Lutte incendie en entreprise :
Normes et nouveautés législatives 2011
L’incendie
est une combustion qui se développe sans contrôle dans
le temps ni dans l’espace. La combustion est une réaction
chimique d’oxydation d’un combustible par un comburant,
nécessitant une source d’énergie pour être
initiée. Pour que le feu prenne, il faut donc du combustible,
du comburant et une source d’énergie, combinaison que
l’on peut appeler « le triangle du feu ».
Etant donné que sur les lieux de travail, le comburant (oxygène
de l’air) et le combustible (matériaux de construction,
produits manipulés, stockés, ou fabriqués)
sont toujours présents, tous les établissements industriels
et commerciaux présentent des risques d’incendie dès
lors qu’il y a source d’énergie.
L’impact d’un incendie sur la vie de l’entreprise
est important. Le nombre de morts dans des incendies d’entreprise
sont très peu nombreux, et quand ils surviennent, les causes
en sont l’asphyxie et l’intoxication. C’est cela
qui explique que la législation française soit axée
sur l’évacuation des personnes et le désenfumage.
A côté des conséquences humaines, la chaleur
dégagée par le feu entame parfois la résistance
des bâtiments et peut ainsi occasionner un effondrement. Les
outils de production peuvent être détruits ou largement
dégradés. Le bilan est souvent très lourd pour
les établissements : dans près de 70% des sinistres,
l’entreprise disparait et le personnel se retrouve au chômage.
La prise en compte du risque incendie en prévention est donc
fondamentale.
Le risque incendie : un enjeu au coeur de la prévention
des risques sur les lieux de travail
La sécurité sous la responsabilité du chef
d'établissement
D’après l’article L.230-2 du Code du travail,
le chef d’établissement doit prendre les mesures nécessaires
pour assurer la sécurité et la santé physique
et morale des travailleurs de l’établissement, y compris
les travailleurs temporaires. Ces mesures comprennent des actions
de prévention des risques professionnels, d’information
et de formation ainsi que la mise en place d’une organisation
et de moyens adaptés. Lorsque dans un même lieu de
travail, les salariés de plusieurs entreprises sont présents,
les employeurs doivent coopérer à la mise en œuvre
des dispositions relatives à la sécurité, à
l’hygiène et à la santé.
Le Code du Travail (Article R- 4641) édicte que tout chef
d’établissement « est tenu d’organiser
une formation pratique et appropriée en matière de
sécurité au bénéfice des personnels
qu’il embauche ». C’est aussi à lui, selon
l’article R-4227-39, de « prendre les mesures nécessaires
pour que tout début d’incendie puisse être rapidement
et efficacement combattu dans l’intérêt du sauvetage
du personnel». La responsabilité des chefs d’entreprise
dans la protection des employés à donc été
pointée du doigt par les textes officiels.
Depuis le 23 janvier 2010 « tous les entrepreneurs assujettis
au Code du Travail doivent établir des instructions pour
faciliter l’évacuation rapide des personnes présentes
dans les locaux professionnels et en informer leurs salariés
» (Décret n° 2010-78 du 21 janvier 2010 relatif
à l'information des travailleurs sur les risques pour leur
santé et leur sécurité, modifiant les articles
du Codes du Travail : R 4141-1 à R 4143-2 et R 4227-1 à
R 4227-57).
Pour les établissements de plus de 50 personnes et ceux où
sont manipulées et mises en œuvres les matières
inflammables, l’employeur doit informer les travailleurs par
des consignes de sécurité incendie et des instructions
comportant l’identité des personnes chargées
de mettre en œuvre les moyens d’extinction et de secours,
de diriger l’évacuation et d’alerter les secours
en cas d’incendie.
Cette nouvelle législation a pour but de faciliter l’évacuation
en cas d’incendie des personnes présentes sur le lieu
de travail.
L’entrepreneur doit donc prendre la démarche de prévention
des risques incendies au sérieux pour s’assurer d’un
accomplissement de ses devoirs vis-à-vis de ses salariés
et de la loi.
