que d'habitation neufs : établissements d'enseignement, de santé, de loisirs, hôtels ….

Décret n°98-1143 du 15 décembre 1998 relatif aux discothèques.

Arrêté du 30 juin 1999 relatif aux méthodes de calcul des indices européens d'évaluation de la qualité acoustique des produits et des bâtiments. Applicable aux permis de construire depuis le 1er janvier 2000.
L'unité dB(A) est remplacée par dB pour les bruits aériens intérieurs et extérieurs et pour les bruits de chocs. L'unité reste dB(A) pour les bruits d'équipements.

Document mis en ligne septembre 2005



 


 
   
 
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