Hygiène au travail L’hygiène au travail, pour faire face à
quels risques ? (3/3)
Faire face aux pollutions des bâtiments
L'Etat a mis en place une série de lois pour que soient
éliminés progressivement (et parfois dans l'urgence)
les composants nocifs présents dans les bâtiments.
Un nouveau décret autorise l'inspection du travail à
arrêter temporairement l'activité d'une entreprise
si une «situation dangereuse» est détectée
en lien avec une exposition à certaines substances chimiques.
Un moyen d'inciter au respect des valeurs limites d'exposition.
Il existe une procédure similaire applicable depuis 1992
sur les chantiers de bâtiments et travaux publics en cas
de risque de chute ou d'ensevelissement et depuis 1996 sur les
chantiers de désamiantage. Depuis le 30 septembre, un décret
et un arrêté (Décret n° 2007-1404 du 28
septembre 2007 relatif à l'arrêt temporaire d'activité)
autorisent un inspecteur du travail à arrêter momentanément
une activité industrielle présentant un risque important
pour la santé des travailleurs.
L’amiante
Sa consommation a atteint son apogée en France dans les
années 70 avec 150 000 tonnes par an, avant son interdiction
complète en 1997. Outre ses effets non cancérogènes
sur la santé (atteintes pleurales, fibroses pulmonaires…),
l'amiante est de loin la première cause de cancers d'origine
professionnelle (cancer du poumon, mésothéliome…).
Du fait d'une longue période entre l'exposition et la possible
survenue d'un cancer (de 20 à 40 ans), ses effets sur la
santé de la population française devraient encore
durer des années.
Depuis le 1er janvier 1997, la fabrication, la transformation,
la mise en vente sur le marché national et la cession à
quelque titre que ce soit, l'importation, l'exportation, la vente
de produits contenant de l'amiante et, notamment, l'amiante-ciment,
sont interdites. Afin de limiter les risques pour les salariés,
l'employeur doit prendre des mesures de prévention spécifiques
et assurer une surveillance médicale spéciale.
Le plomb
Le plomb est un métal utilisé depuis l'Antiquité.
Il est très résistant à la corrosion et a
notamment servi à la fabrication de conduites d'eau et
comme pigment de peintures malgré sa toxicité à
long terme. L'exposition régulière au plomb, rencontrée
surtout dans le bâtiment, l'industrie et l'artisanat, peut
entraîner de nombreux problèmes de santé regroupés
sous le terme de "saturnisme" et pouvant devenir très
graves. Cette exposition est donc soumise à une réglementation
très stricte, qui protège les travailleurs et leurs
familles. La consommation française de plomb s'est élevée
à plus de 255 000 tonnes en 2004, essentiellement pour
la fabrication de batteries (76%).
Le plomb peut pénétrer dans l'organisme par le nez
(poussières, fumées) ou la bouche (mains sales,
aliments souillés) mais, ne passe pas à travers
la peau. Il provoque des maladies graves en s'accumulant dans
l'organisme, en particulier dans les os, où il peut rester
plusieurs dizaines d'années. Il s'élimine très
lentement. Il a des effets sur le système nerveux, le sang
et le système digestif, provoque des hépatites et
des anomalies au niveau de la reproduction.
Son pouvoir cancérogène fait débat : les
études de cas ne sont pas suffisamment nombreuses pour
prouver le lien entre plomb et départ de cancer. Cependant,
le plomb a des effets si divers et complexes au niveau moléculaire
qu'il est difficile de l'exclure à priori de tout soupçon.
Le radon
Elément naturel, le radon est un gaz naturel radioactif
cancérigène produit surtout par certains sols granitiques
ou volcaniques, résultant de la dégradation de l'uranium
et du radium présents dans la croûte terrestre. Il
s'échappe du sol, s'insinue dans le sous-sol ou la cave
des bâtiments avant de contaminer l'air intérieur
par le sol ou l'eau. A l'air libre, sa concentration est faible
: il est dilué par les vents. Mais dans l'atmosphère
plus confinée d'un bâtiment, il peut s'accumuler
et atteindre des concentrations élevées.
La présence de radon dans un bâtiment dépend
de nombreux paramètres liés au sol (concentration
dans le sol, perméabilité et humidité du
sol, présence de fissures ou de fractures dans la roche
sous-jacente), à l'habitat (procédé de construction,
fissuration de la surface en contact avec le sol, système
de ventilation…), à l'air extérieur, aux matériaux
de construction (bétons de schistes alunifères,
roche granitique, …), à l'eau à usage domestique
notamment lorsque celle-ci provient de nappes souterraines situées
en terrain granitique.
Le risque encouru en cas d'exposition varie en fonction de la
quantité de ce gaz dans l'air. Sa présence varie
selon la zone géographique. Ainsi, l'Auvergne et la Corse
du Sud sont les zones les plus touchées. Les risques pour
la santé liés à l'exposition au radon ont
été établis à partir de nombreuses
études faisant apparaître un lien avec le cancer
du poumon. Le risque de cancer du poumon est prouvé chez
les mineurs d'uranium, fortement exposés au radon. En revanche,
il n'est pas clairement établi pour les personnes exposées
au seul radon dans les bâtiments. Les études qui
ont été menées ne permettent pas toutefois
de conclure à l'absence de risque, même si celui-ci
est minime.
Sources :
- INRS :
Dossier : «Prévention des risques liés à
l'exposition professionnelle aux rayonnements ionisants»
www.inrs.fr/dossiers/radioprotection.html
Dossier “Le plomb au travail” : www.inrs.fr/dossiers/plomb.html
- http://www.travaux.com/dossier/amiante-plomb-termites/...
- http://www.ac-clermont.fr/hygiene-securite/Risques_et_ambiances/Radon/radon.htm
- http://kheops.champs.cstb.fr/Radon/
- http://webzine.cstb.fr/webzine/preview.asp?id_une=547
(Auteur : Dominique Thibaud)
- Ministère du travail, des relations sociales, de la famille,
de la solidarité et de la ville.
www.travail-solidarite.gouv.fr/...
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