Une préoccupation étatique : l'émission de
normes, décrets et lois
La question de la sécurité mise en place pour lutter
contre les incendies réapparaît de façon régulière
dans les textes de loi. En effet de nombreuses modifications sont
apportées tous les ans pour faire appliquer dans les entreprises
les évolutions opérées dans le domaine de la
sécurisation.
En matière d’incendie, la règlementation vise
essentiellement à protéger les personnes. Néanmoins,
les assureurs préconisent des mesures propres à protéger
les biens. Les deux grands principes qui ressortent de la lecture
des décrets et lois consistent en l’évacuation
des personnes hors des bâtiments et leur isolement dans des
zones résistant au feu. La prise en compte du risque incendie
s’inscrit dans la démarche globale de prévention
des risques (Code du Travail, articles L 4121-1 à 4121-5).
Cette dernière consistant à :
- Eviter les risques,
- Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités,
- Combattre les risques à la source,
- Adapter le travail à l’homme,
- Tenir compte de l’état d’évolution
de la technique,
- Remplacer ce qui est dangereux par pas ou moins dangereux,
- Planifier la prévention,
- Prendre des mesures de protection collective en leur donnant
la priorité sur les mesures de protection individuelle,
- Donner les instructions adaptées aux travailleurs.
Le premier texte auquel il faut se référer est en
effet le code du travail. Les articles spécifiques au risque
incendie y sont peu nombreux. Si l’établissement est
également un ERP (Etablissement recevant du public) ou un
IGH (immeuble de grande hauteur), les employeurs doivent faire en
sorte de respecter les textes auxquels ces derniers sont soumis.
Les articles R 4216-1 jusque R 4216-31 sont relatifs aux dispositions
concernant la sécurité et la santé que doivent
observer les maîtres d’ouvrages lors de la construction
de lieux de travail ou lors de leurs modifications, extensions ou
transformations.
Les articles R 4227-1 à R 4227-57 détaillent les obligations
du chef d’entreprise en terme de sécurité et
santé applicables aux lieux de travail. Cet article définit,
point après point, les modifications complétant ces
textes du Code du Travail sur les constructions, les équipements
ou les questions liées à la formation du personnel.
Parallèlement au code du travail, d’autres règlementations
doivent être prises en compte comme celles concernant les
installations classées, les ERP ou les IGH. Le chef d’établissement
doit aussi veiller au respect des normes des matériels et
installations. Les instruments de lutte contre l’incendie
doivent être détenteurs soit du sigle NF, soit du sigle
APSAD ou AFNOR. En effet la Fédération française
des sociétés d’assurance établit, en
partenariat avec le CNPP (Centre National de Prévention et
de Protection) la règlementation concernant les matériels
anti-incendie.
La règlementation concernant la lutte contre le risque incendie
dépend donc de plusieurs instances : du gouvernement, mais
aussi du CNPP et de l’APSAD qui effectuent en travail en commun.
Comment évaluer le risque incendie dans son entreprise?
Pour évaluer ce risque, il faut organiser une prévention
qui consiste à :
- Définir et recenser les normes en interne,
- Désigner le responsable « incendie » qui
va s’entourer de compétences internes (responsable
maintenance, médecin du travail) et en externe (service
départemental d’incendie et de secours),
- Associer les instances représentatives du personnel (CHSTC,
délégués du personnel),
- Planifier les différentes étapes de la démarche
retenue,
- Communiquer et informer sur les actions entreprises.
Les origines d’un incendie sont essentiellement dues à
la présence de produits combustibles, il sera primordial
d’en établir la liste, d’en étudier la
nature, d’en connaître les caractéristiques physico-chimiques
et d’en recenser les conditions de stockage ou d’utilisation.
Pour faciliter la prévention dans les entreprises, l’INRS
a mis en ligne un tableau d’aide à l’évaluation
du risque incendie. Il permet à l’employeur d’élaborer
un plan d’action.
Consulter le tableau :
http://www.inrs.fr/.../IncendieGrilleEvalRisque.doc
En plus de cet outil, l’entrepreneur à la possibilité
de s’adresser à différents organismes qui peuvent
l’accompagner :
- Les services départementaux d’incendie et de
secours (SDIS),
- Le Centre national de prévention et de protection (CNPP),
- Les experts incendie des assureurs, car c’est en effet
la Fédération française des assureurs qui
édicte les règles APSAD éditées par
le CNPP,
- Les correspondants régionaux des Carsat et des CGSS,
- La Fédération française du matériel
incendie (FFMI).
