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Toutefois cette approche de la pénibilité basée sur des observations physiologiques durant l’activité professionnelle est contestée par certains qui jugent que la dimension psychologique devrait elle aussi être prise en compte. En effet la réforme ne tient pas rigueur des pathologies qui ne figurent pas dans les listes de maladies professionnelles et exclut toutes les maladies qui se déclarent après le départ en retraite. Pénibilité physique, pénibilité vécue : la limite de l’objectivitéLa notion de pénibilité peut renvoyer à des
critères variables selon qu’est considérée
la pénibilité liée aux gestes du travail dans
des conditions précises sur un certain poste de travail,
ou selon que l’on considère plus globalement la souffrance
physique ou psychique, voire le mal-être global au travail.
Les effets sur la santé peuvent s’analyser de diverses
façons, les indicateurs correspondant pouvant être
des indicateurs d’usure, de vieillissement prématuré
de l’organisme, des indicateurs de morbidité réversibles
ou irréversibles, à court, moyen ou long terme, ou
encore des indicateurs d’espérance de vie ou de mortalité.
Les données des études épidémiologiques,
ergonomiques ou autres, font ressortir la complexité du problème
et de la relation travail-santé. En effet, les contraintes
de travail peuvent se cumuler, avec des effets non seulement additionnels
mais interactifs sur la santé. De plus, les pathologies professionnelles
les plus fréquentes sont multifactorielles. L’exemple
des troubles musculo-squelettiques en est l’illustration. A côté de ces facteurs que l’on pourrait considérer comme prioritaires dans le cadre d’une discussion sur des cessations anticipées d’activité, du fait en particulier des effets démontrés à long terme, il existe une pénibilité plus subjective. On peut ainsi « démédicaliser » la pénibilité et analyser sa perception même par le salarié, caractérisée par la tension psychique ou le « stress au travail », pouvant exposer à court ou moyen terme à des décompensations psychopathologiques. Il a pu être démontré que les facteurs psychosociaux à l’origine d’un stress chronique au travail sont liés à un risque pour la santé mentale, mais aussi à un risque accru de pathologies de l’appareil moteur et surtout, à plus long terme, de risques coronariens. Dans l’ensemble de ces études, les facteurs psychosociaux et de stress au travail interagissent de façon étroite avec d’autres facteurs psychosociaux, notamment la dépression, l’anxiété et l’isolement social. Cela nécessite de prendre en compte la notion de parcours de vie, de parcours professionnel à risque, ainsi que de tout élément de précarisation du travail et de l’emploi pesant sur ce type d’effet sur la santé à long terme. La pénibilité revêt alors un autre visage, plus subjectif, moins visible, qui dépasse largement la définition proposée par le gouvernement le 27 octobre 2010.
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Lancement de la campagne gouvernementale 2010 sur les TMS Eric WOERTH, ancien Ministre du Travail, de
la Solidarité et de la Fonction publique, a officiellement
lancé, le 19 avril dernier, la campagne de communication
pour renforcer la mobilisation des entreprises en matière
de lutte contre les troubles musculo-squelettiques (TMS).
Cette campagne de communication, intitulée «Mettre
fin aux troubles musculo-squelettiques dans votre entreprise,
c’est possible», appelle les professionnels à
passer à l’action en engageant des démarches
de prévention. |
Les TMS sont donc une des conséquences physiologiques de
la pénibilité au travail, mais se développe
en parallèle une autre forme de pénibilité
moins aisément détectable que sont les risques psychosociaux.
Les risques psychosociaux (RPS) ne sont pas définis,
ni statistiquement, ni même juridiquement aujourd’hui
en France. Sous ce terme, on entend à la fois stress, mais
aussi violences sous forme de harcèlements. Il est important
de souligner le caractère subjectif de ce risque qui relève
de la perception propre à chaque individu. La plurifactorialité
des RPS est aujourd’hui affirmée et reconnue, caractérisée
à la fois par l’organisation du travail et les relations
interindividuelles.
