Les risques psychosociaux
La prévention (1/3)
Les causes du stress d'origine professionnelle peuvent être
multiples et sa prévention nécessite la mobilisation
de tous les acteurs. Les partenaires sociaux représentatifs
des employeurs et des salariés au niveau européen
ont signé, le 26 avril 2007, un accord-cadre dont l'objectif
est de prendre en compte le stress au travail afin d'améliorer
le bien-être des travailleurs et l'efficacité des entreprises
(cf. site http://www.etuc.org). Leur détection passe par
l'analyse de facteurs comme le contenu et l'organisation du travail,
une mauvaise communication, l'environnement de travail. L'absentéisme,
le Turn over, la fréquence des conflits interpersonnels et
des plaintes sont autant d'indicateurs à prendre en compte
pour la prévention.
La nature et l'origine de ce risque placent donc l'organisation
du travail et le dialogue social dans l'entreprise au cœur
des mesures de prévention afin de rechercher les sources
de stress au travail et d'identifier les modalités d'action
possibles.
- En ce qui concerne le stress au travail, la prévention
«à la source» (dite primaire en santé
publique) s'applique soit avant l'apparition de la contrainte, situation
idéale très rarement rencontrée, soit quand
les contraintes sont déjà présentes ; et il
s'agira alors de les réduire avant l'apparition des premiers
symptômes de stress chronique.
- La prévention corrective (dite secondaire)
vise à limiter les conséquences sur la santé
des personnes présentant déjà des symptômes
liés à un état de stress chronique. Les interventions
les plus souvent développées sont des programmes qualifiés
de «gestion individuelle du stress».
- Prévention dite tertiaire : les préventeurs
peuvent intervenir afin d'éviter que l'état de santé
des personnes en souffrance ne se détériore davantage.
Il s'agit d'une réponse d'urgence avec prise en charge d'un
point de vue médical et/ou psychologique des personnes qui
souffrent déjà de problèmes de santé
(troubles anxio-dépressifs, maladies cardio-vasculaires,
etc.) dus au stress et qui ne sont plus en mesure de faire face
aux contraintes imposées par leur travail. Sur le plan individuel,
la prise en charge fera appel aux psychothérapies proposées
lors de dépressions ou états anxieux sévères.
Sur le plan collectif, il peut s'agir de réunions de débriefing
très adaptées et souvent efficaces dans certaines
situations de tensions.
Indispensable et premier dans certains cas, ce type de réponse
est loin d'être suffisant. Il doit déboucher sur une
réflexion concernant les sources de stress : pourquoi la
personne en est-elle arrivée là ? Son état
s'explique-t-il seulement par une fragilité personnelle ?
D'autres personnes de son entourage professionnel présentent-elles
les mêmes difficultés, même moins exacerbées
? Peut-on établir un lien entre ces difficultés et
les conditions de travail ?
Les actions de prévention sont les seules efficaces sur le
long terme. Mais elles doivent être adaptées à
chaque salarié (tout le monde ne réagit pas de la
même manière).
Les grandes lignes de la prévention :
- opter pour une organisation saine,
- utiliser les programmes de gestion individuelle du stress,
- agir sur l'organisation : démarche et acteurs.
La prévention
du harcèlement
Aujourd'hui en France, si la reconnaissance du harcèlement
moral au niveau individuel apparaît déjà difficile,
le passage de la réparation à la prévention
l'est encore davantage. En effet, à ce jour, les données
publiées relèvent essentiellement d'argumentations
juridiques afin que le salarié victime de telles pratiques
obtienne réparation des dommages ou préjudices subis.
Seules des situations entraînant des dysfonctionnements majeurs
donnent lieu à des interventions ou à des tentatives
de prévention de situations futures.
Mais pour les victimes, les conséquences peuvent être
déjà dramatiques.
La priorité doit donc être donnée à une
démarche préventive. La loi de Modernisation sociale
du 17 janvier 2002, qui a introduit le concept de harcèlement
moral au travail, précise qu'il appartient au chef d'établissement
de prendre toutes les mesures nécessaires à la prévention
du harcèlement moral.
Les causes profondes des phénomènes d'exclusion et
de harcèlement sur le lieu de travail semblent être
selon Heinz Leymann :
- l'absence de concertation dans l'organisation du travail et
la conception des tâches,
- le style de gestion du personnel.
La prévention du harcèlement devra donc comporter
une réflexion et un travail sur ces deux points. Il s'agira
pour l'entreprise d'informer le personnel et de veiller à
ce que l'encadrement soit en capacité de gérer les
conflits pouvant survenir dans les équipes et, notamment,
déceler très tôt les prémices de harcèlement.
Pour maîtriser de telles situations, la mise en place de structures
de concertation au niveau collectif a une grande importance. Elles
peuvent se composer du directeur des ressources humaines (s'il existe),
d'un ou plusieurs responsables de services, du médecin du
travail, d'un consultant spécialisé en psychologie
au travail, du chargé de sécurité (s'il existe),
d'un membre du CHSCT (ou d'un délégué du personnel
en l'absence de CHSCT), etc.
Dépister les risques
psychosociaux. Des indicateurs pour guider les entreprises
L'INRS a publié un document pour aider les entreprises
à mettre en évidence les risques psychosociaux
à partir des données existantes et disponibles
sur place. Pour aider à ce travail de dépistage,
plusieurs indicateurs liés au fonctionnement de l'entreprise
ou relatif à la santé et la sécurité
des salariés sont proposés. A partir de ce guide,
un travail pourra être mené et un dialogue pourra
s'instaurer sur le choix et l'élaboration des indicateurs
de dépistage des risques psychosociaux les plus adaptés.
Ce travail de dépistage facilitera la mise en œuvre
d'une démarche d'évaluation et de prévention
de ces risques. |
Sources :
- INRS : Focus thématique « Combattre les risques psychosociaux
» www.inrs.fr/focus/RisquesPsychosociaux.html
- INRS : dossier Stress au travail - www.inrs.fr/dossiers/stress.html
- www.travail-solidarite.gouv.fr/
- ANACT : www.anact.fr
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