La prévention du risque incendie consiste à mettre
en place des mesures organisationnelles, limiter les conséquences
humaines et matérielles et supprimer les causes de déclenchement
d’un incendie, ce qui passe par la mise en place d’installations
adéquates.
Construction,
installation, équipements : les infrastructures de lutte
contre l'incendie
Les mesures à prendre en compte lors de la construction
La prévention des incendies et des explosions passe par
des moyens appropriés, humains et matériels, de prévention
de lutte contre l’incendie. Le chef d’établissement
définit ses moyens en fonction du nombre de personnes occupées
dans l’enceinte de l’établissement et des risques
encourus. L’idéal est d’agir le plus en amont
possible, lors de la conception des locaux. Des mesures doivent
être prises afin de limiter la propagation de l’incendie
à l’instar d’obstacles, de murs et de portes
coupe-feu.
Le choix des matériaux s’avère stratégique
: il est important de tenir compte de leur comportement au feu (réaction,
résistance). L’arrêté du 24 mai 2010,
propose des solutions pour protéger les façades des
ERP, IGH et immeubles d’habitation de la propagation du feu
et prône de nouvelles techniques de construction (utilisation
du bois par exemple). Il modifie les articles CO20 et CO21, ainsi
que les instructions techniques n°249 relatives aux façades
prévues dans la circulaire du 3 mars 1982. Enfin, les locaux
à risques doivent être isolés du reste de l’ensemble.
Il est aussi demandé de réaliser des issues et des
dégagements en nombres et dimensionnements suffisants pour
faciliter l’évacuation et l’accès au secours.
Ils doivent être accessibles en permanence, libres et bien
indiqués. L’arrêté du 24 septembre 2009,
qui est entré en vigueur le 24 janvier 2010 et qui concerne
tous les chefs d’ERP apporte des modifications sur les conditions
d’évacuation des personnes handicapées. Il impose
:
- La création à chaque niveau d’espaces
d’attente sécurisés,
- La création de cheminements praticables menant aux sorties
et aux espaces d’attente sécurisés,
- L’installation d’un équipement d’alarme
perceptible tenant compte de la spécificité des
locaux et des différentes situations de handicap des personnes
amenées à les fréquenter
- L’élaboration, sous l’autorité de
l’exploitant, des procédures et consignes d’évacuation
prenant en compte les différents types de handicaps,
- La formalisation, dans le dossier de sécurité
des solutions retenues pour l’évacuation de chaque
niveau de la construction en tenant compte des différentes
situations de handicap,
- La mise en place d’un désenfumage efficace est
aussi nécessaire. Il s’agit en général
d’ouvertures dans les toitures ou en partie haute dans les
parois.
L’arrêté du 11 décembre 2009, portant
approbation de diverses dispositions complétant et modifiant
le règlement de sécurité contre les risques
d’incendie et de panique dans les établissements recevant
du public (Journal Officiel du 16 février 2010), apporte
des précisions sur les installations électriques.
En effet, en plus de modifier la règlementation sur l’emplacement
des centrales de traitement d’air et des unités de
toitures monoblocs, l’article revient sur les dispositions
électriques et la révision des normes électriques.
Il précise les lieux d’installation des batteries d’accumulateurs,
des tableaux « normaux », pour ensuite se pencher sur
la règlementation entourant l’alimentation électrique
des installations de sécurité.
L’arrêté du 18 février 2010 apporte des
précisions sur les moyens de lutte incendie dans les installations
de type CTS (chapiteaux, tentes, et structures).
La réhabilitation, la remise aux normes des bâtiments
est bien évidemment possible, mais ces mesures sont à
prendre en compte dès la reconstruction de l’établissement.
En outre, d’autres éléments sont inclure dans
la démarche, tels que les matériels indispensables
pour lutter contre l’incendie.
Les besoins en matériels efficaces et adaptés
L’entreprise prend en compte toutes les précautions
dans les éléments de construction et doit également
se doter d’équipements visant à limiter la propagation
du feu ou à l’éteindre.