Les facteurs à l’origine des RPS peuvent être
regroupés en quatre grandes familles :
- les exigences du travail et son organisation : autonomie dans le travail, degré d’exigence au travail en matière de qualité et de délais, vigilance et concentration requises, injonctions contradictoires,
- le management et les relations de travail : nature et qualité des relations avec les collègues, les supérieurs, reconnaissance, rémunération, justice organisationnelle,
- la prise en compte des valeurs et attentes des salariés : développement des compétences, équilibre entre vie professionnelle et vie privée, conflits d’éthique,
- les changements du travail : conception des changements de tout ordre, nouvelles technologies, insécurité de l’emploi, restructurations…
Le stress n’est donc qu’une manifestation des RPS, dont il est le concept le mieux défini et le terme générique le plus employé. De manière plus factuelle, le stress au travail a fait l’objet de plusieurs modélisations (les modèles de Karasek et de Siegrist sont les plus connus) qui ont contribué à déterminer précisément les dimensions permettant de le mesurer. Le stress est basé sur l’idée d’une combinaison d’éléments non compatibles entre eux, paradoxe qui serait à l’origine d’une situation de tension. Selon l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail de Bilbao, « un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face. Bien que le processus d’évaluation des contraintes et des ressources soit d’ordre psychologique, les effets du stress ne sont pas, eux, uniquement de même nature. Ils affectent également la santé physique, le bien-être et la productivité ».
Les risques psychosociaux ont des conséquences sur la santé
des salariés. Plusieurs mécanismes étiologiques
(effets des stresseurs de type psychosocial, augmentation de la
tension artérielle, comportements à risque…)
expliquent l’association entre facteurs de RPS et différents
indicateurs de santé à la fois physique et mentale.
Il a ainsi pu être montré que les facteurs psychosociaux
à l’origine d’un stress chronique au travail
sont liés à un risque pour la santé mentale,
mais aussi à un risque accru de pathologies de l’appareil
moteur et surtout, à plus long terme, de risques coronariens.
Dans l’ensemble de ces études, les facteurs psychosociaux
et de stress au travail interagissent de façon étroite
avec d’autres facteurs psychosociaux, notamment la dépression,
l’anxiété et l’isolement social. Leurs
impacts sur la santé de l’employé sont par effet
de répercussions visibles au sein de l’entreprise par
le phénomène d’absentéisme, le taux élevé
de rotation du personnel, le non-respect des horaires ou des exigences
de qualité, des problèmes de discipline, la réduction
de la productivité, des accidents du travail, une dégradation
du climat social, des atteintes à l’image de l’entreprise.
La pénibilité au travail est donc décelable
sur le lieu de travail par le développement de pathologies
multiples ayant des incidences sur la vie de l’entreprise.
Il semble difficile d’employer la notion de « métiers pénibles », car celle-ci semble trop globale et masque la mosaïque de situations particulières qui se distinguent au sein d’un même métier, suivant la mise en œuvre, par exemple, de mesures de prévention variables d’une entreprise à l’autre. Derrière des mêmes métiers se cachent des parcours professionnels particuliers pouvant avoir de lourdes conséquences sur la santé à long terme.
Tous les éléments de précarisation des parcours,
en particulier les périodes de chômage, la précarisation
contractuelle, le temps partiel imposé chez les femmes, la
précarisation statutaire (travail en sous-traitance) et,
plus globalement, les éléments de précarisation
du travail amenant à des conditions de travail pénibles,
ont des effets clairs sur la santé.
Un des témoignages les plus exhaustifs de la pénibilité
au travail, même s’il réduit sa perception et
ne concerne qu’une partie des problèmes de santé
au travail, est le nombre d’accidents ou de maladies du travail.
L’IRNS a proposé un dossier de statistiques publiées
par la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs
salariés pour l’année 2009 concernant ces deux
indicateurs : les chiffres des accidents du travail avec arrêt,
et un tableau des maladies professionnelles. Les chiffres démontrent
une baisse de la fréquence des accidents et du nombre d’accidents
mortels, alors que parallèlement, la hausse des maladies
professionnelles s’est poursuivie.

Ces tableaux permettent de mettre en évidence des secteurs plus touchés que d’autres par certaines contraintes, notamment le BTP et le secteur de l’industrie alimentaire, ainsi que la catégorie Services II qui regroupe entre autre les professionnels de la santé, particulièrement exposés aux risques sanitaires.
