Prévention des risques en établissements de soins Les risques dans les établissements de soins (2/2)
Panorama des différents risques auxquels sont soumis les
personnels des établissements de soins
Le risque de légionellose
Un programme d’actions est mis en œuvre dans chaque
établissement de santé depuis le 31 décembre
2002 en concertation avec le Comité de lutte contre les
infections nosocomiales (CLIN). Il devait permettre de définir
: les spécificités de l’établissement,
les missions et responsabilités de chaque intervenant,
l’échéancier d’application du programme
d’action et les actions à mettre en œuvre au
sein de l’établissement. Les établissements
de santé devaient par ailleurs recenser toutes les tours
aéroréfrigérantes situées dans l’établissement.
Une circulaire du 22 avril 2002 préconise la mise en place
d’un plan d’actions spécifique de gestion du
risque de légionellose dans chaque établissement
de santé. Le programme comprend la description et l’échéancier
des actions mises en œuvre. Il a notamment pour objectifs
de garantir des installations de distribution d’eau par
des experts, de définir un protocole et un calendrier de
surveillance, d’entretien et de maintenance des installations
(suivi de la température de l’eau et des concentrations
en légionelles), de planifier les travaux de réfection
(le cas échéant afin de supprimer les défauts
de conception), de définir un protocole de mesures préventives
destinées aux services accueillant des patients à
haut risque… Un carnet sanitaire doit être mis en
place pour chaque installation à risque (toutes les opérations
réalisées doivent y être consignées),
Chaque action fait l’objet d’une fiche technique inclue
dans la circulaire n° 2002/243 du 22 avril 2002 relative à
la prévention du risque lié aux légionelles
dans les établissements de santé.
Les infections nosocomiales
Historiquement, les infections nosocomiales désignaient
les infections contractées à l’hôpital.
Avec l’arrêté du 23 septembre 2004 portant
création d'un Comité technique des infections nosocomiales
et des infections liées aux soins (CTINILS), la lutte contre
les infections nosocomiales concerne désormais l’ensemble
des professionnels de santé, qu’ils soient hors ou
au sein des établissements de santé. Ces recommandations
ont pour objectif la réduction des infections transmises
lors d’actes de soins, notamment par les dispositifs médicaux,
la réduction des infections croisées et le contrôle
du risque infectieux lié à l’environnement.
Les infections nosocomiales concernent aussi les professionnels
de santé, amenés à être contaminés
lors des soins. Si la fréquence de ces accidents a très
fortement diminué, c’est certes grâce à
la généralisation des matériels de sécurité
et à l’amélioration des pratiques à
risque, mais c’est aussi par la formation à l’application
de ces mesures.
Le risque infectieux
Les services d’anatomie et cytologie pathologiques, les
salles d’autopsie, les chambres mortuaires et les laboratoires
de biologie «spécialisés ATNC», sont
exposés de façon spécifique au risque de
transmission des agents transmissibles conventionnels (ATC) et
non conventionnels (ATNC). Des dispositions particulières
doivent être prises pour prévenir ce risque.
Les rayonnements ionisants
Les effets des rayonnements sur l’organisme sont de deux
types : on observe des effets à court terme, dits déterministes
(liés directement aux lésions cellulaires et pour
lesquels un seuil d’apparition a été défini)
et des effets à long terme et aléatoires (cancers
et anomalies génétiques). Ils se manifestent de
quelques heures à plusieurs mois ou années après
l’irradiation.
En radioprotection, comme dans d’autres domaines, il est
primordial d’intégrer la sécurité le
plus en amont possible, prenant en compte tous les aspects (organisationnels,
opérationnels, chimiques, ionisants…). Pour des situations
existantes, comprenant des risques d’expositions externes
ou de contamination, il est indispensable de passer une phase
d’évaluation et de quantification du risque puis
vérifier que les mesures de radioprotection sont bien appliquées
et que les doses d’exposition ne dépassent pas les
valeurs réglementaires établies. Si le danger radioactif
est lié à la présence de sources radioactives,
le risque «rayonnements», lui, est invisible et impalpable.
Le repérage rigoureux des zones à risque d’exposition
et des sources revêt donc une importance particulière.
Des murs ordinaires ou des cloisons ne sont pas un obstacle à
la propagation de certains rayonnements ionisants. De plus, ceux-ci
peuvent être réfléchis et diffusés
par les murs, sols ou plafonds.