Pour ce faire, elle à l’obligation de mettre en place
un système de sécurité incendie (SSI). Deux
éléments le compose : le système de détection
incendie et le système de mise en sécurité
incendie (regroupe organes de signalisation, de commande et dispositifs
actionnés de sécurité). Le SSI comporte l’ensemble
des équipements assurant la mise en sécurité
d’un bâtiment ou d’un établissement en
cas d’incendie. Selon l’article R231-54-13, des systèmes
d’alarmes et autres communications doivent être installés
pour permettre, en cas d’accident, d’incident ou d’urgence
de permettre de mettre en place les mesures qui s’imposent
et le déclenchement des opérations de secours, d’évacuation
et de sauvetage.
L’article R-4227-36 donne des précisions sur les établissements
concernés par l’obligation de l’installation
d’un système d’alarme sonore. Il précise
que celui-ci doit être audible en tout point du bâtiment
pendant le temps nécessaire à l’évacuation
(autonomie minimale de cinq minutes). Il peut être complété
de signaux visuels dans le cas où certains salariés
ne seraient pas en mesure d’entendre l’alarme (pièces
bruyante, port de casque antibruit…). Certaines modifications
ont été apportées par l’article PE27
de l’arrêté du 11 décembre 2009, publié
dans le Journal Officiel du 16 février 2010.
Le chef d’établissement doit aussi prévoir
les moyens de lutte contre l’incendie afin d’assurer
le sauvetage du personnel (détaillé dans les articles
R 232-17).
Pour cela l’entreprise doit se munir d’extincteurs.
Un extincteur portatif à eau pulvérisée de
six litres minimum pour 200 m² de plancher est obligatoire
par niveau. Lorsque les locaux présentent des risques d’incendie
particuliers, ils doivent adapter en nombre et en types leurs extincteurs.
Les établissements sont équipés si cela est
jugé nécessaire de :
- RIA (robinets d’incendie armé),
- Colonnes sèches,
- Colonnes humides,
- Installations fixes d’extinction automatique d’incendie,
- Installations de détection automatiques d’incendie.
Tous ces dispositifs d’extinction doivent être, lorsqu’ils
ne sont pas automatiques, d’accès ou de manipulations
faciles. Lorsque la nécessité l’impose, une
quantité de sable, de terre meuble, proportionnée
à l’importance de l’établissement, à
la disposition des locaux et à la nature des travaux exécutés
est conservée à proximité des emplacements
de travail, avec un moyen de projection.
Des mesures ont été édictées sur l’utilisation
et le placement des cheminées à foyers ouverts ou
fermés, inserts et matériels fonctionnant à
l’éthanol dans l’arrêté du 7 juin
2010 paru dans le Journal Officiel du 13 juin 2010.
La loi N°2010-238 du 9 mars 2010 déclare que «
l’occupant d’un logement, qu’il soit locataire
ou propriétaire, installe dans celui-ci au moins un détecteur
de fumée normalisé. Il veille à l’entretien
et au bon fonctionnement de ce dispositif ». « Cette
obligation incombe au propriétaire non-occupant dans des
conditions définies par décret en conseil d’Etat…
».
Les outils d’évacuation du personnel
Si les bâtiments répondent aux normes anti-incendie,
que le matériel d’intervention est en nombre et adapté,
il reste toutefois, pour limiter les risques humains en cas d’incendie,
à signaler aux salariés la conduite à adopter
en situation. Pour cela différents outils sont à mettre
en place.
Tout d’abord, l’entrepreneur doit veiller à ce
qu’il y ait un balisage, une signalisation et une signalétique
adaptés. Ceux-ci doivent répondre à certaines
obligations règlementaires, qui définissent notamment
la délimitation de zones à risques ou l’implantation
de l’éclairage de sécurité. Les principes
en sont énoncés dans le Code du Travail (R-4227-36).