Les professionnels de la santé au travail se trouvent au cœur de la détection de la pénibilité au travail dans les textes de lois concernant la réforme des retraites. Ainsi, en parallèle de cette dernière, prend forme la réforme de la médecine du travail. La loi prévoit une organisation pluridisciplinaire autour du médecin du travail, qui peut ensuite s’appuyer sur des compétences diverses (ingénieur de prévention, ergonome, infirmier, assistant de santé au travail,…) pour accroître collectivement les capacités du service de santé au travail et ainsi améliorer la prévention des risques professionnels. Le projet définit les missions des services de santé au travail comme étant non seulement centrées sur les salariés pris individuellement, mais aussi sur la collectivité des travailleurs, avec une démarche plus systémique. La volonté derrière cette définition est bien de conférer une mission de veille sanitaire, de prévention de la santé au travail et en particulier de prévention primaire. La première de ces missions est bien de « conduire des actions de santé au travail visant à préserver la santé physique et mentale des travailleurs tout au long de leur parcours professionnel ». Derrière ces mots, c’est bien une politique de prévention de l’altération de la santé, dans une approche globale qui est visée. Le texte de la réforme prévoit aussi un dispositif de suivi/traçabilité des expositions à des facteurs de risques professionnels et des facteurs de pénibilité qui devrait permettre de pouvoir identifier précocement les facteurs de risques auxquels les travailleurs peuvent être exposés, notamment pour permettre la mise en œuvre d’une politique de prévention de l’employeur et une action complémentaire du médecin du travail. Les bases posées par ces articles de loi devront être prolongées par un travail réglementaire important. Le rôle des médecins du travail est donc essentiel pour la constatation des pénibilités mais aussi pour l’attribution ou non d’un droit à la cessation d’activité à 60 ans. Mais cette réforme suscite elle aussi des oppositions, et le 9 novembre 2010, le Conseil Constitutionnel a censuré la réforme, repoussant son application.
La pénibilité au travail doit être évaluée au cas par cas, mais quels critères doivent être pris en compte pour définir celle-ci ? Le gouvernement proposait de prendre en compte les critères physiques, mais les chercheurs y ajoutent des critères moins objectifs, liés à la perception des contraintes matérielles ou immatérielles liées au cadre de travail.
Pour tenter de mesurer les différentes pénibilités vécues par les salariés, certains programmes se sont développés, regroupant des professionnels de la santé. Il en est ainsi du dispositif EVREST (EVolution et RElations en Santé au Travail) mis en place en 2002. Celui-ci est un observatoire de la santé au travail qui opère par le mode du questionnaire. Dans une optique de prévention, il étudie les dynamiques de différents aspects du travail et de la santé des salariés. Il permet de traduire des informations recueillies au cours des entretiens médicaux, et ainsi de rendre visible, au niveau collectif, des données, généralement limitées au cadre de l’entretien singulier entre le salarié et le médecin. C’est la confrontation des données et l’étalement de l’opération au fil des années qui a rendu possible l’établissement d’indicateurs pertinents des caractéristiques du travail et de la santé. Il a permis :
- de constituer une base nationale, à partir d’un échantillon de salariés (ceux nés en octobre d’une année paire) parmi ceux vus par les médecins du travail (cette base pouvant être exploitée au niveau national et régional),
- de permettre à chaque médecin (ou à un groupe de médecins qui décideraient de se coordonner) de produire et exploiter l’ensemble de ses données pour enrichir la pratique de prévention et les réflexions sur le travail et la santé au niveau d’une collectivité de travail (entreprise, branche professionnelle, ...).
La base du travail et des données recueillies émergent d’un questionnaire dans lequel les médecins prennent en compte : les données sociodémographiques et professionnelles (âge, sexe, secteur d’activité, nombre salariés) ; les conditions de travail (horaires, contraintes de temps, appréciations sur le travail, contraintes physiques, expositions diverses) ; la formation et le tutorat ; le mode de vie (activité physique, tabac, café, trajets domicile/travail) ; mais aussi des données concernant la santé du patient. Le questionnaire interroge ce dernier sur 6 appareils : cardio-vasculaire et respiratoire ; digestif ; neuro-psychique ; ostéo-articulaire ; dermatologique ; et troubles de l’audition et selon quatre approches : plaintes et signes cliniques ; gêne dans le travail ; prises médicamenteuses ; diagnostic. De nombreux facteurs sont donc pris en compte pour dresser la situation du salarié et ainsi estimé son exposition à la pénibilité dans le cadre professionnel.
La pénibilité est une sorte de révélateur des nuisances au travail, permettant de mieux contrer celles-ci par l’amélioration des conditions du salarié.
