Ce que dit la loi
1/ Principes généraux
Selon le Code du Travail, tout chef d'établissement doit
former son personnel à la sécurité incendie
et rédiger un registre incendie tenu à la disposition
de l'inspection du travail. En matière d'incendie, la réglementation
vise essentiellement à assurer la protection des personnes.
De plus, les assureurs préconisent des mesures propres à
protéger les biens.
Les deux grands principes destinés à la protection
des personnes contre le risque « incendie » sont : leur
évacuation hors des bâtiments et leur isolement dans
des zones résistant au feu.
Le premier texte auquel doivent se référer les chefs
d'établissements est le Code du travail. Les articles spécifiques
au risque «incendie» y sont peu nombreux : ils concernent
essentiellement l'évacuation des personnes et le désenfumage.
Les règles régissant la prévention du risque
incendie tiennent compte du nombre de personnes susceptibles d'être
présentes dans l'établissement.
Le code du travail stipule que le chef d'entreprise doit prévoir
des visites périodiques du matériel ainsi que des
exercices (tous les 6 mois).
De plus, si l'établissement industriel est également
un établissement recevant du public (ERP) ou un immeuble
de grande hauteur (IGH), bâtiments régis par des textes
réglementaires spécifiques, il appartient aux chefs
d'établissements de retenir des solutions lui permettant
de respecter les textes auxquels il est soumis.
Les consignes de sécurité concernant l'incendie,
mises en place par le chef d'entreprise, sont obligatoires dans
les établissements de plus de 50 personnes ou ceux où
sont manipulées des matières inflammables. Ces consignes
comportent la liste du matériel de secours et d'extinction,
la désignation du personnel chargé de prévenir
les secours, les moyens d'alerte et d'évacuation et obligent
toute personne apercevant un début d'incendie à donner
l'alerte et mettre en œuvre les moyens de premiers secours
(articles R 232-12-18 et R 232-12-20).
L'article R 232-12-21 précise que les consignes doivent prévoir
des essais et visites périodiques du matériel et des
exercices (réalisés tous les 6 mois).
D'après l'article L 231-3-1, tout chef d'établissement
est tenu de former le personnel qu'il embauche à la sécurité
dans l'entreprise. Sa responsabilité sera recherchée
en cas d'accident ou de sinistre.
Construction, travaux
Les articles R. 235-4 à R. 235-4-17 du Code du travail détaillent
les dispositions concernant la sécurité et la santé
que doivent observer les maîtres d'ouvrage lors de la construction
d'établissements industriels ou commerciaux ou lors de leurs
modifications, extensions ou transformations (décret n°
92-332 du 31 mars 1992 modifié).
Les locaux ou les emplacements dans lesquels sont entreposés
ou manipulés des substances ou préparations explosives,
comburantes ou extrêmement inflammables ne doivent contenir
aucune source d'ignition (foyer, flamme, appareil produisant des
étincelles) ni aucune surface susceptible de provoquer par
sa température une auto-inflammation des substances. Ce sont
des locaux non-fumeurs et doivent être signalés comme
tels. La ventilation doit être permanente et appropriée.
Articles R. 232-12-14 et 15 du Code du Travail
Articles R. 3511-1 et suivants du Code de la Santé publique.
Extincteurs
Ils doivent être suffisamment nombreux, appropriés
aux risques, en bon état de fonctionnement et facilement
accessibles. " Les propriétaires des extincteurs d'incendie
fonctionnant sous pressions doivent… faire effectuer les vérifications
périodiques nécessaires à leur maintien en
bon état… " (Article 19 § 1er de l'arrêté
du 20 mai 1963 modifié).
" Tous les appareils, quelqu'en soit le type, doivent, au moins
une fois par an, faire l'objet d'une vérification technique
et, le cas échéant, d'une remise en état. "
(Guide de la Maintenance des Extincteurs Mobiles - CNMIS - Ed. 01/93
- § 21 - Généralités, alinéa 5
page 5). Un extincteur portatif à eau pulvérisée
de 6 litres minimum tous les 200 m2 de plancher est obligatoire
par étage. Article R 232-12-17 du Code du travail.