L’arrêté du 11 décembre 2009 consacre
plusieurs articles aux règles de sécurité entourant
l’éclairage de sécurité (articles EC5,
EC11, EC 12, EC13, O17, R27, U32, J30, PE36). Celui-ci est en effet
indispensable en cas de coupure du système d’éclairage,
ou en cas d’enfumage des locaux. Les chemins d’évacuation,
les issues de secours et les escaliers extérieurs d’évacuation
doivent être soigneusement balisées par des panneaux
d’avertissement, des panneaux de sauvetage ou de secours et
des panneaux concernant le matériel ou l’équipement
de lutte contre l’incendie. Les sorties de secours sont des
issues aménagées spécialement afin de permettre
l’évacuation en cas d’urgence (ces issues ne
sont pas empruntées pendant l’exploitation normale
de l’entreprise) : la signalisation doit clairement indiquer
comment s’y diriger et marquer sans ambiguïté
leur emplacement.
Les plans d’évacuation doivent être rédigés,
maintenus à jour et affichés. Pour concevoir un plan
d’évacuation, certaines données sont nécessaires
: géométrie des lieux, localisation des issues et
des escaliers, disposition du mobilier, nombre de personnes à
évacuer, présence éventuelle d’individus
à mobilité réduite. Tous les occupants doivent
pouvoir se repérer pour évacuer le plus rapidement
possible : le plan d’évacuation doit indiquer clairement
les cheminements de sortie les plus proches ainsi que le lieu de
rassemblement, les moyens d’alarme et éventuellement
les moyens d’extinction. La conception des itinéraires
d’évacuation (deux minimum) doit prendre en compte
la largeur des issues en fonction du taux d’occupation et
du type d’occupants (handicapés, malades alités
etc.), leur signalisation avec des pictogrammes clairs et bien visibles,
un éclairage de secours, et leur résistance à
l’incendie.
Une consigne de sécurité doit être obligatoirement
établie et affichée dans les établissements
où sont réunis ou occupées habituellement plus
de 50 personnes mais également, quelque soit leur effectif,
dans ceux où sont manipulées et mises en œuvre
des matières inflammables. Elle indique :
- Le matériel d’extinction et de secours qui se
trouve dans le local ou à ses abords,
- Le personnel chargé de mettre en action ce matériel,
- Les personnes chargées de diriger l’évacuation
du personnel et éventuellement du public dans chaque local,
- Les mesures spécifiques liées à la présence
de personnes en situation de handicap,
- Les moyens d’alerte et les personnes qui ont la charge
d’aviser les sapeurs pompiers dès le début
de l’incendie,
- Le devoir, pour toute personne apercevant un début incendie,
de donner l’alarme et de mettre en œuvre les moyens
de premiers secours
Le décret du 21 janvier 2010 relatif à l’information
des travailleurs sur les risques pour leur santé et leur
sécurité revient sur les dispositions concernant la
consigne de sécurité, rappelant que cette dernière
doit permettre « d’assurer l’évacuation
rapide des personnes occupées ou réunies dans les
locaux ».
Formation et exercices : encadrement et mise en situation du personnel
Il est primordial, pour une prévention efficace, de préparer
le personnel aux conditions d’un incendie. Il est aussi crucial
de faire bénéficier à son entreprise des conseils
et de l’expérience de professionnels de la sécurité
incendie. Leur compétence et leur formation ont été
redéfinies récemment.
Les modifications législatives concernant le personnel
incendie
L’arrêté du 11 décembre 2009, portant
approbation de diverses dispositions complétant et modifiant
le règlement de sécurité contre les risques
d’incendie et de panique dans les établissements recevant
du public, apporte des modifications sur la composition et les missions
de service (article MS). Il désigne les personnes compétentes
pour assurer la sécurité incendie, le nombre de personnes
nécessaires, les missions de service de sécurité
incendie ainsi que la composition de la convention. L’article
MS 48 de ce même arrêté précise quelques
points sur la formation et la qualification du personnel du service
de sécurité incendie.
L’arrêté du 5 novembre 2010 exprime la nécessité
pour le personnel de sécurité incendie de détenir
des diplômes (SSIAP1, SSIAP2, SSIAP3). Il donne les détails
des conditions de prise de fonction. Le règlement met en
avant la nécessité de leur habilitation en électricité.
Leur tenue doit être identifiable, et leur recyclage triennal.