SOURCES :
- Rapport de recherche du Centre d’Etude de l’Emploi,
Départs en retraite et « travaux pénibles
» L'usage des connaissances scientifiques sur le
travail et ses risques à long terme pour la santé
de GÉRARD LASFARGUES :
http://www.cee-recherche.fr/fr/rapports/retraite_travail_sante_lasfargues.pdf
- Première informations - premières synthèses
- DARES - Janvier 2008 - N° 03.1
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/2008.01-03.1-2.pdf
- GIS Evrest : http://evrest.istnf.fr/_front/Pages/page.php?page=33
- http://www.istnf.fr/site/Themes/detail.php?fiche=5507
- http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/...
- http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Les-RPS-c-est-quoi.html
- INRS "Troubles musculosquelettiques : s'informer et agir"
: http://www.inrs.fr/focus/PrevenirTMS.html
Les facteurs de pénibilité sont souvent reconnus, mais ils surgissent parfois sans avoir été envisagés, d’où l’importance de la connaissance d’outil de prévention.
L’analyse ergonomique du travail va permettre de prendre conscience des limites d’un système organisationnel et d’en corriger les composantes afin d’améliorer les conditions de travail du salarié. L’ergonomie va s’intéresser à l’aménagement des systèmes Hommes/Machines, ou de façon plus large aux conditions de travail et ainsi de tirer vers un optimal de sécurité, de confort, de santé, de satisfaction et d’efficacité. On peut distinguer deux grands courants d’ergonomie :
- l’ergonomie physiologique, qui s’intéresse aux espaces de travail (caractéristiques dimensionnelles, conception du plan de travail, ambiance de travail, nuisances, bruit…)
- l’ergonomie psychologique qui s’intéresse à la présentation et au traitement des informations, à l’organisation du travail, aux contraintes temporelles de travail.
L’analyse ergonomique permet de mettre en évidence le décalage entre les processus mentaux mis en œuvre dans la réalisation d’une tâche, et ceux prévus par les concepteurs. Cette différence entre le travail prescrit et le travail réel justifie l’intérêt d’une intervention ergonomique de l’analyse du travail. Selon les cas pourront y contribuer le médecin, l’ingénieur, les agents administratifs, sans oublier les intéressés eux-mêmes. L'objectif de l'analyse du travail en ergonomie est de déterminer les connaissances pertinentes pour l'aménagement ergonomique d'une situation de travail.
Les résultats de l'analyse doivent permettre, au travers de l'observation de l'activité des opérateurs :
- d’évaluer l’intérêt et les contraintes de la conception du système
- de définir le type d’aide dont a besoin l’opérateur pour réaliser sa tâche
- de faciliter la transition au nouveau système
- de fournir les premières spécifications du système.
Il faut pour cela tenir compte des possibilités techniques de réalisation, faire un effort d’innovation technique et accepter de remettre en cause les conceptions traditionnelles fondées trop souvent sur des critères insuffisants. L’analyse consiste en une « photographie » de la situation de travail dans son ensemble, à partir de l’identification des opérateurs, des tâches que les opérateurs exécutent, de l’activité mise en œuvre pour effectuer les tâches et enfin du contexte dans lequel les opérateurs et leurs tâches vont évoluer. Pour mener à bien cette analyse, il est nécessaire de constater la situation auprès de ceux qui font le travail. Ainsi l’analyse est une intervention sur le terrain de l’ergonome, qui a été préparée en aval. Le recueil des données sur le terrain doit ensuite être interprété pour rendre les résultats compréhensibles par les autres concepteurs. Suite à cela, l’ergonome est en mesure de proposer un programme d’actions. Son bilan permet d’apporter des solutions aux nouvelles formes d’organisation du travail.
L’Etat a cherché à mieux prévenir les risques au travail à travers la mise en place du Conseil d’Orientation sur les Conditions de Travail (COCT), outil devant amener la réduction des pénibilités au travail. Il a pour prérogatives de débattre des orientations des politiques liés aux conditions de travail. Il s’inscrit dans une démarche d’échange entre tous les acteurs de la prévention des risques professionnels et dirige des travaux qui visent à aboutir à des diagnostiques partagés, à proposer des orientations opérationnelles, anticiper des évolutions, encourager les pratiques innovantes, mais aussi identifier et prévenir les risques émergents, en vue de contribuer à assurer la santé et la sécurité au travail, et l’amélioration des conditions de travail. Pour mener à bien ces projets ce Conseil est permanent et se compose de représentants des organisations de salariés et d’employeurs, de représentant des organismes de prévention et d’expertise, et de représentants des administrations. Il sert de relais avec le Ministère du Travail auquel il adresse une synthèse annuelle sur les évolutions constatées. Il est consulté lors de l’élaboration des plans nationaux d’action et les projets d’orientations des politiques publiques. Y est associé un observatoire de la pénibilité qui est chargé d’apprécier la nature des activités pénibles et de proposer des mesures pour améliorer les conditions de travail des salariés exposés. Dans le cadre de l’élaboration du Plan Santé au Travail (PST) 2010-2014, un groupe de recherche a été chargé de traiter de la pénibilité à travers la question du vieillissement des salariés et de l’usure au travail.