Le désenfumage des locaux est une obligation règlementaire
prévue par l'article R 235.4.8 du Code du travail.
Un système de désenfumage doit permettre d'évacuer
les fumées de manière à assurer la praticabilité
et la sûreté des cheminements empruntés (en
termes de visibilité, de température supportable,
d'abaissement de la teneur en gaz toxiques et de maintien d'un taux
d'oxygène suffisant) et doit empêcher la propagation
des fumées et des flammes dans d'autres locaux. Comme tout
système de sécurité, il est essentiel qu'il
fonctionne au bon moment et à bon escient. Par conséquent,
et conformément à la réglementation française,
il est obligatoire de faire entretenir périodiquement les
installations de désenfumage par du personnel compétent.
L'entreprise à l'obligation d'installer un dispositif de
désenfumage naturel ou mécanique dans les locaux situés
en rez-de-chaussée et en étage de plus de 300 m2,
les locaux aveugles et ceux situés en sous-sol de plus de
100 m2 ainsi que dans tous les escaliers.
Dans le cas d'un désenfumage naturel, la surface totale des
sections d'évacuation des fumées et d'amenée
d'air doit être supérieure au centième de la
superficie du local desservi avec un minimum de 1 m2.
Dans le cas de désenfumage mécanique, le débit
d'extraction doit être au moins égal à un mètre
cube par seconde par 100 m2
Dégagements
Les articles R. 232-12 à R. 232-14-1 prévoient, entre
autres dispositions concernant la sécurité et la santé
applicables aux lieux de travail, la nature des dégagements
(portes, couloirs, circulations, escaliers, rampes). Le nombre des
issues de secours varie en fonction du nombre de salariés.
Si l'effectif est inférieur à vingt personnes, il
suffit de prévoir une issue (de 90 cm de large). Au-delà
de vingt salariés, il faut aménager d'autres sorties
ou des moyens d'évacuation complémentaires.
Dans tous les cas, les dégagements doivent permettre une
évacuation rapide et en toute sécurité des
salariés de l'entreprise.
Les portes utilisées pour l'évacuation de plus de
50 personnes doivent s'ouvrir simplement (pas de portes coulissantes,
à tambour ou s'ouvrant vers le haut) et dans le sens de la
sortie. Tous les escaliers doivent être munis de rampes ou
de main courante et doivent se prolonger jusqu'au niveau d'évacuation
vers l'extérieur (Article R 232-12-4).
Réglementation des installations classées
(protection de l'environnement) :
Lorsque l'établissement remplit les conditions fixées
pour être installation classée pour la protection de
l'environnement (ICPE), il doit être conforme aux prescriptions
de la loi n° 76-663 du 19 juillet 1976 et aux dispositions du
décret n° 77-1133 du 21 septembre 1977 modifié.
La plupart des arrêtés-types pris en application de
ce décret contiennent des mesures de prévention contre
l'incendie.
2/ ERP et IGH
ERP : "Etablissement recevant du public".
Sont considérés comme ERP "tous bâtiments,
locaux ou enceintes dans lesquels des personnes sont admises soit
librement, soit moyennant une rétribution ou une participation
quelconque, ou dans lesquels sont tenues des réunions ouvertes
à tout venant ou sur invitations payantes ou non" (article
R-123-2 du Code de la Construction et de l'Habitation). Les locaux
qui peuvent être assimilés au domicile privé
ou ceux réservés aux travailleurs ne sont pas des
ERP.
Les dispositions communes, que doivent respecter tous les ERP, sont
mentionnées dans l’arrêté du 25 juin 1980.
Les dispositions particulières à chaque type d’ERP
sont mentionnées par des arrêtés spécifiques.