L’arrêté revient aussi sur les modalités
de formation, d’organisation de l’examen, mais aussi
de remise à niveau du personnel de sécurité.
L’arrêté du 30 décembre 2010 sur les services
de sécurité incendie et aide aux personnes revient
sur les missions du service, les conditions d’emploi, le rôle
respectif de l’agent de service de sécurité
incendie et du chef de service de sécurité incendie.
Il évoque aussi le maintien des connaissances et obligations,
l’organisation de l’examen et les agréments des
centres de formations.
La formation SST (sauveteur secouriste du travail) évolue
aussi en ce début d’année, et les changements
portent à la fois sur le « vocabulaire », le
moniteur s’appelant désormais le formateur ; le recyclage
devient « formation continue » ; les durées de
formation continue sont de 6 heures au lieu de 4 heures pour les
salariés SST. Enfin, la durée de formation continue
des formateurs est de 2 jours.
La composition d’une équipe de première intervention
Les équipiers de première intervention doivent recevoir
une formation particulière, à la fois théorique
et pratique, sur la prévention et la lutte contre l’incendie.
Il existe effectivement une obligation de formation dans le Code
du Travail. Par contre, aucun organisme de formation n’est
imposé. Cette formation peut être faite en interne
(si les compétences sont disponibles) mais peut également
être faite en externe par un organisme de formation quelconque.
La formation à la sécurité définie à
l'article L. 231-3-1, concourt, dans les établissements
visés à l'article L. 231-1, à la prévention
des risques professionnels ; elle constitue l'un des éléments
du programme annuel de prévention des risques professionnels
défini à l'article R. 231-6.
Le comité d'hygiène, de sécurité et
des conditions de travail coopère à la préparation
des actions de formation menées à ce titre et veille
à leur mise en œuvre effective.
Le comité d'entreprise ou, à son défaut, les
délégués du personnel sont obligatoirement
consultés sur les conditions générales d'organisation,
et notamment les programmes, et sur les modalités d'exécution
des actions de formation. (R 231-32).
La formation à la sécurité a pour objet d’informer
le salarié et de lui préciser les issues et les dégagements
de secours à utiliser, si besoin est, des instructions d’évacuation
pour les cas d’explosion, de dégagement accidentel
de gaz, ou liquide inflammable ou toxique. Cette formation est dispensée
dans le mois qui suit l'affectation du salarié à son
emploi.
L’équipe d’intervention, doit être apte
à réagir lors de chaque alarme et à prendre
les mesures pour gérer l’évacuation de tous
les occupants et contrôler que tous les locaux soient vides.
La formation de cette équipe vise à lui faire connaître
les règles de mise en sécurité des personnes
lors d’une évacuation :
- L’alarme : le personnel doit reconnaître un signal
d’alarme comme un ordre d'évacuation d'urgence,
- Les dégagements, issues de secours et chemins de repli
alternatifs,
- Le balisage et les points de rassemblement,
- L’organisation humaine : guide et serre-file, de manière
à ce que les personnes soit évacuées correctement,
- Le ratissage : vérifier qui est présent ou absent
au point de rassemblement et si les instructions sont suivies,
- L’aide aux personnes handicapées,
- Le repérage des zones de mise en sécurité,
- L’accueil des pompiers, pour qu’ils soient informés
correctement (les moyens d’intervention disponibles, les
produits dangereux, les victimes, les disparus, etc.) et guidés
vers le lieu du sinistre.
Les exercices obligatoires
S’il faut mettre en place une équipe compétente
pour encadrer le personnel lors d’un incendie, il ne faut
pas non plus négliger la sensibilisation et la formation
du personnel afin que celui-ci ait les bons réflexes et un
comportement adéquat en cas d’incendie.