Afin de pouvoir concrétiser les ambitions d’amélioration des conditions de travail, le gouvernement a mis en place plusieurs fonds permettant aux entreprises d’améliorer leurs systèmes. Ainsi le FACT (Fonds pour l’amélioration des conditions de travail) est un dispositif qui a pour objet de proposer des subventions publiques aux entreprises désireuses de concevoir ou de mettre en œuvre des mesures d’amélioration des conditions de travail et contribuant à une meilleure prévention des risques au travail. Le FACT finance des projets qui peuvent avoir pour finalité de rectifier des situations de travail insatisfaisantes, caractérisées par les syndromes néfastes évoqués précédemment à l’instar des troubles musculo-squelettique ou, les risques psychosociaux. Deux types d’aides sont mises en place :
- des aides à l’accompagnement dans les projets d’amélioration des conditions de travail,
- une participation au financement d’une étude technique réalisée dans le cadre d’un projet d’équipement de travail.
Des organismes spécialisés peuvent aider l’entreprise à établir un premier diagnostic afin de prendre les mesures nécessaires. En mettant en lien la santé des salariés, leurs itinéraires professionnels et les contraintes de travail, le médecin, l’intervenant en prévention des risques professionnels (IPRP) et les acteurs de l’entreprise vont ensemble identifier les causes et suggérer des actions pour lever les difficultés. Des institutions de prévention (CARSAT, MSA, ARACT et OPPBTP) peuvent également aider l’entreprise à structurer sa démarche.
L’ergonomie prend de plus en plus de place dans la réduction des pénibilités au travail, par l’application des principes de l’analyse ergonomique abordée précédemment. On observe 7 paramètres à prendre en compte dans une démarche d'aménagement des espaces de travail : accès et circulation, communications, contraintes de temps, nuisances physiques et chimiques, informations, manutention et efforts, dimensionnement et postures. Le salarié doit en effet prendre conscience de l’importance des gestes qu’il exécute et des postures qu’il adopte.
La posture est principalement déterminée par les caractéristiques et les exigences de la tâche à effectuer, les contraintes internes (physiologiques, biomécaniques pour conserver l'équilibre) et les caractéristiques de l'environnement. Aucune posture de travail n'est "neutre". Une "mauvaise" posture (torsions du corps, inclinaisons, déséquilibre) n'est pas adoptée "librement" par l'opérateur, mais est le résultat d'un compromis entre les éléments précités. La posture est donc une des composantes de la charge de travail qui influe sur la pénibilité de la situation.
Toute déviation par rapport à la position "idéale" va entraîner une augmentation de la dépense énergétique et, à plus ou moins long terme, des raideurs et douleurs du dos, du cou, des bras selon la posture adoptée. La posture peut avoir des conséquences pathologiques, en cas d'efforts importants effectués dans une posture défavorable.
L’ergonomie permet aussi d’améliorer les conditions de travail par l’acquisition d’un matériel adapté. Le siège de travail doit être appréhendé comme un "outil de travail" à part entière : le travail assis doit être recherché chaque fois que cela est possible, des changements de posture sont essentiels pour la santé et le choix du type de siège est fonction de la posture de travail la plus fréquente (travail assis, travail debout).
L’organisation du poste de travail est aussi sujette aux adaptations ergonomiques : de nombreux exemples illustrent un mauvais agencement (dimensions d’aires de travail, outils, machines, forces à exercer) provoquant des efforts physiques inutiles ou amplifiés, des difficultés dans la manipulation d’objets. Il devient ainsi nécessaire à l’entreprise de concevoir, d’adapter un poste de travail à ses utilisateurs, permettant d’économiser la santé des travailleurs, mais aussi, souvent, une augmentation de la productivité.
