Les risques psychosociaux
Accéder au dossier " Risques
psychosociaux " - avril 2010
L'Etat des lieux
> Conséquences des problèmes psychosociaux
au travail
>> L'impact sur l'entreprise
L'existence de risques psychosociaux dans l'entreprise peut
engendrer une diminution des résultats en termes de productivité
et de qualité des produits ou services via les répercussions
sur la santé et la performance des salariés :
Absentéisme : un absentéisme en
augmentation ou largement supérieur à la moyenne
nationale est, la plupart du temps un indicateur de malaise social
de l'entreprise. Un absentéisme pratiquement nul doit aussi
être interrogé.
En France dans le secteur privé, le taux d'absentéisme
pour des raisons de santé varie selon les sources entre
5% et 6%. Il est plus élevé dans la fonction publique
(7,3% dans la fonction publique d'Etat, 11% dans la fonction publique
hospitalière et 11,3% dans la fonction publique territoriale).
Les absences régulières, pour raisons de santé,
en début ou en fin de semaine, ou lorsque les enfants n'ont
pas école, reflètent un désinvestissement
du travail au profit de la vie extra-professionnelle.
Taux de rotation important du personnel (turn
over) : il est souvent révélateur d'un malaise social
dans l'entreprise. Quand les conditions de travail deviennent
trop difficiles, les salariés quittent leur travail de
façon volontaire ou sans l'avoir vraiment choisi (licenciement,
inaptitude, départ en retraite anticipée).
Diminution de la productivité : il n'existe
pas d'indicateur général ici ; il faut les rechercher
entreprise par entreprise.
Grèves, mouvements sociaux, procédures
judiciaires (pour harcèlement moral par exemple).
Actes de malveillance (peu courants) ou de violence au
travail : c'est à la fois une cause et une conséquence
de problèmes psychosociaux.
Un salarié harcelé, stressé, ayant perdu
toute confiance en lui, aura des difficultés à prendre
des initiatives ou des décisions. La qualité de
son travail s'en ressentira. Même s'il met toute son énergie
à résister à la pression, à "tenir",
un jour ou l'autre, il devra s'arrêter de travailler pour
se soigner. Et l'absentéisme et la détérioration
du climat de travail ont des conséquences négatives
pour l'entreprise.
Les coûts directs et indirects d'un mauvais climat de travail
peuvent être énormes, non seulement pour l'entreprise,
mais également pour toute la société. Il
faut, en effet, tenir compte de la prise en charge des victimes
de harcèlement par les organismes de Sécurité
sociale.
Source : INRS
–Focus thématique « Combattre les risques
psychosociaux »
www.inrs.fr/focus/RisquesPsychosociaux.html
- dossier Stress au
travail
>> L'impact sur la santé du salarié
Les conséquences d'un stress chronique
Le stress peut-être à l'origine de plusieurs troubles
et altérations de la santé :
- troubles du sommeil, de la vigilance, de l'attention : ils peuvent
entraîner une augmentation des risques d'accidents du travail,
- troubles émotionnels,
- troubles digestifs : en effet, le stress chronique entraîne
une hyperactivation de tous les systèmes y compris l'appareil
digestif. Au bout de quelques semaines apparaissent des coliques
et/ou des gastralgies … puis s'installent des pathologies
fonctionnelles telles que des gastrites ou des colopathies.
Le stress entraîne des altérations de la santé
pouvant devenir irréversibles :
- hypertensions,
- troubles métaboliques,
- problèmes cardio-vasculaires et lipidiques,
- TMS déclarés en maladies professionnelles
: les TMS sont des pathologies multifactorielles pour lesquelles
le stress est aujourd'hui reconnu comme l'un des facteurs en cause
(à sollicitations biomécaniques équivalentes,
les situations de stress au travail augmentent la prévalence
des TMS),
- troubles anxio-dépressifs : chaque année,
une partie d'entres eux sont reconnus en maladies professionnelles
après examen en CRRMP (Comité Régional de
Reconnaissance des Maladies Professionnelles) sur la base du dossier
médical et après enquête,
- suicide ou tentative de suicide au travail ou à
cause du travail : un tel acte, s'il survient dans l'entreprise
est traumatisant pour l'ensemble des salariés et la direction
doit mettre en place des mesures d'urgence (débriefing
collectif, aide psychologique) avant de s'interroger sur les causes
exactes (pour éviter d'autres cas). Cependant, l'attribution
d'un suicide au travail est délicate et nécessite
une expertise médicale ou psychologique.
Source : INRS
- Focus thématique « Combattre les risques psychosociaux
»
www.inrs.fr/focus/RisquesPsychosociaux.html
- dossier
Stress au travail
Comment le stress agit sur le cœur
Une équipe de chercheurs vient de mettre en évidence
les mécanismes qui lient le stress au travail à
l'apparition de maladies coronariennes. Publié dans la
revue « The European Heart Journal » le 23 janvier,
l'article scientifique fait partie d'une grande étude,
appelée «Whitehall study», qui a suivi 10.308
britanniques pendant 12 ans.
Il montre une association entre le stress chronique au travail
et les maladies coronariennes. Pour les personnes de moins de
50 ans, le risque de souffrir de cette affection du cœur
chez les individus soumis à un stress professionnel est
68% plus élevé que chez ceux qui ne déclarent
pas de stress.
Concernant le mécanisme en lui-même, les chercheurs
ont trouvé que les travailleurs souffrant de stress ont
une variabilité de la fréquence cardiaque et un
tonus vagal plus faibles que les autres. Selon l'étude,
le stress a des effets directs sur l'apparition de maladies cardiaques,
et non pas indirects via des comportements alimentaires perturbés,
ou bien la consommation d'alcool ou de tabac.
Source : newsletter du Journal de l'Environnement
http://www.journaldelenvironnement.net/
Les effets du harcèlement moral sur la santé
Le harcèlement peut provoquer dans un premier temps des
symptômes de stress : nervosité, irritabilité,
anxiété, troubles du sommeil, brûlures d'estomac,
hypertension artérielle, douleurs musculaires, etc. Au
bout de quelques mois, ces symptômes peuvent se transformer
en troubles psychiques manifestes. Certains réagissent
avec une hyper-combativité qui les fait souvent qualifier
de paranoïaques. D'autres sont envahis par un sentiment d'épuisement
et de fatigue chronique, une baisse de l'estime de soi, pouvant
évoluer vers la dépression.
Les états dépressifs peuvent entraîner :
- des troubles de l'attention et de la mémoire,
- un sentiment de découragement, de pessimisme, de culpabilité,
d'isolement,
- une perte de confiance en soi, du sens du métier.
Leurs conséquences possibles sont une atteinte de la personnalité,
la dégradation de la santé, l'invalidité,
la perte de l'emploi, le suicide.
D'après Christophe Dejours, dans sa préface à
son ouvrage "Travail, usure mentale", " si le harcèlement
conduit aujourd'hui plus souvent que naguère à des
troubles psychopathologiques graves chez les victimes, ce n'est
vraisemblablement pas parce que la technique du harcèlement
se serait perfectionnée (...). Ce qui a changé,
semble-t-il, c'est plutôt la passivité et l'absence
de solidarité de la part des collègues de la victime
du harcèlement, et la profonde transformation du sens de
la justice dans le monde du travail. " La conséquence
du harcèlement moral ou psychologique est avant tout une
pathologie de la solitude, de l'isolement, qui renforce la souffrance.
Source : INRS
- Focus thématique « Combattre les risques psychosociaux
»
www.inrs.fr/focus/RisquesPsychosociaux.html
- dossier Stress
au travail
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