Dans le cadre de la formation du personnel à la lutte contre
le feu et pour vérifier les dispositifs d'alarme, des exercices
d'évacuation sont effectués régulièrement
à l'initiative du chef d’entreprise. Les exercices
d’évacuation permettent au personnel de se familiariser
avec les dispositifs d’alarme, les issues de secours et les
points de ralliement. Il permet de vérifier la clarté
et l’efficacité des consignes de sécurité
et d’en révéler les lacunes (par exemple, déceler
les endroits où des encombrements peuvent se produire en
cas d’évacuation et ceux où il faut prévoir
des itinéraires alternatifs). Ainsi l’article R 232-12
du Code du Travail (décret n°92-333 du 31 mars 1992 ;
décret n°2002-1553 du 24 décembre 2002) insiste
sur le fait que la consigne doit prévoir des essais et visites
périodiques du matériel et des exercices au cours
desquels le personnel apprend à reconnaître les caractéristiques
du signal sonore d’alarme générale, à
se servir des moyens de premiers secours et à exécuter
les diverses manœuvres nécessaires. Ces exercices et
essais périodiques doivent avoir lieu au moins tous les six
mois (article R 4427.39). Leur date et les observations auxquelles
ils peuvent avoir donné lieu sont consignées sur un
registre tenu à la disposition de l’inspecteur du travail.
L’exercice d’évacuation vérifier le bon
fonctionnement des équipements techniques, l’établissement
du plan d’évacuation, la formation adéquate
du personnel assumant des responsabilités et la rédaction/explication/affichage
des consignes.
L’exercice d’évacuation permet de :
- Tester et d’exercer l’organisation mise en place,
- Tester et contrôler les installations techniques,
- Déceler les adaptations à apporter,
- Exercer les occupants.
Il est conseillé de communiquer au personnel la date et
l’heure du tout premier exercice. Des exercices imprévus
seront organisés par la suite. L’employeur doit veiller,
dans tous les cas, à avertir au préalable les personnes
qui présentent un certain risque (cardiaques, femmes enceintes,
etc.) et, éventuellement, les riverains immédiats,
pour qu’ils n’appellent pas inopinément les services
de secours dans le cas d’exercices de grande envergure.
De nombreuses règles doivent donc être mises en œuvres
au sein de l’entreprise et celles-ci se renouvellent, se complètent
régulièrement, ce qui induit de se tenir informé.
Pour veiller au respect de ces consignes, l’entreprise est
soumise à des visites régulières. Là
aussi la législation a changé. L’arrêté
du 1er février stipule en effet que « lorsqu'un établissement
ne comportant pas de locaux d'hébergement fait l'objet d'une
visite périodique conclue par un avis favorable à
la poursuite de son exploitation et que la visite précédente,
effectuée dans les délais réglementaires, avait
conduit à la même conclusion, le délai fixé
pour sa prochaine visite par le tableau ci-dessus peut être
prolongé dans la limite de quatre ans s'il était de
deux ans et dans la limite de cinq ans s'il était de trois
ans. Sur proposition de la commission de sécurité
compétente, cette modification est inscrite au procès-verbal
de la visite. »
SOURCES :
- Protech Formation, article de Jérôme Gondras, Incendie,
la règlementation :
http://www.protechformation.fr/...incendie-la-reglementation&catid=12:reglementation&Itemid=14
- Article Officiel Prevention, L’évacuation des personnes
:
http://www.officiel-prevention.com/incendie/evacuation-des-personnes/...
- Article INRS, Incendie et lieux de travail
http://www.inrs.fr/dossiers/incendie.html
- Net PME, article de Martial Mecquignon , La Prévention
des incendies dans l’entreprise
http://www.netpme.fr/.../758-prevention-incendies-dans-l-entreprise.html
- Textes législatifs disponibles sur legifrance :
Arrêté du 1er février 2010 :
http://www.legifrance.gouv.fr/...
Arrêté du 11 décembre 2009 :
http://www.legifrance.gouv.fr/...
Arrêté du 7 juin 2010 :
http://www.legifrance.gouv.fr/...
Arrêté du 24 mai 2010 :
http://www.legifrance.gouv.fr/...
Arrêté du 30 décembre 2010
http://www.legifrance.gouv.fr/...
Arrêté du 27 août 2010 :
http://www.legifrance.gouv.fr/...
Arrêté du 5 novembre 2010 :
http://www.legifrance.gouv.fr/...
Arrêté du 18 février 2010 :
http://www.legifrance.gouv.fr/...
Loi du 9 mars 2010 n°2010-238 :
http://www.legifrance.gouv.fr/...
Documents mis en ligne en janvier 2011
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