Les degrés de résistance au feu sont définis
dans les articles CO11 à CO15 de l'arrêté du
25 juin 1980 ; ils varient entre ½ heure et 1 heure ½
(Tableau 2). Ils ne concernent que les éléments de
structure principaux, c'est-à-dire ceux dont la ruine a une
incidence sur la stabilité de la structure porteuse
IGH : "Immeuble de grande hauteur".
Les IGH regroupent tous les bâtiments dont "le plancher
bas du dernier niveau" est situé à plus de 50m
du sol pour les immeubles d'habitation, et à plus de 28 m
pour les autres immeubles.
Ces édifices doivent respecter un ensemble de règles
de construction et d'équipement visant à limiter le
plus possible la propagation d'un feu d'un étage à
l'autre (la durée minimum de sécurité est fixée
à deux heures), et à permettre l'évacuation
des occupants par des accès protégés, disposant
de système anti-fumées. Les IGH doivent satisfaire
aux exigences de l’arrêté du 18 octobre 1977
portant règlement de sécurité pour la construction
des IGH et leur protection contre les risques d’incendie et
de panique, modifié par l’arrêté du 22
octobre 1982.
Nota : Actuellement, une révision de l’arrêté
du 18 octobre 1977 est en cours et vise particulièrement
à introduire des exigences adaptées aux immeubles
de très grande hauteur (ITGH) c'est-à-dire les IGH
d’une hauteur supérieur à 200 mètres.
La prévention des risques d'incendie dans les établissements
recevant du public
Hôtels, cinémas, musées, restaurants, magasins...
autant de lieux où se concentre un nombre important de personnes.
Pour éviter que le moindre incident ne se transforme en tragédie,
les commissions de sécurité contrôlent et conseillent.
Créées en février 1941, elles ont pour mission
d'éclairer les autorités administratives chargées
de vérifier que les règles de sécurité
sont correctement appliquées dans les "établissements
recevant du public" (ERP) et les "immeubles de grande
hauteur" (IGH). Composées de techniciens, d'experts
et d'officiers sapeurs-pompiers titulaires du "brevet de Prévention",
ces commissions se déplacent sur le terrain pour contrôler
que les mesures dictées par le "Code de la Construction
et de l'Habitation" et le "Règlement de sécurité"
sont respectées.
Les commissions de sécurité interviennent à
plusieurs étapes : avant les travaux, lors de la demande
du permis de construire, à la fin des travaux, avant que
le maire ne délivre l'autorisation d'ouverture, et enfin,
lorsque l'établissement est ouvert au public, sous la forme
de visites régulières ou inopinées destinées
à vérifier qu'il est toujours en conformité
avec les normes de sécurité.
Arrêté du 2 mai 2005 77.98 Ko
Annexes
de l'arrêté 455.49 Ko
Voir
les avis des Commissions de sécurité
Selon la destination du
bâtiment, les exigences réglementaires applicables
à celui-ci sont placées sous la responsabilité
de divers ministères. Un bâtiment sera
soumis au moins à une des réglementations suivantes
:
- Réglementation relative aux ERP (Établissements
recevant du Public) dépend du Ministère de l’intérieur
;
- Réglementation relative aux IGH (Immeubles de Grande
Hauteur) dépend du Ministère de l’intérieur
;
- Réglementation relative aux bâtiments d’habitation
dépend du ministère de la construction et du
logement ;
- Réglementation relative aux établissements
assujettis au code du travail dépend du ministère
du travail ;
- Réglementation relative aux ICPE (Installations Classées
Pour l’Environnement) dépend du ministère
de l’écologie, du développement et de
l’aménagement durable.
Un même bâtiment peut être soumis à
plusieurs de ces réglementations à la fois.
Par exemple un bâtiment peut être un ERP tout
en étant assujetti au code du travail. |
Sources :
- Université de Rennes
- Dossier INRS " Incendie et lieux de travail " (www.inrs.fr/dossiers/incendie.html)
- NORISKO : brochure 29107 v6 « Equipier de première
Intervention »
- CTICM (Centre technique industriel de la construction mécanique)
http://www.cticm.org/IMG/pdf/Rsi_IGH.pdf
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