De nombreux autres facteurs entrent dans le sentiment de pénibilité au travail :
- le travail sur écran par exemple peut engendrer des troubles de la santé : fatigue visuelle, troubles musculo-squelettiques, stress : là aussi un aménagement est nécessaire,
- les nuisances sonores (pouvant engendrer un affaiblissement de l’ouïe, la réaction non souhaitée du système nerveux central et autonome, l'entrave à la communication verbale ou autre, la diminution des performances et des fonctions cognitives, la gêne),
- l’éclairage,
- la ventilation, la climatisation et le chauffage,
- l’installation électrique,
- la signalisation, la signalétique, les couleurs,
- les moyens de manutention et de levage permettant de prévenir des risques de lombalgies et de troubles musculo-squelettiques.
La réduction de la pénibilité passe donc par l’application des principes ergonomiques au lieu de travail dans son ensemble. Mais d’autres démarches plus surprenantes sont proposées au sein de certaines entreprises pour améliorer la santé des salariés.
La réduction de la pénibilité passe aussi par une meilleure condition de santé du salarié. En effet, une mauvaise condition physique et l’obésité contribuent à rendre un travailleur plus vulnérable aux accidents du travail, aux troubles musculo-squelettiques et même aux risques psychosociaux. Le tabagisme, la consommation de caféine, la suralimentation, la malnutrition, ou encore le manque d’activités physiques peuvent avoir des répercussions sur le salarié et, par conséquent, sur son travail.
Des entreprises ont considéré ce facteur en mettant en place des programmes originaux de recours à des intervenants extérieurs. Ainsi des kinésithérapeutes peuvent intervenir à intervalles variables pour détecter et soulager les traumatismes occasionnés sur l’organisme par l’exercice de certaines tâches. D’autres font appel à des masseurs afin de relaxer leurs salariés soumis au stress (commerciaux, acheteurs…). Enfin des cours de sports peuvent être organisés, notamment dans les secteurs sollicitant fortement le corps : ainsi des échauffements d’une vingtaine de minutes permettent de prévenir chez les déménageurs, les employés du bâtiment, certains accidents du travail, à l’instar des sportifs qui ne peuvent commencer à solliciter leur corps qu’après l’avoir préparé.
L’obésité peut être considérée comme un facteur de risque élevé de blessure, mais aussi de fatigue, de troubles musculo-squelettiques et de problèmes cardiaques. La diététique d’entreprise est ainsi une branche qui s’est développé proposant aux employeurs de mettre en place des programmes diététiques au sein de leur établissement. En plus d’un suivi proposé auprès d’un nutritionniste ou diététicien, les employés peuvent se voir offrir des plats équilibrés, et adaptés à leur activité au sein des restaurants d’entreprises, avec le travail en aval d’un professionnel de la nutrition.
Si de prime abord, ces facteurs personnels semblent extérieurs aux préoccupations de l’entreprise, il est incontestable qu’un employé en meilleure forme sera plus productif et moins sujet aux risques d’accidents du travail. Indirectement, pénibilité au travail et santé physique du salarié se trouvent ainsi liés.
SOURCES :
- http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Stress-les-risques-psychosociaux.html
- http://www.anact.fr/web/services/FACT
- http://web.univ-pau.fr/~lompre/demarche/demarche.htm
- INRS "Comment concevoir et aménager des postes
de travail" : www.inrs.fr/dossiers/conceptionposte.html
- INRS "Le travail sur écran"
www.inrs.fr/dossiers/ecran.html
- INRS "Conception des lieux et des situations de travail"
www.inrs.fr/dossiers/
conception.html
- http://www.travail-solidarite.gouv.fr/le-ministere,149/le-conseil-d-orientation-sur-les,1455
Documents mis en ligne en novembre 2010
Dossier : "conditions de travail"
Équipements de Production
Confort acoustique
2011-05-01
Hôpitaux / Laboratoires / Médecine du travail
Santé au travail - Ce qui change
2010-09-01
Bien-être au travail
Risques psychosociaux
2010-04-01
Aménagement des Espaces de Travail Tertiaires
Ergonomie et aménagement des véhicules utilitaires
2010-03-01
Bien-être au travail
Comment réduire la pénibilité au travail
2009-11-01
Hôpitaux / Laboratoires / Médecine du travail
Le Défibrillateur : utilité et utilisation
2008-11-01
Hôpitaux / Laboratoires / Médecine du travail
Formations PRAP
2007-03-01
Hôpitaux / Laboratoires / Médecine du travail
Conduites addictives
2006-12-01
Hôpitaux / Laboratoires / Médecine du travail
Stress et souffrance au travail
2006-12-01
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