La délimitation de zones, définies en fonction
de l’exposition potentielle aux rayonnements ionisants,
permet de hiérarchiser les niveaux de dangerosité
des lieux de travail sur lesquels sont utilisées des sources
de rayonnements ionisants. Un arrêté (arrêté
du 15 mai 2006) précise les conditions de délimitation
de ces zones compte tenu de niveaux de référence
correspondant à des doses délivrées en 1
heure, ainsi que les règles d’hygiène, de
sécurité et d’entretien qui y sont imposées,
ainsi que les règles d’accès et d’affichage.
L’exposition aux cytostatiques
Les cytostatiques sont des médicaments utilisés
dans le traitement des cancers. Ces substances interfèrent
avec le cycle cellulaire soit en modifiant la structure de l’ADN,
soit en perturbant la synthèse protéique. La survenue
de néoplasies secondaires ou d’insuffisance gonadique
chez les patients traités par chimiothérapie pose
la question de l’éventuelle toxicité pour
le personnel soignant appelé à manipuler ces produits.
D’autant qu’une contamination peut se produire par
voie respiratoire et/ou digestive par le biais de la production
d’aérosols liquides ou solides au cours des préparations
ou par voie cutanée en l’absence de protections efficaces.
Le cadre temporel
La quantité de tâches à réaliser en
un temps donné s’accroît fortement. Tout en
s’activant pour tenir les délais, il faut aussi rester
capable de faire face aux imprévus et aux interruptions
: la contrainte évènementielle s’ajoute à
l’accumulation. Cela entraîne des changements intempestifs
dans la planification des tâches. Ces modifications ont
des effets en cascade d’un intervenant à l’autre
et perturbent la coopération entre professionnels, surtout
lorsque les remaniements de la conduite des soins font que les
soignants reçoivent des instructions contradictoires.
La fatigue
L’accumulation de «fatigues», détermine
lourdement les comportements des soignants. Le manque de sommeil,
le poids des doubles journées (travail professionnel et
travail domestique), le stress temporel, la « mauvaise »
ambiance au travail, la répétition des tâches
monotones constituent un ensemble (non exhaustif) de causes de
fatigue, syndrome qui n’est pas sans produire des effets
pervers. La fatigue constitue ainsi un facteur important de prise
de risque. Les personnes concernées n’ont plus l’énergie
nécessaire pour prendre soin d’elles, pour se contraindre
à organiser leur activité en fonction de principes
qui requièrent un état intérieur suffisamment
serein pour s’auto-contrôler et avoir tout simplement
envie de se protéger.
La manutention manuelle
Pour beaucoup de soignants, la manutention
manuelle reste encore un “à-côté”
difficile mais incontournable de leur travail ou, au pire, une fatalité.
Cette position traditionnelle, qui fait du malade une priorité
et s’intéresse peu ou pas du tout à la santé
du soignant, doit évoluer.
Des données récentes montrent que les soignants
sont les plus exposés aux manutentions manuelles et se
placent juste derrière les ouvriers du bâtiment pour
les postures pénibles.
On entend par “manutention manuelle” le soulèvement,
le maintien, le déplacement et le transport de malades
ainsi que les efforts exercés sur des matériels
ou appareils.
Sources
- INRS :
Brochure ED 862 : «Méthode d’analyse des manutentions
manuelles destinée aux établissements et personnels
de soin»,
www.inrs.fr/publications/ed862.html
Brochure ED 932: «Les rayonnements ionisants. Paysage institutionnel
et réglementation applicable».
www.inrs.fr/publications/ed932.html
Dossier Hygiène au travail : www.inrs.fr/dossiers/hygiene.html
http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/intranetobject-accesparreference/ED%20932/$file/ed932.pdf
- http://www.agence-nationale-recherche.fr/documents/uploaded/2009/SEST2005/34caillard.pdf
Auteurs : Charles Gadea et Jean-François Caillard
- http://www.sdtefp-languedocroussillon.travail.gouv.fr/Article.aspx?ArticleID=140
- HAS : http://www.has-sante.fr/portail/jcms/j_5/accueil
- Inforeg - environnement - Service de la CCI de Paris : http://www.environnement.ccip.fr/Thematique/Sante-Securite/Legionellose/...
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